Liban

Gouvernement : le Liban a bien capté les signaux envoyés par Riyad

Dar el-Fatwa

Hariri reste le pivot des pourparlers devant donner naissance à une nouvelle équipe ministérielle.

07/11/2017

Dar el-Fatwa intensifie les consultations politiques motivées par la nécessité de dégager une position sunnite unifiée par rapport à la démission impromptue du chef du gouvernement, Saad Hariri, et, plus important encore, aux contours de la période qui doit suivre si jamais cette démission est acceptée par le président, avant de passer à la vitesse supérieure qui serait celle de la convocation d'assises sunnites élargies, évoquées dimanche par l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati.

Maintenant que la démission de Saad Hariri a aligné le Liban sur la politique des axes régionaux, une position sunnite unifiée semble plus que jamais fondamentale. La communauté a bien capté, comme l'ensemble des milieux politiques libanais d'ailleurs, les signaux envoyés depuis samedi par Riyad et s'efforce de s'organiser en fonction de la donne émergente. La position de Nagib Mikati qui a affirmé dimanche ne pas être candidat à la succession de Saad Hariri, la justifiant par sa volonté de s'engager dans les prochaines législatives, reflète certes un état d'esprit qui serait celui de la majorité des personnalités pressenties pour diriger éventuellement un nouveau cabinet.

 

(Lire aussi : Le point d’inflexion de Hariri, l'édito de Michel TOUMA)

 

De sources informées, on situe la dynamique engagée autour de Dar el-Fatwa dans le cadre d'efforts déployés pour consolider le rôle de la communauté dans l'étape à venir et circonscrire en même temps les retombées de la démission de Hariri à l'échelle nationale. Il est évident, selon ses sources, que la nomination d'un nouveau président du Conseil ne se fera pas sans consultations préalables avec le chef du courant du Futur.

Quelles que soient ses motivations, sa démission, dans la forme et dans le fond, a fixé le plafond sous lequel les consultations pour la désignation d'un nouveau locataire du Sérail devraient être menées, du moins au sein de la communauté sunnite. Les déclarations saoudiennes consécutives et régulières au sujet du Liban sont là pour le rappeler. De ce fait, même s'il n'est pas candidat à sa propre succession, Saad Hariri restera le pivot des pourparlers qui devraient mener à la nomination d'un nouveau chef de gouvernement.

Et pour cause : les signaux qui continuent d'être envoyés du royaume wahhabite, notamment la photo postée sur le compte Twitter de Saad Hariri, le montrant aux côtés du nouvel ambassadeur de l'Arabie à Beyrouth, Walid ben Mohammad el-Yaacoub, puis l'audience que le roi Salmane ben Abdel Aziz lui a accordée hier, montrent que le Premier ministre démissionnaire reste l'homme d'une Arabie saoudite déterminée à imposer ses desiderata au Liban.

 

(Lire aussi : Une nouvelle politique saoudienne au Liban)

 

La marge de manœuvre de Baabda
Quelle sera dans ce contexte la marge de manœuvre de Baabda et des différentes forces politiques au niveau de la formation d'un nouveau cabinet, ou encore du maintien de l'équipe ministérielle actuelle, comme le souhaite le président Michel Aoun ? L'image reste toujours trop floue pour qu'un élément de réponse relativement solide puisse y être apporté.

Hier, à Dar el-Fatwa, le mufti de la République, Abdellatif Deriane, s'est entretenu avec la députée Bahia Hariri, ainsi qu'avec le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui a souligné, en réponse à une question de la presse, que « l'entretien Salmane-Hariri a balayé de nombreuses rumeurs ». 

Soulignant qu'il est « impossible de dire quoi que ce soit avant le retour de Saad Hariri », M. Machnouk a dit « avoir le sentiment » que le Premier ministre démissionnaire sera de retour à Beyrouth « dans les prochains jours ». Concernant la tentative d'attentat déjouée contre ce dernier, il a assuré que les services libanais de sécurité ne détenaient pas d'informations à ce sujet. « Il semble que c'est un service (de sécurité) étranger fiable qui a donné l'alerte », a-t-il dit.

Parmi les visiteurs de Dar el-Fatwa, le chef du Parti du dialogue national, Fouad Makhzoumi, qui a mis en garde contre les retombées des « développements régionaux apparents et cachés qui risquent de plonger le Liban dans l'inconnu si la stabilité du pays n'est pas maintenue ». Selon lui, « le facteur temps est très important actuellement ».

Parallèlement, Nagib Mikati recevait en son bureau l'ancien ministre de l'Éducation, le prosyrien Abdel Rahim Mrad, pour un entretien axé, selon les explications de ce dernier à la presse, « sur les résultats des concertations avec Dar el-Fatwa, ainsi que sur la situation au sein de la communauté sunnite ». Abdel Rahim Mrad a mis en relief l'importance d'une « coordination intersunnite » et s'est prononcé lui aussi pour des assises élargies sous la houlette de Dar el-Fatwa.

 

 

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Pierre Hadjigeorgiou

La seule solution est la remise des armes du Hezbollah a l’armée et le retour a la légalité et a la constitution. N'importe quoi d'autre c'est équivalent a un retour a la case départ, soit avant de nouveaux compromis retardant la phase finale qui est ultimement et malheureusement la guerre...

gaby sioufi

tout mais pas retourner au statuquo ante !

gaby sioufi

une chose est sure :
au flou general evident succedera esperons le qq chose ,
n'importe quoi mais pas le vide ou, a Dieu ne plaise le retour a la case depart :
le meme style du pouvoir anterieur a la demission :
compromis, compromis,et encore des compromis

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