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Liban

Démission Hariri : la France n’interviendrait que si elle est officiellement sollicitée

Diplomatie

Les rumeurs sur une intercession de Paris en faveur du Premier ministre invalidées.

09/11/2017

Depuis la démission-surprise du chef du gouvernement, Saad Hariri, les spéculations vont bon train, aussi bien sur les raisons réelles de cette initiative, qui a surpris quasiment tout le monde, que sur la forme, M. Hariri ayant fait son annonce à partir de Riyad et non du Liban, comme il se devait.

Depuis, la valse des rumeurs bat son plein et la confirmation des informations qui circulent à ce propos reste tâche difficile. Parmi les spéculations qui ont circulé depuis les premiers jours de la démission, l'information selon laquelle « la France aurait initié une médiation auprès des autorités saoudiennes, et plus particulièrement du prince héritier Mohammad ben Salmane, pour tenter de faire venir M. Hariri à Paris ». Les rumeurs évoquaient l'ancien président Nicolas Sarkozy (qui a rencontré le prince héritier la dernière semaine d'octobre), qu'aurait dépêché dans ce but le locataire de l'Élysée, Emmanuel Macron.

L'ambassadeur de France à Beyrouth, Bruno Foucher, qui effectue depuis plusieurs jours une tournée auprès des principaux responsables locaux pour échanger avec eux sur cette nouvelle crise à laquelle le Liban est confronté, a observé un mutisme religieux, imité en cela par les hauts fonctionnaires de l'ambassade. Hier, après avoir rencontré l'ancien chef de gouvernement Nagib Mikati, M. Foucher s'est abstenu de répondre aux questions des journalistes, laissant la charge à M. Mikati qui n'en a pas dit plus. « La visite (de M. Foucher) est une visite de concertation », s'est contenté de dire l'ancien chef de gouvernement. Prié de dire si la France compte effectuer une médiation quelconque, il a répondu que cette question devrait être adressée au gouvernement français lui-même. Et d'ajouter : « Je ne suis pas son porte-parole. »

 

(Lire aussi : Gouvernement : quels choix avant la bataille ?)

 

Reproches exclusivement politiques
Interrogés sur l'existence d'une médiation entre Paris et Riyad pour faire revenir M. Hariri en France et débloquer la situation, des sources proches de l'Élysée et du Quai d'Orsay interrogées par L'Orient-Le Jour ont indiqué que « la France considère qu'aussi bien le Liban que l'Arabie saoudite sont des pays amis – deux pays qui sont également amis entre eux. Par conséquent, poursuivent les sources, la France ne peut se permettre, surtout à ce stade, de prendre une quelconque initiative si l'une des deux parties concernées ne formule pas une requête en ce sens ». La France pourrait cependant intervenir et le ferait « de son propre gré si la situation devait s'aggraver et si Paris estime que son rôle de facilitateur peut aider d'une façon comme d'une autre ».

Toujours selon les sources, la France prendrait une initiative si les reproches que fait Riyad à Saad Hariri sont d'ordre « exclusivement politiques, à savoir son laxisme présumé à l'égard du Hezbollah et de l'Iran durant son mandat. Si c'est le cas, Paris intercéderait alors pour tenter de trouver une solution qui puisse sortir le Liban de l'ornière et de la position difficile dans laquelle il se trouverait ». Par contre, la diplomatie française ne peut s'ingérer « si le litige entre le Premier ministre démissionnaire et le royaume saoudien est d'ordre financier, encore moins s'il s'agit d'accusations relatives à des questions de corruption », comme le suggéraient certaines informations non confirmées qui ont circulé à ce propos.

Sitôt après l'annonce de la démission, le porte-parole du Quai d'Orsay avait publié un communiqué dans lequel il affirme que « la France se tient aux côtés du Liban et réaffirme son soutien à l'unité, la souveraineté et la stabilité de ce pays ami. La France prend note de la démission du Premier ministre Hariri et respecte sa décision. Nous appelons l'ensemble des parties libanaises à agir dans un esprit de responsabilité et de compromis. Un an après la remise en route des institutions du pays, il est dans l'intérêt de tous que le Liban n'entre pas dans une nouvelle période d'instabilité », poursuit le communiqué. Et de conclure : « L'union des Libanais est indispensable pour permettre à la communauté internationale d'aider le pays à faire face aux défis nombreux qui sont les siens. Nous restons en contact étroit avec l'ensemble des acteurs politiques libanais. »

 

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Le Faucon Pèlerin

Aujourd'hui 9 novembre 2017, jour du 47ème anniversaire de la mort du général de Gaulle, je m'incline devant le souvenir de celui que l'on nomme "Le plus illustre des Français", l'homme qui savait dire NON tous azimut à tous ce qui porteraient préjudice aux intérêts supérieurs de la France.

Le Faucon Pèlerin

Si le général de Gaulle était encore au pouvoir en France, il n'aurait jamais permis que son ami le Liban soit jeté en pâture dans ce magma de pirates.

Sarkis Serge Tateossian

Une seule leçon a retentir :
Ne jamais accepter les largesses d'un pays où la loi est celle du "prince" !....

Tu finira à devenir son "objet" même si tu t'appelle Hariri...

A méditer !

gaby sioufi

faut il encore que la sequestration de Hariri soit confirmee non ?

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