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Économie

Démission de Saad Hariri : pas de panique sur les marchés

Finance

Plusieurs hauts responsables, ainsi que des représentants du secteur bancaire ont voulu se montrer rassurants, deux jours après l'annonce du Premier ministre.

07/11/2017

La réaction des marchés suite à l'annonce samedi de la démission du Premier ministre Saad Hariri a été « proportionnée », compte tenu de la « gravité » de la situation et de son caractère « inattendu ». C'est peu ou prou dans ces termes que plusieurs sources bancaires anonymes contactées par L'Orient-Le Jour ont qualifié la situation des marchés financiers hier, deux jours après le discours inattendu de M. Hariri depuis Riyad, retransmis par la chaîne d'informations saoudienne al-Arabiya.

« On peut presque dire qu'on a eu de la chance que cette annonce ait eu lieu un samedi, quand les banques étaient fermées », a indiqué l'une d'entre elles, avant d'expliquer que cela avait laissé du temps aux pouvoirs publics, à la Banque du Liban (BDL), ainsi qu'aux banquiers de rassurer les marchés.

 

Baisses relativement contenues
De fait, si les marchés financiers ont réagi lundi aux développements politiques du week-end, les baisses constatées étaient relativement contenues, a indiqué hier Le Commerce du Levant sur son site internet, soulignant que les prix des eurobonds libanais avaient perdu entre 2 et 5 points selon les maturités. À la mi-journée, l'eurobond arrivant à échéance en 2022, par exemple, s'échangeait à 96,95 cents, son plus bas niveau depuis le début de l'année, selon les données de Thomson Reuters. « Cette baisse s'inscrit dans une tendance globalement baissière sur les marchés émergents et régionaux », a toutefois nuancé le responsable des marchés des capitaux de FFA Private Bank, Fayçal Barbir, auprès du magazine économique. « Il y a effectivement eu des ventes et des ajustements de portefeuille, mais dans des volumes relativement limités. Il n'y a pas eu de mouvement de panique », a-t-il ajouté.

 

(Lire aussi : Démission de Hariri : quelles conséquences sur l'économie)

 

En parallèle, les prix des contrats qui permettent de se couvrir contre le risque de défaut de l'État libanais, les Credit Default Swap (CDS), ont augmenté. « Les CDS qui étaient à 475 points de base vendredi ont franchi la barre des 500 points, avec des hausses situées entre 30 et 40 points. Mais, là encore, on ne peut pas parler de panique », a poursuivi M. Barbir. Pour l'ensemble des banquiers contactés, la réaction des marchés a même été clémente.

« Cette réaction est normale. Les investisseurs n'aiment pas les surprises (...). Or cette démission n'était pas prévue et on ne sait pas quand et comment cette situation va être résolue », précise l'un d'entre eux. À la Bourse de Beyrouth (BSE), les actions de la société de reconstruction et de développement du centre-ville, établie par Rafic Hariri, père du Premier ministre démissionnaire, ont perdu plus de 7 % à la clôture de la séance d'hier. En revanche, les actions bancaires ont relativement bien résisté. L'action GDR de Bank Audi a reculé de 3,14 % contre une baisse de 2 % pour l'action ordinaire par rapport à vendredi. L'action GDR de BLOM Bank a, elle, reculé dans le même temps de 1,42 %, tandis que l'action ordinaire de la banque a perdu 1,71 %, entre autres. D'autre part, la capitalisation de la BSE a baissé de 2,05 %, le volume et la valeur des transactions n'étant pas particulièrement importants.

Sur le plan monétaire, enfin, la situation semble également sous contrôle, à en croire les déclarations rassurantes faites par plusieurs hauts responsables et représentants du secteur bancaire à l'issue d'une réunion hier à Baabda avec le président de la République Michel Aoun. Cette réunion a notamment rassemblé le ministre des Finances Ali Hassan Khalil, le gouverneur de la BDL Riad Salamé, le président de la commission parlementaire des Finances, le député Ibrahim Kanaan, et le président de l'Association des banques Joseph Torbey. Ce dernier a notamment assuré, hier, qu'il n'y avait pas de ruée des déposants vers les banques pour convertir leurs dépôts en dollars, une affirmation reprise par plusieurs banquiers anonymes. « Il y a eu une demande de dollars, mais elle n'a pas atteint un niveau dramatique », a relevé l'un d'eux. D'autres ont néanmoins confirmé que les banques avaient convenu de refuser les conversions sur les dépôts à terme.

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TYAN Georges

Le discours modéré de M. Nasrallah, en plus de l'intervention salvatrice de M. Riad Salamé, ont contribué au maintien du calme sur le marché.

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