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Liban

Il sera « difficile » de nommer le prochain Premier ministre, estiment les milieux sunnites

Démission Hariri

Depuis Dar el-Fatwa, Nagib Mikati préconise la mise en place d'un gouvernement neutre.

Yara ABI AKL | OLJ
06/11/2017

Tout comme l'ensemble du Liban, les leaders sunnites restent sous le choc après la démission surprise, samedi, du Premier ministre Saad Hariri, mais considèrent urgent de commencer à songer à l'après-Hariri, comme en témoigne la dynamique qui s'est créée hier autour de Dar el-Fatwa, où le chargé d'affaires saoudien, Walid Boukhari, et l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, ont été reçus tour à tour.

Dans les milieux sunnites, nombreux sont ceux qui estiment qu'il sera difficile de trouver un successeur à Saad Hariri dans les circonstances actuelles, d'autant que le nouveau Premier ministre est appelé à gérer l'organisation des élections législatives prévues en principe en mai 2018 et que la démission de Hariri est intervenue alors que la querelle irano-saoudienne ne fait que s'amplifier.



(Lire aussi : Démission de Hariri : quelles conséquences sur l'économie)

C'est peut-être ce paysage complexe qui expliquerait l'initiative lancée hier par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, depuis Dar el-Fatwa.
À l'issue d'un entretien avec le mufti de la République, Abdellatif Deriane, qui a plaidé en faveur de « la pondération et du dialogue », et après son entretien avec Walid Boukhari, M. Mikati a annoncé à la presse avoir présenté à son hôte une « initiative pour résoudre la crise actuelle et préserver en même temps l'unité de la communauté sunnite ». Selon ses explications, il appartient au mufti d'en annoncer les détails en temps voulu, mais, d'après ses proches, Nagib Mikati propose la formation d'un cabinet neutre qui serait formé de personnalités non candidates au scrutin de 2018. M. Mikati a ainsi exclu être lui-même candidat à la succession de Hariri, affirmant vouloir s'engager dans la bataille électorale à Tripoli.
S'il a choisi d'annoncer son initiative à partir de Dar el-Fatwa, avec toute sa dimension symbolique, politique et religieuse, c'est dans un souci de montrer qu'il s'agit d'une question « éminemment sunnite et de barrer la voie à des surenchères dans ce cadre ».

(Lire aussi : Démission de Hariri : ce qu'en dit la presse locale et régionale)

 

Non à la « provocation »

Dans les milieux sunnites, on assure qu'il n'est pas question de permettre à une personnalité « provocatrice » de diriger la deuxième équipe ministérielle du sexennat Aoun. On laisse ainsi entendre qu'un Premier ministre proche du Hezbollah se heurtera à un veto au sein de sa propre communauté. Cet avis est notamment soutenu par l'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi, farouche opposé à l'Iran et au Hezbollah. Un proche de M. Rifi souligne ainsi à L'Orient-Le Jour que « la première année du mandat Aoun a montré que la cohabitation avec le parti chiite, son arsenal et son agenda iranien est impossible ». « Il n'est pas question de permettre à une personne proche du Hezbollah de former le cabinet qui sera pour nous celui des chemises noires », poursuit-il, en allusion au cabinet Mikati de 2011, formé sous la pression des manifestations du Hezbollah, dont les participants étaient vêtus de chemises noires.

Si la démission de Saad Hariri a torpillé le compromis politique de 2016, auquel Achraf Rifi était hostile, d'aucuns s'attendent aujourd'hui à une normalisation des rapports entre MM. Hariri et Rifi. Les proches de ce dernier se veulent cependant prudents. Pour eux, la priorité reste à « la rectification du tir dans le sens des constantes souverainistes ».

Du côté de la Maison du Centre, le bloc parlementaire du Futur, qui a tenu une réunion extraordinaire hier soir, a réitéré son soutien indéfectible à Saad Hariri. Interrogé par L'OLJ, Fouad Siniora, chef du bloc, a imputé la démission de M. Hariri à « la rupture de l'équilibre politique (en faveur du 8 Mars) et l'engagement militaire du Hezbollah dans la région ». « Il sera difficile de nommer le prochain Premier ministre, parce que le parti chiite exerce son hégémonie sur le pays », confie-t-il, appelant au respect de la Constitution et des résolutions internationales.


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IL SERAIT IMPOSSIBLE SI LA FORME DU GOUVERNEMENT NE CHANGE PAS !

Antoine Sabbagha

Après ces remous politiques , le scrutin de 2018 semble difficile et former un cabinet neutre plus difficile .

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