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Économie

La BDL balaye les rumeurs sur la situation financière du pays

Réformes

Le gouverneur de la Banque centrale est notamment revenu sur le swap réalisé avec le ministère des Finances.

P.H.B. | OLJ
01/06/2018

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, s’est employé à rassurer l’opinion publique concernant la situation financière du pays, sous pression depuis plusieurs mois, lors d’un entretien accordé mercredi à la LBCI, dont la version intégrale a été diffusée hier sur le site internet de la chaîne.
M. Salamé, en poste depuis 1993 et qui a été reconduit pour un nouveau mandat de six ans en mai 2017, a notamment rejeté les « rumeurs » concernant le risque de faillite du pays ou les menaces sur la pérennité de l’arrimage de la livre libanaise au dollar depuis 1997. « Il n’y a aucune crainte à avoir et les réserves (en devises) de la BDL ont atteint 45 milliards de dollars (…). Les rumeurs qui disent que nous allons vers des difficultés majeures ou qu’il va y avoir une correction au niveau monétaire sont fausses », a-t-il martelé.


(Lire aussi : Les législatives ont eu un « effet positif », estime Salamé)

Rapport du FMI
Le gouverneur est également revenu sur le rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en février et dont les critiques tant vis-à-vis du laxisme des autorités libanaises sur le plan fiscal que de l’interventionnisme de la BDL en matière de politique économique ont alimenté les craintes d’une partie des experts et de l’opinion. « Le FMI a recommandé au Liban de (corriger le tir) avant 2023, en précisant qu’il serait alors difficile de redresser la situation financière du pays après cette date (dans les conditions actuelles) », a précisé M. Salamé. L’organisation internationale avait en effet indiqué que la dette publique du pays pourrait atteindre 180 % du PIB à cette échéance, contre plus de 150 % fin 2017, si rien n’était fait.
À ce propos, le gouverneur a rappelé que Liban s’était engagé lors de la Conférence économique pour le développement du Liban par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), à Paris le 6 avril, à réduire son déficit public pour qu’il atteigne 5 % du PIB d’ici à cinq ans – contre une moyenne gravitant autour de 8 % ces deux dernières années. « La mise en œuvre des projets que les participants à la CEDRE prévoient de financer et la réduction du déficit (dans le délai et les proportions donnés) suffiront à redresser la situation financière et économique », a affirmé M. Salamé, visant une croissance « supérieure au niveau actuel » qui gravite autour de 2 %.
Les soutiens du Liban ont en effet promis de débloquer plus de 11 milliards de dollars en prêts et dons pour financer le premier pan d’un programme de réhabilitation des infrastructures du pays. Ces aides ne seront versées que si le Liban lance d’importantes réformes structurelles. En avril, le FMI avait estimé que la combinaison de ces investissements publics et des réformes promises aurait un effet positif sur la croissance. Le gouverneur préconise en outre que le nouveau gouvernement articule les réformes de façon à « augmenter la part du secteur privé dans l’économie ».

Blocage peu probable
M. Salamé estime toutefois que le Liban compromettra ses chances d’atteindre ces objectifs si les députés élus le 6 mai tardent à s’entendre sur la composition du nouveau gouvernement. « Plus vite le gouvernement sera formé, mieux ce sera pour la situation économique et sociale du pays, qui a besoin de réformes et de l’application de la CEDRE », a-t-il martelé. Il a toutefois jugé qu’il était peu probable que le Liban connaisse une période de paralysie politique de longue durée comme ce fut le cas par le passé. Le gouvernement de Tammam Salam, formé en février 2014, avait par exemple été formé au terme de 11 mois de négociations.
Le gouverneur est enfin brièvement revenu sur les récentes opérations portant sur les eurobonds auxquelles la BDL a participé ces deux dernières semaines. Le 18 mai, le ministre des Finances a affirmé avoir finalisé un échange de titres de dette (swap) de dollars avec la Banque centrale, à des conditions avantageuses pour l’État. Ce dernier a émis pour 5,5 milliards d’eurobonds – obligations d’État en devises – échangés par des bons du Trésor en livres pour un montant équivalent en livres à 1 %, la transaction devant permettre au Liban de réduire le service de sa dette de 1,4 milliard de dollars. La BDL a en outre annoncé lundi avoir vendu 3 milliards d’eurobonds à des banques locales, qui les ont échangés contre des certificats de dépôt souscrits à la Banque centrale.
M. Salamé explique que si les banques ont utilisé « l’argent qu’elles avaient volontairement déposé à la BDL » pour acquérir des eurobonds, c’est parce que cela leur permet « de se financer plus facilement sur les marchés internationaux ». Il a également ajouté que les eurobonds libanais constituaient des « garanties acceptables » dans cette perspective (les agences de notation soulignent régulièrement la ponctualité du pays dans le règlement de ses engagements). Il a enfin nié que cette vente d’eurobonds avait permis aux banques libanaises de réaliser un demi-milliard de dollars de profits, reprenant les grandes lignes d’une réponse de la Banque centrale à un article publié cette semaine par le quotidien al-Akhbar.


Lire aussi

La BDL et le ministère des Finances finalisent un swap de 5,5 milliards de dollars

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Elie Mouaikel

Je suis Libanais , parmis ceux qui adorent leur pays pour sa diversité et malgré la corruption dans laquelle qu’il baigne , et , me trouve encore chanceux, ainsi que tous les citoyens Libanais qui adorent le ( MASARIS ) d’avoir un Gouverneur ,un geant de l’économie, d’avoir dirigé le pays parmis les plus corropus , et bien endettéã vers le bon havre .
Et , mes souhaits encore , de nous dotter d’un gouverneur identique , pour le Pays des Cedres.

Reactions de l’Oriet le Jour .

Dr. Elie c. Mouaikel, M. D. FRCP( C )

Citizen L

1- le ministère des finances a fait une opération swap entre des bons de trésor en livres libanaises d'un montant équivalent à 5.5 milliard de dollars détenus par la BDL à un taux de 8% contre des bons de trésor du meme montant à un taux de 1%.C'est une opération neutre car la BDL est une dépendance de l'Etat et en fin d'année il y aura une consolidation des comptes entre la BDL et le Trésor.
2- La BDL a souscrit à des Eurobonds de 5.5 milliards de dolllars émis par le Trésor à des taux d'intérêt moyen de 8.10%. Cela signifie que la BDL a prêté à l'Etat 5.5 millliards de dollars, montant probablement prélevé de ses réserves.
3- L'Etat va utiliser les 5.5 milliards empruntés pour payer des dettes en dollars arrivées à maturité et detenues par les banques Libanaises.
4- Les banques Libanaises vont acheter des eurobonds detenus par la BDL par conversion de certificats de dépôts qu'elles détiennent sur la BDL d'un montant de 3 milliards de dollars.
5- Pour accepter d'acheter les eurobonds de la BDL, cette dernière octroie des prêts aux banques en livres libanaises d'un montant équivalent à 3 millliards de dollars à un taux de 2%.
6- Les banques Ibanaises utilisent cet emprunt pour le prêter à la BDL à un taux de 10%.

Je ne comprends plus rien. Est ce que j'ai raté quelque chose ?


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