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À La Une - Syrie

Raids sur la Ghouta, les camions d'aides en attente

Seuls deux Pakistanais, un septuagénaire et son épouse installés depuis des années en Syrie, ont été évacués mercredi, selon le Croissant-Rouge syrien.

Des Syriens fuyant leur quartier dans la Ghouta orientale, le 1er mars 2018. Photo AFP / ABDULMONAM EASSA

Les forces syriennes et russes ont maintenu jeudi la pression militaire sur l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, leur trêve unilatérale controversée n'ayant toujours pas eu les conséquences humanitaires escomptées sur le terrain.

Plus de 40 camions chargés d'aides n'ont pas pu pénétrer dans l'enclave --assiégée depuis 2013--, suscitant de nouveaux appels en faveur d'un cessez-le-feu conformément à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU votée samedi et non suivie d'effet.

Le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU pour la Syrie, Jan Egeland, a toutefois dit espérer pouvoir livrer de l'aide à Douma, la plus grande ville de l'enclave rebelle, "d'ici quelques jours".
Il a estimé néanmoins que la pause de cinq heures décrétée lundi par la Russie, alliée du président Bachar el-Assad, n'était "pas suffisante".
Cette "pause" quotidienne de cinq heures a entraîné une baisse d'intensité des bombardements de l'aviation et de l'artillerie du régime qui ont tué plus de 610 civils en 11 jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Comme les deux derniers jours, les bombardements du régime ont repris jeudi à la fin de cette pause à 14H00 (12H00 GMT) selon l'OSDH, alors que des affrontements se poursuivaient entre régime et groupes rebelles.


(Lire aussi : Même dans les sous-sols de la Ghouta, la mort rattrape les civils)


Deux Pakistanais évacués
"Les forces du régime ciblent les villes de Douma, Arbine, Harasta et Hammouriyé", tandis que dans le secteur d'Al-Marj, une ligne de front, les affrontements continuent entre le régime et Jaich al-Islam, l'une des principales factions rebelles, a indiqué l'OSDH.
Quant au couloir humanitaire établi au niveau du secteur d'Al-Wafidine, mis en place à la faveur de cette pause pour permettre l'évacuation des civils ou des blessés et l'entrée des aides, il est resté globalement vide pour la troisième journée consécutive.
Seuls deux Pakistanais, un septuagénaire et son épouse installés depuis des années en Syrie, ont été évacués mercredi, selon le Croissant-Rouge syrien.

Des combats au sol entre forces du régime et Jaich al-Islam ont eu également lieu jeudi à Chifouniya, dans le nord-est de l'enclave largement détruite ces derniers jours.
"Il n'y a pratiquement pas de vie là-bas, la zone est complètement détruite et des civils sont ensevelis sous les décombres", a déclaré à l'AFP Siraj Mahmoud, porte-parole des secouristes des Casques blancs, qui opèrent en zones rebelles.

Les frappes aériennes ont fortement diminué par rapport à la semaine dernière, lorsque la campagne aérienne sur l'enclave rebelle tuait chaque jour une centaine de civils dont de nombreux enfants.
Mais le bilan humain de cette campagne lancée le 18 février a continué d'augmenter même après la "pause humanitaire", plusieurs corps ensevelis sous les décombres et inaccessibles sous le déluge de feu ayant été retirés ces derniers jours, outre des civils tués au quotidien.

Selon l'OSDH, au moins 613 civils dont quelque 150 enfants ont péri depuis cette date, et plus de 3.500 ont été blessés.


(Lire aussi : En Syrie, les Occidentaux n’ont pas de plan B)


Corps ensevelis
A Hazeh, une localité de la Ghouta orientale, une frappe aérienne a touché le 20 février un bâtiment, dont une partie s'est entièrement effondrée sur les sous-sols, où 21 personnes s'étaient réfugiées.
"J'ai laissé ma fille au sous-sol avec son mari et sa famille", a raconté Abou Mohamed, 60 ans. "Je suis revenu le lendemain, j'ai trouvé le bâtiment effondré et jusqu'à présent je n'ai pas trouvé ma fille".
Les secouristes ont réussi à retirer seulement six dépouilles jusque-là.

Selon les Nations unies, les trois quarts des habitations dans l'enclave rebelle ont été endommagées, tandis que des centaines de civils blessés ou malades ont besoin d'être évacués d'urgence.

Les quelque 400.000 habitants de l'enclave subissent au quotidien pénurie de nourriture et de médicaments, en raison du siège asphyxiant imposé par le régime.
Le régime et la Russie imputent l'impasse humanitaire actuelle aux factions rebelles contrôlant l'enclave, accusées d'empêcher les civils de quitter ou de tirer sur le passage.
Ce que les rebelles ont démenti en soulignant, comme certains civils, que les habitants avaient peur de se retrouver aux mains du régime, ou de mourir sous les frappes.

Le régime, soutenu militairement par la Russie depuis 2015, cherche à reprendre coûte que coûte l'enclave rebelle d'où des obus sont tirés sur Damas.

Déclenché le 15 mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.


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