Conjoncture

Riad Salamé reste imperturbable sur la situation financière du Liban

Le président Michel Aoun (à g.) et le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Dalati et Nohra

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a une nouvelle fois voulu se montrer rassurant hier concernant la situation financière du pays. Lors d’une réunion avec le chef de l’État, Michel Aoun, à Baabda, dont le contenu a été rapporté dans un communiqué, M. Salamé a assuré que la situation monétaire était « stable », ajoutant que « tous les propos qui affirment le contraire ne se basent pas sur des données chiffrées et fiables ».
Des propos qui se veulent donc rassurants alors que le nouveau gouvernement, qui doit lancer les réformes pour notamment réduire le déficit public – à 5 % du PIB contre une moyenne de 8 % sur les deux dernières années – et enrayer l’endettement du pays – qui a dépassé les 80 milliards de dollars en 2018 –, n’a toujours pas été formé, plus de deux mois après les législatives du 6 mai.
Le gouverneur a également estimé que la croissance du PIB libanais devrait se situer autour de 2 % en 2018 et que les dépôts dans les banques libanaises augmentaient de « 5 % en rythme annuel », un chiffre qu’il a avancé à plusieurs reprises ces dernières semaines.


(Lire aussi : Le Liban de plus en plus poussé à réformer son économie)


Le fonds privé approuvé par l’AMC
Interrogé par le président Aoun sur la situation du secteur immobilier, en crise depuis la suspension ces derniers mois des mécanismes de subventions des prêts au logement en livres libanaises mis en place par la BDL, le gouverneur a simplement rappelé l’existence de dispositifs mis en place par la BDL pour soutenir les promoteurs en faillite et alléger la charge des banques envers lesquelles ils étaient endettés.
« Les banques peuvent par exemple étaler sur vingt ans les provisions qu’elles doivent constituer lorsqu’elles saisissent un bien immobilier mis en hypothèque, ce qui allège la charge du passif », explique à L’Orient-Le Jour le directeur du département de recherche de la Byblos Bank, Nassib Ghobril.


(Lire aussi : La dette libanaise continue de préoccuper Moody’s, qui reste optimiste)


Le président d’honneur du syndicat des agents et consultants immobiliers au Liban (Real), Massaad Farès, a pour sa part révélé que son projet de fonds privé doté d’un milliard de dollars pour liquider une partie des invendus dans l’immobilier de luxe avait reçu en mai le feu vert de l’Autorité des marchés de capitaux (AMC). « Nous sommes actuellement en train de finaliser les modalités d’émission des titres qui seront émis lors du lancement du fonds », a-t-il ajouté, sans communiquer de calendrier précis. Annoncé en décembre dernier, ce fonds d’un milliard de dollars devant être levé en trois temps, doit en principe permettre aux sociétés immobilières de racheter des projets invendus – et presque achevés – faisant l’objet d’un prêt en cours de remboursement. L’objectif est de finaliser les travaux et de les revendre en jouant sur les marges de négociations et en comptant sur une clientèle issue de la diaspora. Le lancement du fonds, prévu à l’origine début 2018, a été décalé.


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UN MESSAGER DU BIEN ET DE L,ESPOIR PARMI LES CRIS DES OISEAUX DE MAUVAIS AUGURE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 26, le 20 juillet 2018

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  • UN MESSAGER DU BIEN ET DE L,ESPOIR PARMI LES CRIS DES OISEAUX DE MAUVAIS AUGURE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 26, le 20 juillet 2018