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Liban

Aubrietia, une beauté qui sort de la roche

Faune et flore
28/07/2018

La nature réserve bien des surprises, comme ces plantes rupicoles qui se dégagent des rochers et survivent dans des conditions particulièrement difficiles, là où d’autres organismes vivants ne le pourraient pas. La très belle Aubrietia libanotica en est un exemple éclatant, elle qui exhibe ses magnifiques fleurs violacées durant plusieurs mois de l’année, se dégageant des roches en milieu rustique, défiant les vents et les intempéries. Toutefois, même si elle se suffit d’un milieu inhospitalier, elle n’en est pas moins sujette à plusieurs menaces, comme l’indique Marc Beyrouthy, ethnobotaniste, professeur associé à l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Voici l’histoire peu banale de l’Aubrietia sous nos cieux.

Nom scientifique
Cette belle plante à fleurs a pour nom scientifique Aubrietia libanotica Boiss. et, comme son nom l’indique, elle est caractéristique du Liban mais aussi de la chaîne de l’Anti-Liban dans ses deux versants, et se retrouve aussi dans les monts Amanus en Turquie.

Description et mode de vie
L’Aubrietia libanotica est une belle plante vivace montagnarde du genre des Aubrietia, avec des feuilles simples et des fleurs à pétales roses à violacés. Elle s’étale horizontalement et vit dans les crevasses des rochers, en altitude, ce qui en fait une plante rupicole. Elle est capable de survivre en milieu aride. L’Aubrietia fleurit d’avril en juillet, et plus particulièrement dès le mois de mai. Le reste de l’année, elle est pratiquement invisible pour ceux qui n’arrivent pas à l’identifier.

Lieu de prédilection
D’une manière générale, l’Aubrietia libanotica existe au Liban, ainsi que sur les deux versants de l’Anti-Liban, donc en Syrie aussi, et dans les monts Amanus de Turquie. Sur le territoire libanais, cette plante se trouve dans plusieurs régions montagneuses comme Falougha, Laqlouq, Ehden, Hadeth el-Jebbé, Tannourine, Hasroun, Sannine, Qab Élias, le mont Kneissé…
   
Impact positif en milieu naturel
L’Aubrietia libanotica est une plante à grande valeur ornementale, mais pas médicinale. Elle est extrêmement belle à observer dans la nature, offrant un spectacle inattendu tout droit sorti des roches. Elle a cependant d’autres atouts puisque, comme toutes les plantes rupicoles, elle est extrêmement résistante et adaptée à vivre dans un stress particulier, qui est, dans son cas, celui de résister aux intempéries et notamment aux vents très forts. Elle a l’avantage de former un écosystème vertical et de fixer le peu de sol où elle s’accroche, empêchant l’érosion là où elle pousse. Son autre avantage est qu’elle est endémique au Liban et à très peu d’autres régions du Levant.

Menaces et dangers
On ne peut pas dire que l’Aubrietia libanotica soit une plante rare, elle se trouve en abondance dans des régions comme Tannourine ou Laqlouq. Mais cela ne veut surtout pas dire qu’elle se soustrait à tout genre de menace : aujourd’hui, cette plante disparaît souvent lorsqu’on détruit les roches pour l’agrandissement de routes de montagne, ou en cas de carrière par exemple. Bref, quand on anéantit son habitat, d’autant plus qu’elle est pratiquement invisible durant plusieurs mois de l’année. Et comme ces activités destructrices ou simplement non étudiées se multiplient inexplicablement dans nos montagnes dernièrement, la belle Aubrietia pourrait bien un jour se retrouver sur la liste des espèces menacées.

Moyens de protection
La qualité ornementale exceptionnelle de l’Aubrietia libanotica fait dire à Marc Beyrouthy que sa domestication et son utilisation par les paysagistes peut être un des moyens de protéger cette plante si caractéristique. Selon lui, cette plante devrait faire l’objet d’études plus poussées, sachant que rien n’empêche sa culture puisque d’autres espèces du même genre des Aubrietia sont cultivées à travers le monde, étant particulièrement appréciées dans le domaine. Un autre moyen de protection serait de préserver les habitats de cette plante si caractéristique de notre territoire et du Levant en général.


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