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Liban

Démission de Hariri : « Un signal d’alarme », selon Netanyahu

Réactions israéliennes

Le départ du Premier ministre est le résultat d'un ultimatum, croit savoir le « Haaretz ».

06/11/2017

Dès l'annonce de la démission du chef du gouvernement Saad Hariri, samedi dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé la mainmise de l'Iran sur la région. « Lorsque les Israéliens et les Arabes sont d'accord sur une chose, il faut que le monde soit attentif, a dit le responsable israélien lors d'une visite à Londres. La démission de Hariri doit servir de signal d'alarme. Nous devons arrêter l'Iran. » M. Netanyahu a aussi affirmé que son pays ne permettra pas à Téhéran de « coloniser » la Syrie (NDLR : par le truchement du Hezbollah) et s'est abstenu de répondre à la question d'un journaliste lui demandant si son pays s'apprêtait à lancer une nouvelle guerre.

Le départ de Saad Hariri a également fait la une de la presse israélienne, hier. Qualifiée de « soudaine » par le quotidien de gauche Haaretz, d'« énorme surprise » par le magazine en ligne The Times of Israël, voire de « choquante » par le Jerusalem Post, la décision du Premier ministre libanais a donné lieu à diverses lectures.

« Le départ du Premier ministre Hariri est une menace à la mainmise iranienne sur le Liban », titrait le Haaretz dans une analyse de l'éditorialiste Zvi Bar'el. « La démission de Saad Hariri indique que les Saoudiens lui ont lancé un ultimatum. Non seulement il doit cesser d'accepter le compromis avec le Hezbollah, mais il doit démissionner afin de pousser dans l'impasse le Hezbollah et l'Iran. » L'éditorialiste, qui relève des reproches saoudiens contre la « souplesse » de Hariri envers le Hezbollah, s'est aussi demandé si « la peur d'être assassiné est vraiment derrière » la décision de Hariri. « Le Hezbollah et l'Iran comprennent parfaitement la menace que représente cette démission », a conclu le Haaretz. Preuve en est « la réponse de l'Iran, qui évoque un complot fomenté par l'Arabie saoudite et les États-Unis, révèle la peur de l'Iran et du Hezbollah de perdre le contrôle du Liban ». Au sein du même journal, le journaliste Amos Harel notait que, selon Israël, le départ de Hariri « augmente l'instabilité sur le front nord du pays et intensifie le danger que le Hezbollah ait recours à des actes téméraires, s'il est impliqué dans une crise politique au Liban ».

« Avec la démission de Hariri, Israël a désormais une marge de manœuvre plus importante en cas de guerre », soulignait de son côté Anna Ahronheim dans le Jerusalem Post. La correspondante ajoutait que l'État hébreu mènera alors « une campagne sans compromis contre l'Iran et le Liban, et pas seulement contre le Hezbollah ».

« Hariri a pris les mots de notre bouche », a affirmé pour sa part Yossi Yehoshua dans un article d'opinion publié dans le Yediot Aharonot, estimant que les propos du Premier ministre démissionnaire contre l'Iran et le Hezbollah « auraient pu être écrits par Israël ». « Je ne vois pas de guerre à l'horizon pour l'instant, a-t-il dit. Ce n'est dans l'intérêt d'aucun des acteurs du jeu régional. »

« Maintenant que le Hezbollah est privé de sa couverture politique, Israël est susceptible de bénéficier d'une légitimité internationale plus importante pour mener une campagne sans compromis dans un conflit futur, contre le groupe terroriste le plus fort au Moyen-Orient », a commenté pour sa part le Times of Israël.

 

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