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Liban

Comment reboiser le Liban en préservant sa biodiversité

Faune et flore

Un guide gratuit et très accessible aux apprentis jardiniers vient d’être publié par Lebanon Reforestation Initiative.

17/11/2018

Ce sont plus de vingt années de recherche et huit années d’expérience sur le terrain qui sont à l’origine du tout nouveau Guide sur les meilleures pratiques de reforestation, récemment lancé par le « Lebanon Reforestation Initiative » (LRI), et au cours d’une conférence à l’AUB. Des années d’expérience acquises par le LRI, financé par l’Agence américaine pour le développement international (USaid) et mis en œuvre par les « US Forest Service International Programs » au sein de l’AUB. Les dix membres de la Coopérative des producteurs d’arbres locaux libanais, financée par le LRI, ont aussi apporté leurs contributions et leurs retours d’expérience sur le terrain.

Le ministère de l’Agriculture a également contribué au projet. « Il était nécessaire d’approcher le sujet d’une manière sérieuse et totalement engagée et de mobiliser les efforts, pas seulement au niveau des institutions publiques », explique Dahej Mokdad, chef du service des ressources naturelles et forestières au ministère. Des expérimentations dans des villages ont permis d’optimiser les résultats des campagnes de reboisement en limitant au maximum les pertes, tout en rendant les semences plus résistantes aux aléas climatiques et aux maladies.

Cette multiplicité des acteurs intéressés par la production de semences a motivé la création de ce guide, explique Maya Nehmé, directrice du projet à la LRI. « Plusieurs ONG et municipalités s’étaient portées volontaires pour créer leur propre pépinière, mais elles ne savaient pas comment s’y prendre, souligne-t-elle. Bien que nous leur ayons porté assistance dans ce domaine, ils exigeaient tous un support écrit, plus facile à utiliser et à diffuser. »


Un document très didactique

Rédigé en anglais et en arabe, ce fascicule est très didactique et fourmille d’illustrations : les étapes de la production de graines tout comme les espèces libanaises d’arbres sont dessinées, ce qui les rend facilement identifiables par les petits et les grands. Le caractère très accessible du texte était revendiqué par Maya Nehmé. « Même dans un petit jardin, ce guide aura une utilité certaine (…) parce que les directives aideront à faire en sorte que le sol se stabilise et à lutter contre l’érosion, dit-elle. Ce guide rendra la plantation moins compliquée, donc à la portée de tous ! »

Comment collecter, stocker, nettoyer, traiter et cultiver les graines obtenues… ? L’apprenti pépiniériste est ainsi pris par la main pour que son projet, aussi petit soit-il, réussisse. L’objectif est simple : ce guide doit permettre à tout un chacun de prendre conscience de la valeur écologique des arbres et arbustes qui composent les paysages libanais afin de préserver la diversité des cultures locales, mais aussi d’améliorer la qualité des sols. Maya Nehmé y voit aussi un moyen de lutter contre un problème qu’elle juge « sérieux ». « Il y a plusieurs projets de reforestation en ce moment au Liban qui utilisent des espèces non natives, explique-t-elle. Cela est très inquiétant car, en introduisant des espèces invasives dans le pays, nous n’avons aucune idée de la manière dont elles vont interagir avec la flore locale. » Connaître la valeur des espèces locales, c’est savoir comment les produire et donc éviter d’en acheter hors du pays et de détruire l’écosystème local, poursuit-elle.


Priorité aux espèces les plus adaptées

Il y a bientôt six ans, la reforestation est devenue une priorité au Liban lorsque, le 13 décembre 2012, le gouvernement a lancé son programme national pour le reboisement, aussi connu sous le nom de Programme des 40 millions d’arbres, qui chapeaute les différentes initiatives de reboisement et en assure la cohésion. Face au changement climatique, l’objectif est d’augmenter la part occupée par les forêts sur le territoire libanais : de 13 % aujourd’hui, le but est de parvenir à 20 %, soit près de 70 000 hectares de terrains publics supplémentaires transformés en forêts. Si aucune date n’a pour autant été avancée, l’élan est réel : le besoin en semences de variétés locales est devenu de plus en plus important. Et le guide recense la quarantaine d’espèces d’arbres et d’arbustes qui sont les plus adaptées au sol et au climat libanais.

Pour tous les apprentis jardiniers, le guide est librement accessible dans les locaux de l’AUB à Beyrouth ainsi qu’auprès du LRI à Hazmieh, et sera bientôt rendu accessible en ligne au cours du mois de décembre.


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DEFORESTER ETAIT JUSQU,AUJOURD,HUI LA BETISE PUBLIQUE ET PRIVEE POUR MAINTES RAISONS. ESPERONS QUE REBOISER EN SERA DORENAVANT L,EMBLEME.

AIGLEPERçANT

Une des solutions serait de demander aux usurpateurs, nos voisins d'arrêter de tirer sur les ONG au sud qui reboisent la région .

Yves Prevost

Tout cela est excellent, et on ne peut qu'applaudir. Cependant, il faudrait non seulement reboiser, mais aussi cesser de déboiser. Combien d'arbres sont arrachés chaque année par le promoteurs immobiliers? Combien d'hectares de forêts sont transformées en un bloc informe de béton?

Sarkis Serge Tateossian

Belle initiative, une prise de conscience nationale est nécessaire pour redonner à notre pays toute sa noblesse d'antan, pour que "lebnan al akhdar" redevient une évidence .

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