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Moyen Orient et Monde - Syrie

La communauté internationale tragiquement impuissante face à Damas et ses parrains

La trêve votée par le Conseil de sécurité samedi a été violée peu après par les forces du régime et ses alliés dans la Ghouta.

Un garçon de 10 ans touché par un raid aérien qui a tué plusieurs membres de sa famille dans la Ghouta. Amer al-Mohibany/AFP

Le cessez-le-feu en Syrie n’aura duré que quelques heures à peine. Après trois jours de négociations avec Moscou, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi la résolution 2401 demandant une trêve « pour au moins trente jours consécutifs » en Syrie « sans délai » et plus particulièrement dans l’enclave rebelle assiégée de la Ghouta. L’objectif était de permettre l’entrée de l’aide humanitaire et l’évacuation des blessés de la zone qualifiée cette semaine « d’enfer sur terre » par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. La population subit des bombardements incessants depuis une semaine des forces de Bachar el-Assad et leur parrain russe avec l’appui de Téhéran. Ils ont déjà fait plusieurs centaines de morts et de blessés.

Mais le régime et ses alliés ont très vite fait fi de la résolution onusienne et des appels de la communauté internationale pour stopper l’offensive, qui a finalement repris de plus belle ensuite. Si ces raids « ont baissé en intensité », les combats en cours « sont les plus violents depuis le début du mois », selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres.

(Lire aussi : Sept jours de raids meurtriers sur la Ghouta orientale)

Damas et ses parrains s’appuient sur le fait que divers groupes jihadistes sont exclus de ce cessez-le-feu pour justifier la poursuite des pilonnages intensifs dans ce faubourg de la capitale syrienne. Ils exploitent une faille du texte, déjà pointée du doigt par de nombreux observateurs lors du passage de la résolution. Selon le document, aux groupes qui ne sont pas concernés par la trêve s’ajoutent « d’autres individus, groupes, entités, associés avec el-Qaëda et l’État islamique, ainsi que d’autres groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité ». Ce passage ajouté à la demande de la Russie laisse ainsi une marge d’interprétation assez large pour la Syrie et ses alliés qui considèrent les rebelles dans leur ensemble comme « terroristes ». Une condition nécessaire pour que Moscou ne pose pas son veto au texte onusien. Dans la même optique, le parrain de Damas a également obtenu que la mise en place de la trêve soit « sans délai », alors que les sponsors de la résolution, la Suède et le Koweït, voulaient qu’elle soit « immédiate ». 

Pourtant, en dépit de la reprise des bombardements, « nous respecterons la résolution sur le cessez-le-feu et la Syrie aussi », a déclaré hier Hussein Baqeri, le chef d’état-major de l’armée iranienne, rapporte l’agence de presse semi-officielle Tasnim. « Des parties des environs de Damas, qui sont tenues par les terroristes, ne sont pas couvertes par le cessez-le-feu, et le nettoyage continuera là-bas », a-t-il ajouté. Même son de cloche pour l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, qui avait déjà précisé la veille que le texte n’empêchait pas de continuer à cibler « l’État islamique, al-Nosra et d’autres organisations extrémistes », selon la chaîne russe RT financée par Moscou. 

(Lire aussi : Cessez-le-feu en Syrie: quatre jours de "folie onusienne")

« Pression maximale »
Les Nations unies se trouvent donc dans une position bien délicate alors que bien peu d’options restent à leur portée pour tenter de mettre fin à l’offensive sur la Ghouta comparée dans les médias au tristement célèbre massacre de Srebrenica. 

Signe du peu d’espoir que porte le document onusien, « il serait naïf de penser que les questions syriennes internes peuvent être solutionnées par une résolution », avait déjà averti M. Nebenzia lors de la réunion du Conseil de sécurité samedi. La Russie a « soutenu les intentions » du texte, mais « l’accord des belligérants » est nécessaire pour permettre la mise en place de la trêve, avait-il poursuivi. La violation de cet énième cessez-le-feu n’est en outre pas une nouveauté. Aucune des trêves précédemment prévues en Syrie par les résolutions votées par le Conseil de sécurité n’a été respectée. 

Les Occidentaux n’ont d’autres choix que de se tourner vers les parrains de Damas, alors que les moyens juridiques à leur disposition présentent leurs limites. Mais ceux-ci semblent avoir bien du mal à garder la main sur les actions du régime syrien sur le terrain ces derniers temps.

Dans ce contexte, le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, se sont entretenus hier avec leur homologue russe, Vladimir Poutine. Ils « ont appelé la Russie à exercer une pression maximale sur le régime syrien, afin que les bombardements indiscriminés cessent immédiatement et que la résolution de l’ONU soit mise en œuvre sans délai, avec la mise en place d’un mécanisme robuste de surveillance », peut-on lire dans un communiqué de l’Élysée à l’issue de l’entretien. « Tous ceux qui ont une influence sur le terrain doivent contribuer à cette mise en œuvre, en particulier les pays du format d’Astana, la Russie, l’Iran et la Turquie », indique-t-il. Une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, est par ailleurs prévue mardi à Moscou dans le but de discuter d’une solution politique au conflit.



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Le cessez-le-feu en Syrie n’aura duré que quelques heures à peine. Après trois jours de négociations avec Moscou, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi la résolution 2401 demandant une trêve « pour au moins trente jours consécutifs » en Syrie « sans délai » et plus particulièrement dans l’enclave rebelle assiégée de la Ghouta. L’objectif...

commentaires (5)

Il faut que notre héros Bachar continue à tuer ses compatriotes et détruire son pays pour sauvegarder son régime. Surtout que maintenant les Israeliens n'osent plus sortir leurs avions sauf pour aller attaquer le GRAND DUCHE DU LUXEMBOURG et peut être la principauté de Monaco.

Achkar Carlos

11 h 41, le 26 février 2018

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Commentaires (5)

  • Il faut que notre héros Bachar continue à tuer ses compatriotes et détruire son pays pour sauvegarder son régime. Surtout que maintenant les Israeliens n'osent plus sortir leurs avions sauf pour aller attaquer le GRAND DUCHE DU LUXEMBOURG et peut être la principauté de Monaco.

    Achkar Carlos

    11 h 41, le 26 février 2018

  • UNE HONTE ! L,ONU N,EST PLUS QU,UN BAZAR POUR LES MARCHANDS DU TEMPLE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 12, le 26 février 2018

  • Ça fait 3 semaines que l'aviation usurpatrice n'est pas intervenue dans le ciel libano syrien . D'habitude ils interviennent pour défendre leurs mercenaires wahabites à dénomination multiple. Pourquoi ne le font ils plus , d'autant plus que la moitié des systèmes anti AÉRIENS syrien du héros Bashar ont été détruits ? d'après 2 ou 3 experts qui sont intervenus dans ces colonnes .

    FRIK-A-FRAK

    09 h 08, le 26 février 2018

  • Surtout impuissante à faire taire les terroristes wahabites que financent les alliés de la coalition occidentalo wahabites sous influence sioniste , oui .

    FRIK-A-FRAK

    08 h 24, le 26 février 2018

  • Ah, une bonne vieille photo d'enfant victime, ça faisait longtemps !

    Tarte à la crème

    02 h 24, le 26 février 2018

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