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Liban

Grille des salaires : le gouvernement peine à trouver une porte de sortie

crise

Une nouvelle séance du Conseil des ministres est prévue demain à Baabda.

Yara ABI AKL | OLJ
27/09/2017

C'est un nouveau délai de 48 heures que le gouvernement s'est accordé pour trouver la meilleure formule afin de lever les obstacles du financement de la grille des salaires, après la décision du Conseil constitutionnel, vendredi dernier, d'invalider la loi 45 portant sur les mesures fiscales destinées à financer la nouvelle échelle.

Si d'aucuns estiment que le problème du financement est strictement technique, il reste qu'il reflète un désaccord profond, essentiellement entre les ministres aounistes et leurs collègues berrystes, et qu'il a éclaté lors de la séance gouvernementale d'hier tenue au Sérail sous la présidence du Premier ministre, Saad Hariri.

Des sources ministérielles indiquent dans ce cadre à L'Orient-Le Jour que le principe du paiement de la nouvelle grille des salaires est désormais acquis et fait l'unanimité des composantes gouvernementales. Mais les ministres proches du président de la République, Michel Aoun, exercent un forcing pour inclure les nouvelles mesures fiscales au budget de l'État – conformément à la décision du CC –, alors que leurs collègues proches du président de la Chambre estiment qu'il est possible d'élaborer un projet de loi qui regrouperait toutes les nouvelles taxes et de le voter au Parlement, en dehors de la loi de finances.

Toutefois, selon un ministre interrogé par L'OLJ, le pouvoir politique « pourrait se retrouver au pied du mur, d'où l'ajournement de la décision gouvernementale ». « Si le cabinet envoie un projet de loi à la Chambre, le chef de l'État risque de ne pas le signer, afin de pousser les parlementaires à élaborer le nouveau budget, et si les taxes étaient approuvées dans le cadre d'une loi, le bloc aouniste pourrait demander de les inclure dans la nouvelle loi de finances », souligne ce ministre qui a requis l'anonymat.

Et d'ajouter : « Cela risque de raviver la polémique autour de la loi de règlement indispensable pour faire passer le budget, au vu de la pression exercée par certains protagonistes pour que soient étudiées et examinées les lois de règlement des douze dernières années, à l'heure où le ministre de la Justice, Salim Jreissati, prône un amendement de l'article 87 de la Constitution qui évoque la loi de règlement. » M. Jreissati propose, en effet, à titre extraordinaire, de surseoir à l'approbation du bilan comptable pendant six mois et voter entre-temps le budget 2017.

 

(Lire aussi : Grille des salaires : le bras de fer se confirme et fait redouter une crise de pouvoir)

 

 

« Personne n'est revenu sur ses engagements »
Les obstacles n'ont laissé au gouvernement que le choix de reporter une fois de plus les débats à une nouvelle séance, demain à Baabda, sous la présidence de Michel Aoun. Et si le ministre de l'Information, Melhem Riachi, s'est voulu optimiste, dans les milieux ministériels, on reste sceptique, dans la mesure où l'on estime que la troisième réunion gouvernementale consacrée à la question épineuse de la grille des salaires sera à nouveau infructueuse. Une solution ne pourrait venir que d'une rencontre entre Michel Aoun, Nabih Berry et Saad Hariri, qui devraient d'abord régler leurs différends politiques pour paver la voie à une solution à la crise socio-économique actuelle.

Un dernier point reste à soulever : parallèlement à l'atermoiement du gouvernement, la grogne sociale quant à une éventuelle suspension de la nouvelle échelle ne fait que s'amplifier. Mais une source ministérielle rappelle que les formations politiques ne sont pas revenues sur leurs engagements quant à la grille. Il est actuellement question de trouver les moyens de financement convenables. « Il faut donner du temps au temps, pour ne pas transformer le Liban en une nouvelle Grèce... »

 

 

 

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