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La Dernière

Valérie Vincent : l’art au service du social

Positive Lebanese
19/09/2018

Kfar Sama… Petite maison du ciel. Il faisait très doux ce soir-là, sous les étoiles. Et le petit vent qui se frayait gentiment un chemin avait envie de raconter une histoire. Celle de Valérie Vincent, une jeune Française, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne qui, par les hasards surprenants de la vie qu’on ne devrait jamais hésiter à suivre, s’est vue investie d’un projet de documentaire au Liban.

Nous sommes au début des années 2000 et le film doit raconter l’histoire d’une rencontre entre un prêtre libanais et un artiste français qui découvre le pays des Cèdres. Les cendres du phénix est avant tout une promenade pleine d’émotions, pleine d’amour aussi. Et quand la réalité rejoint la fiction, la vie a tout à coup d’autres projets pour nous.

Venue réaliser son film, Valérie Vincent est tombée amoureuse. D’un pays et de ses habitants. D’un peuple et de sa culture. Alors elle reste, elle s’installe, elle s’investit. Voulant mettre sa connaissance du théâtre au service de la francophonie au Liban, elle crée une association, Langage et expressions, et une école de théâtre pour les enfants. Dès lors, les projets se succèdent entre pièces et publications, événements et projections. La petite troupe d’enfants comédiens qu’elle dirige va apprivoiser Molière et son Bourgeois gentilhomme. Le succès est au rendez-vous, et pour immortaliser les précieux instants, un livre interactif est publié avec des flash codes pour revoir les plus belles scènes de la pièce. Allant jusqu’au bout de sa mission, allant jusqu’au bout de sa passion, Valérie Vincent succombe à ses coups de cœur et rencontre Valérie Cachard, jeune auteur de grand talent qui vient d’écrire un texte de théâtre, Matriochka. Le projet se met en place et à la pièce succédera également un livre interactif. Suivront plusieurs pièces de théâtre jouées par des comédiens de talent et qui confirmeront, s’il fallait encore le prouver, l’importance de la langue française côté culture dans ce pays si ouvert et si divers.

Mais vivre depuis quinze ans au Liban, c’est également vivre des dérives et des pertes. La déconstruction du tissu urbain de Beyrouth interpelle douloureusement Valérie Vincent. Que reste-t-il de cette ville si chaleureuse où les rues étaient un lieu de rencontres et les voisins des amis ? Les buildings rasent les vieilles maisons et écrasent les échanges. Très sensible à cette transformation d’une ville qu’elle a appris à aimer, elle se lance dans la réalisation d’un film: Le Cèdre et l’acier, véritable cri du cœur face à une triste réalité. Triste aussi de constater que les jeunes talents libanais ne disposent pas au Liban d’un espace pour s’épanouir, que souvent il faut partir pour rayonner, Valérie Vincent se souvient de Kfar Sama, cet endroit merveilleux qui se veut terre d’accueil pour les sans-abri, les cas sociaux, les abandonnés de la vie. Un endroit qu’elle a vu naître, grandir et qui a besoin aujourd’hui d’attentions pour devenir une mission. Il était donc tout naturel pour elle de mettre son art au service de cette cause sociale et cette année, les Jakcs sont nés. Journées de l’art et de la culture à Kfar Sama, l’espace d’un week-end, les 1er et 2 septembre derniers, ce cadre magique composé d’un amphithéâtre, d’une chapelle, de maisons d’accueil en pierre, de jardins, d’une ferme et d’un atelier de poterie a accueilli des ateliers, des concerts, des projections, un marché aux livres et surtout un Concert du ciel lors duquel le baryton Fady Jeanbart, la soprano Lara Jokhdar, le ténor Stéphane Sénéchal et le pianiste Marc Barakat ont enchanté les étoiles. Des événements à la portée de tous et une façon pour Valérie Vincent de mettre ses nombreux talents au service de ce lieu dont la vocation première est de servir les plus démunis. Le 20 septembre à 19h30 au cinéma Metropolis Sofil et dans le prolongement de ces Jacks, une projection spéciale du film Capharnaüm de Nadine Labaki sera donnée au profit de Kfar Sama.

*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative se tient une Libanaise ou un Libanais courageux, innovant, optimiste et plein d'amour pour son pays. (voir ici)


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