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La Dernière

Serge Akl : le cœur battant du Liban à Paris

Positive Lebanese
04/04/2018

On ne le dira jamais assez, et malgré le marasme actuel, le Liban est un pays riche. Riche dans sa diversité aussi bien religieuse, historique, archéologique, culinaire que culturelle. Et ces quinze dernières années, c’est bien cette extraordinaire vitalité de la société civile qui a attiré sur nos terres des milliers de touristes venus découvrir la Lebanese Way of Life. Cette façon bien à nous de célébrer la vie, de transcender la fatalité, de sublimer le quotidien, de faire exploser les frontières de l’artistique et d’inventer mille et une façons de survivre, d’exister et de s’affirmer. Et cela, Serge Akl, le dynamique directeur de l’Office du tourisme libanais à Paris, l’a très bien compris. Depuis sa prise de fonctions en l’an 2000, il redouble de créativité pour exporter une image positive de notre pays malmené et longtemps boudé par les tours opérateurs étrangers.

C’est que ce n’est pas toujours simple de promouvoir le pays du Cèdre et d’aller au-delà des mauvais clichés qui nous ont longtemps collé à la peau. Guerres, insécurité, milices, risques, instabilité, des mots avec lesquels les Libanais ont appris à jongler mais qui sont souvent malheureusement présents dans l’ADN de ce tout petit pays paradoxalement plein de vie. Quand il pousse la porte du fameux 124, rue du Faubourg Saint-Honoré, en ce début des années 2000 où le Liban se reconstruit avec le même acharnement qu’il a mis à se détruire, Serge Akl entre dans une tradition de tourisme qui date des années 60. C’était la grande époque du Liban et, en créant le Conseil national du tourisme, le président Charles Hélou avait bien évalué le potentiel d’un vrai programme visant à faire découvrir au reste du monde cette petite exception de pays qui valait le détour. L’idée était de créer des offices dans les grandes capitales pour organiser des voyages, promouvoir le Liban, présenter la créativité libanaise, bref, établir des ponts amicaux et constructifs. Cette ouverture avait porté ses fruits puisque, jusqu’au début des années 70, le tourisme était l’une des plus importantes sources de revenus du pays. La guerre viendra briser net ce formidable élan et, après la tourmente, il a fallu coûte que coûte rétablir ce pont salvateur pour un Liban en soif de reconnaissance.

Le défi était de taille, et Serge Akl a vite et bien retroussé ses manches. Dès 2001, des voyages de presse sont organisés, et le Liban participe activement au Salon du tourisme à Paris. Mais vendre une simple destination touristique ne suffira pas pour rétablir la confiance des Français qui pourtant n’hésiteront pas à se déplacer pour le sommet de la francophonie. Serge Akl décide alors très vite d’ajouter la dimension culturelle et affective à sa communication en axant dorénavant les voyages de presse sur le potentiel extraordinaire de la société civile. Venir au Liban rencontrer les Libanais. Artistes, chefs, écrivains, cinéastes, acteurs, galeristes, restaurateurs, stylistes, designers, hôteliers, la liste des initiateurs de vitalité et des acteurs positifs est longue. Dès 2005, ce sont des centaines de journalistes des principaux magazines et des chaînes de télévision qui atterrissent sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth et repartent enchantés de toutes ces rencontres. Résultat ? Le Liban devient tendance et, malgré une interruption en 2006, l’activité touristique ne cessera d’augmenter après 2008 avec plus de 50 voyages de presse par an organisés par l’infatigable Serge Akl.

Le directeur de l’Office du tourisme de Paris ne chôme pas et diversifie ses activités dans le cadre de la promotion du Liban. Accueillir les artistes, auteurs, éditeurs libanais dans son espace, les faire rencontrer la diaspora libanaise, organiser en 2007 une grande exposition de photographies sur le Liban à la Cité internationale des arts puis, succès oblige, enchaîner aux off des rencontres d’Arles, devenir partenaire de Paris Ciné en 2007 et de Paris Photo en 2009, puis de Photomed France à partir de 2013, exporter ce festival photo au Liban, participer dès 2005 au Festival de Cannes en donnant aux cinéastes un pavillon libanais pour présenter leur projets, initier à 35 mm de Beyrouth un projet de guide professionnel du cinéma libanais pour présenter le cinéma libanais et le Liban terre de tournage... Serge Akl devient vite un partenaire incontournable de la culture libanaise à Paris. À Paris mais aussi au Liban où il s’associe avec Patrick Baz et Michel Zoghzoghi pour initier le Beirut Center of Photography, une ONG visant à encourager les activités photographiques au Liban.

Aujourd’hui, alors que le Liban traverse des zones grises, il est primordial de mettre en valeur cette stratégie suivie par l’Office du tourisme libanais de Paris, de privilégier son capital humain pour que les voix libanaises montent en puissance, s’exportent, rayonnent. Pour que les étrangers continuent de venir apprécier notre pays et pour que l’identité créative et culturelle libanaise ne se perde pas en chemin.


*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative, se tient un Libanais ou une Libanaise courageux, innovant, optimiste et plein d’amour pour son pays.


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Sarkis Serge Tateossian

Le mousquetaire qui répand l'image positive du Liban.
Mille Bravos et bonne chance

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