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Liban

Walid Pharès : La démission de Hariri est « en phase » avec les objectifs des États-Unis

Interview

Trump a lancé une vaste coalition arabe pour contrer l'expansionnisme de l'Iran et du Hezbollah dans la région.

08/11/2017

Walid Pharès, secrétaire général du Groupe parlementaire transatlantique sur le contre-terrorisme (TAG) et ancien conseiller de Donald Trump en politique étrangère durant la campagne présidentielle américaine, analyse pour L'Orient-Le Jour, depuis Washington, la position américaine sur la démission du Premier ministre libanais, Saad Hariri. Il confirme le lancement par le président Trump – qui a apporté hier un soutien marqué au roi Salmane et au prince héritier après les arrestations pour corruption, d'une ampleur sans précédent, menées samedi soir en Arabie saoudite – d'une vaste coalition arabe dirigée par Washington pour contrer l'expansionnisme de l'Iran et du Hezbollah dans la région.

Comment analysez-vous la position américaine à l'égard de la démission de Saad Hariri ?
Suite à la démission du Premier ministre Hariri, les États-Unis sont préoccupés par les développements au Liban, sachant que M. Hariri a eu une réunion fructueuse avec le président Trump à Washington et a été soutenu par l'administration et le Congrès. Washington est aussi sérieusement préoccupé par le contenu de la déclaration de Saad Hariri, en particulier par les menaces de l'Iran et du Hezbollah. Les États-Unis ne sont pas surpris. Donald Trump et le Congrès ont déclaré à plusieurs reprises que l'influence de l'Iran dans la région et au Liban devait être stoppée, et que le Hezbollah devait être désarmé. La démission de Hariri est donc en phase avec la coalition arabe dirigée par les États-Unis qui veut contenir et inverser l'expansionnisme iranien dans la région et au Liban. Ce qu'il faut en faire est une autre affaire.

Le président américain s'est entretenu au téléphone avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, le 4 novembre. Avez-vous plus de détails sur cet entretien que ce qui a été rapporté dans les médias ?
Le président Trump et le roi Salmane se sont en effet entretenus, mais nous n'avons pas d'autres détails que ceux qui ont été publiés. (NDLR, les deux parties ont notamment abordé la menace continue que constitue au Yémen la milice soutenue par l'Iran, ainsi que l'attaque par missiles interceptée par Riyad. Elles ont aussi insisté sur la nécessité de contrer les idéologies extrémistes et prôné la modération et la tolérance). Il est normal que les deux leaders aient des équipes préparant tout appel ou toute rencontre. En dehors des questions bilatérales, on peut prévoir que les deux leaders ont discuté de la région et des défis actuels.

Va-t-on vers un appel à l'apaisement ou, au contraire, y a-t-il une volonté commune pour une confrontation saoudo-iranienne ?
De manière générale, les États-Unis préfèrent calmer la situation et recourir au dialogue. Mais en même temps, ils ne veulent pas permettre à l'Iran et au Hezbollah d'avancer dans la région et de menacer les intérêts américains et ceux de leurs partenaires.

 

(Lire aussi : De poudre et de béton, l'éditorial de Issa GORAIEB)

 



Y a-t-il aujourd'hui une tendance à organiser un camp homogène hostile à l'influence iranienne au Liban et dans la région ? Si oui, qui le mènerait ?
Lorsque le président Trump s'est adressé à 50 dirigeants arabes et musulmans à Riyad, en mai dernier, il a lancé une vaste alliance arabe et musulmane pour riposter contre l'Iran, le Hezbollah et le groupe État islamique. L'alliance est en vigueur et davantage de politiques sont dessinées et appliquées. Dans la région, l'Arabie saoudite semble mener cette alliance avec deux principaux alliés, l'Égypte et les Émirats arabes unis. Sur le plan international, les États-Unis sont le leader naturel de cette vaste coalition qui comprend des pays d'Afrique et d'Asie.

La récente visite de Jared Kushner, gendre du président Trump, en Arabie saoudite est-elle liée à la tourmente actuelle ?
Je n'ai aucune information sur la visite de M. Kushner dans la région autre que les reportages des médias.

Quelle est votre lecture personnelle de la situation ?
En ce qui concerne le Liban, j'avais précisé qu'aucun soutien américain, arabe et international ne pouvait vraiment se développer si les hommes politiques libanais opposés à l'influence de l'Iran ne s'unifiaient pas et ne faisaient pas connaître leurs intentions. Les épisodes de 2005 et de 2008 nous disent que lorsque le peuple se soulève et descend dans les rues, les politiciens, eux, s'arrêtent à un moment donné et prétendent que les États-Unis n'en font pas assez. Tout d'abord, sous l'administration Obama, l'accord sur l'Iran était la politique la plus importante. Mais sous Bush, nous avons vu comment, lorsque les Libanais ont bougé au niveau de la diaspora et dans les rues de Beyrouth, Washington a aussi bougé et fait pression de manière importante. Sous l'égide de l'administration Trump et de ce Congrès, le Liban a l'occasion de montrer au monde ce que son peuple veut vraiment. Les États-Unis et la coalition arabe répondront alors. Les décisions doivent d'abord être prises au Liban, avant Washington et New York.

 

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Pierre Hadjigeorgiou

Tout a fait raison le Woody. Si les politiciens Libanais avaient refusés de se compromettre en formant un gouvernement avec le Hezbollah, le monde se serait mobilisé pour mettre la ou les pressions nécessaires pour soutenir les souverainistes. Ils ont choisis de laisser faire et voila le résultat. La politique du "Nous participons a la danse pour mieux la contrôler et la faire rater" a encore une fois échouer. Il est temps de changer ces pratiques qui ne nous ont conduit qu'a des catastrophes...

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