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Économie

Un enregistrement sur le Liban et CEDRE fait le buzz, le FMI répond

Réseaux sociaux
S. Ro. | OLJ
04/04/2018

Un enregistrement audio en anglais non sourcé d’une personne présentée comme étant un expert du Fonds monétaire international (FMI) circule depuis lundi sur les réseaux sociaux. Très critique de la classe politique libanaise et de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), prévue le 6 avril à Paris, la personne en question affirme avoir travaillé comme « auditeur pour Paris 2 et Paris 3 », deux conférences de soutien au Liban qui ont eu lieu dans la capitale française en 2002 et en 2007. Avant d’enchaîner : « J’ai beaucoup de mal à m’intéresser (à CEDRE). Je ne crois pas que le Liban devrait demander de l’aide aux autres, mais (qu’il) devrait se poser la question : que pouvons-nous faire pour nous-mêmes ? (...) La communauté internationale traite le Liban comme un alcoolique qui promet qu’il changera demain. » L’auteur de ces propos affirme également avoir travaillé « dans 25 pays africains » et estime que la corruption au Liban est comparable à celle prévalant au Botswana ou au Zimbabwe.




Conseiller spécial de Fouad Makhzoumi
Or, selon plusieurs sources interrogées par L’Orient-Le Jour, la voix sur cet enregistrement est celle de Mohammad Jamal Zeidan, qui serait intervenu en tant que membre du public lors d’une conférence organisée par l’organisation de la société civile « Kulluna Irada » le 23 mars dernier à Beyrouth. L’événement était ouvert à la presse, mais n’a pas été enregistré par les organisateurs, selon ces derniers, même si des propos similaires, attribués à M. Zeidan, ont bien été repris dans des tweets de l’organisation pendant la conférence, ainsi que dans un article de L’Orient-Le Jour publié le lendemain.

Selon sa carte de visite, M. Zeidan est conseiller spécial auprès du président du conseil d’administration de Future Group, Fouad Makhzoumi, candidat à l’un des six sièges sunnites de la circonscription de Beyrouth II aux législatives prévues le 6 mai prochain et l’un des hommes les plus riches du Liban, avec près de 2 milliards de dollars en 2016, selon le magazine Arabian Business. Contacté, M. Zeidan n’a souhaité « ni confirmer ni réfuter » le fait que l’enregistrement est bien de lui.
Nadim Mounla, conseiller économique du Premier ministre et intervenant dans l’un des panels de la conférence du 23 mars, a, lui, confirmé que la voix sur l’enregistrement est bien celle de M. Zeidan. « Deux messages ont circulé sur WhatsApp lundi, l’un en anglais qui présente M. Zeidan comme expert du FMI, et une traduction en arabe selon laquelle cet enregistrement aurait été fait pendant les réunions préparatoires de CEDRE à Paris la semaine dernière. Ces deux informations sont fausses », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du FMI, Alistair Thomson, a indiqué dans un courriel en réponse à L’Orient-Le Jour que M. Zeidan ne représentait pas le FMI. « Nous ne sommes pas au courant d’une quelconque relation (qu’entretiendrait M. Zeidan) avec le FMI (…). Notre opinion est que le Liban peut créer des emplois, améliorer ses perspectives de croissance et sa dette s’il met en œuvre le plan d’investissement des infrastructures en parallèle avec des ajustements fiscaux concluants et des réformes structurelles », a-t-il dit. L’organisation avait publié en début d’année un rapport particulièrement sévère sur la situation financière et économique du Liban, exhortant le pays du Cèdre à ne plus reporter la mise en œuvre des réformes réclamées, notamment par ses créanciers.

CEDRE doit permettre de financer la première partie d’un programme d’investissement de plusieurs milliards de dollars dans les infrastructures préparé par l’État libanais, lequel s’est en contrepartie engagé vis-à-vis de ses soutiens à engager des réformes de fond. L’adoption du budget jeudi dernier, bien que dans la précipitation, en fait partie.



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Honneur et Patrie

Le chef de l'Etat, Michel Aoun, a déclaré aujourd'hui que "la lutte contre la corruption est une responsabilité partagée entre les citoyens et l'Etat". Il a oublié d'ajouter comme au Botswana*.

* Botswana, pays enclavé d'Afrique australe.

Irene Said

Ce n'est pas par hasard que notre pays est comparé au Botswana et au Zimbabwe en ce qui concerne la corruption !

MERCI ! à tous nos "responsables et politiciens" de tous bords et confessions, de ce que vous avez fait du Liban, et continuez de faire.
Tout en allant mendier de l'argent ici et là.

Mais la communauté internationale a compris " que le Liban est comme un alcoolique qui promet qu'il changera demain..."

Comment pouvez-vous supporter qu'on qualifie ainsi le pays que vous êtes censés diriger, Messieurs les Responsables de ce pays ?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

TITRE INADEQUAT !

NAUFAL SORAYA

De toutes façons, quel que soit l'auteur de ce message, il est sans doute temps que la classe politique l'entende et fasse en sorte qu'on ait plus à entendre de tels avertissements...

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