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Liban

De l’importance écologique toute particulière de l’arbousier...

Faune et flore
08/09/2018

C’est un des très beaux arbres des forêts du pourtour méditerranéen. L’arbousier, ou fraisier en arbre, est un nom qui désigne deux espèces, Arbutus andrachne et unedo : c’est surtout la première que l’on trouve dans la moyenne montagne libanaise. Cet arbre très ornemental, aux multiples usages médicinaux, est parfois victime de son succès auprès des fleuristes, ainsi que du surpâturage. Or il faut à tout prix conserver ce magnifique spécimen des espèces méditerranéennes, plaide Marc Beyrouthy, ethnobotaniste.

Noms scientifiques

L’arbousier désigne donc deux espèces, Arbutus andrachne et Arbutus unedo, appelé « Atleb » ou « Tiz el-Sehdan » en arabe. Malgré son nom français d’« arbre à fraises » ou « fraisier en arbre », l’unedo n’a rien à voir avec les fraises, le nom est une référence à son propre fruit, l’arbousier, qui leur ressemble. L’andrachne est souvent appelé arbousier de Chypre ou arbousier grec.

Description

Les arbousiers sont des espèces de plantes de la famille des Ericaceae, qui poussent dans tout le pourtour méditerranéen. L’arbousier est un arbre de 5 à 15 mètres de haut. L’Arbutus unedo se paie le luxe d’un beau tronc brun qui vire vers le rouge dans les branches les plus hautes. De son côté, l’Arbutus andrachne a une particularité qui le rend unique : l’écorce se détache du tronc, ce qui donne un mélange de couleurs exquis, brun et vert. Les feuilles sont à bordure dentée, d’une dizaine de centimètres de long, ovales et vert foncé. Les fleurs blanc verdâtre sont en forme de clochettes et pendent en grappes. Elles apparaissent en septembre-octobre. Le fruit de ces arbres est l’arbouse, une baie rouge charnue sphérique, à peau rugueuse, couverte de petites pointes coniques. Le fruit est comestible mais connu pour ne pas être particulièrement goûteux, notamment dans le cas de l’unedo… et c’est la signification même du nom de cette espèce. Malgré son goût loin d’être recherché, ce fruit est très riche en vitamine C et a de multiples usages.

Mode de vie et lieu de prédilection

Au Liban, l’Arbutus andrachne est beaucoup plus commun que l’Arbutus unedo, ce dernier étant surtout repéré dans une zone géographique limitée, notamment à Broummana et Beit Méry. Le premier, qui est très commun en Méditerranée orientale, pousse facilement dans la moyenne montagne libanaise.

Impact positif en milieu naturel

L’arbousier a une importance écologique très grande puisque c’est un des arbres essentiels de la faune méditerranéenne, et joue un rôle particulièrement important dans l’écosystème de la moyenne montagne libanaise. L’arbousier est le parfait compagnon du chêne en de multiples endroits. Sa bonne résistance aux gaz d’échappement en fait un choix idéal pour les villes. Ornemental par excellence, il est abondamment utilisé par les paysagistes en Méditerranée et devrait l’être plus au Liban, selon Marc Beyrouthy. C’est également un arbre mellifère et son fruit est apprécié par certains oiseaux.

Par ailleurs, dans le cas des deux espèces d’arbousiers, toutes les parties de l’arbre ont un usage médicinal significatif : l’écorce brun rouge est diurétique. En décoction, sa racine est utilisée contre l’hypertension et on lui attribue des propriétés anti-inflammatoires, et une efficacité contre les rhumatismes. Les feuilles, l’écorce et le fruit sont réputés astringents et efficaces pour stopper la diarrhée.

Le fruit, lui, peut être consommé cru, être utilisé pour la confection de confitures et de pâtisseries, ou fermenté pour produire une boisson alcoolisée. Il y a un brandy très populaire au Portugal fabriqué à base d’arbouses. Les feuilles sont riches en tanins.

Menaces et dangers

Cet arbre est souvent victime de son succès : très apprécié pour l’ornement des jardins, il est souvent coupé dans la nature. Le surpâturage est également une menace pour les jeunes pousses. L’urbanisation sauvage détruit les habitats de ce bel arbre et le rend plus rare dans la nature.

Moyens de protection

Marc Beyrouthy insiste sur la nécessité de préserver ces belles espèces dans leurs habitats naturels, pour leur beauté tout comme pour leurs multiples usages traditionnels. Un de ces moyens est de créer des réserves, notamment pour l’Arbutus unedo qui est très rare au Liban. Il faudrait également le planter en pépinière afin de pourvoir le public sans influer sur sa présence dans la nature.


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Le Faucon Pèlerin

Dans les années 1950, chasseur, je montais la forêt pentue de Harissa à partir de Sahel-Alma pour atteindre la zone du couvent de N.-D. de Baqlouche en ruines; construit par Cheikh Qabalan el-Khazen au XVIIIè siècle. L'endroit est connu pour être une petite concentration d'arbousiers (atleb en libanais). L'arbouse est très appréciée par les grives, c'était là l'objet de l'escalade. Je n'ai pas vu des arbousiers ailleurs au Liban.
Le couvent de Baqlouche entièrement restauré, est aujourd'hui un hôtel***** pour les "lunes de miel".
En Corse, l'arbouse est la reine du Maquis, on en fait de la confiture, des liqueurs, entre autres.

Marionet

Super intéressant ! J'ai appris plein de choses passionnantes autant sur les caractéristiques de l'arbousier que sur ses vertus, médicinales par exemple.

Stes David

Voila un article tres interessant, je ne connais pas l'arbre mais apparement il est commun aussi en Espagne et Portugal comme au Liban. Le Liban resemble beaucoup la Grece donc c'est normal que l'arbousier de Chypre pousse aussi au Liban. D'apres wikipedia l'ours qui mange le fruit de l'arbousier c'est le symbol de la ville de Madrid.

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