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Liban

« Trancher la semaine prochaine », pour des législatives... avant 2018 ?

Loi électorale
20/05/2017

« Les législatives auront lieu avant la fin de l'année, et les chefs de l'État et du gouvernement publieront le décret d'ouverture de la session parlementaire extraordinaire en temps voulu. » Tel est le message fort et marqué d'optimisme que le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a tenu à adresser hier aux diverses formations politiques.

Outre le fait qu'ils coïncident avec une déclaration du président de la République, Michel Aoun, dans laquelle il assure que les élections auront lieu et qu'il y a encore du temps pour s'entendre sur une nouvelle loi, les propos de M. Machnouk revêtent une importance certaine, dans la mesure où ils interviennent un mois avant l'expiration du mandat de la Chambre (le 19 juin prochain) et à l'heure où le dossier de la nouvelle législation tant attendue semble stagner.

Face à ce paysage complexe, les Forces libanaises – confiantes dans le fait qu'un texte axé sur la proportionnelle finira par voir le jour – semblent déterminées à exercer un forcing pour trancher la question une bonne fois pour toutes à partir de la semaine prochaine. « Nous avons donné à tout le monde suffisamment de temps pour conclure une entente autour de la loi électorale. Il est temps de trancher cette question. Si l'échec sur ce plan persiste, il faudrait passer au vote des projets de loi en Conseil des ministres ou à la Chambre des députés », déclare un cadre FL à L'Orient-Le Jour. Il va même plus loin : « Il est intolérable d'attendre la toute dernière minute pour régler un problème aussi épineux que la loi électorale. À la faveur de cette logique, à partir de la semaine prochaine, nous exigerons des réponses claires à nos propositions. » Il s'agit, bien entendu, du vote préférentiel appliqué au niveau du caza, du nombre des circonscriptions et de leur découpage.

Dans les mêmes milieux, on estime que tout atermoiement sur ce plan mènerait le pays vers la prorogation de la législature, le vide législatif ou encore vers un retour au texte de 1960, ce que les FL refusent catégoriquement.

 

(Lire aussi : Le temps ne joue peut-être pas en faveur du Liban.... Le décryptage de Scarlett Haddad)

 

Pessimisme et pragmatisme
De son côté, une source politique proche du dossier semble plus pragmatique. Interrogée par L'OLJ, elle ne cache pas son pessimisme quant à un prochain accord autour de la législation électorale. Il n'y a rien de nouveau dans ce domaine, même pas un frémissement, indique la source, assurant que les obstacles entravant encore la mise en place de la mouture électorale ne sont toujours pas aplanis.

C'est à la faveur de ce même pragmatisme que l'on commente les propos de Nouhad Machnouk dans les mêmes milieux. En déclarant la possibilité de l'ouverture d'une session parlementaire extraordinaire, les proches du mandat semblent vouloir se délester de la responsabilité d'un (éventuel) vide législatif, note-t-on, avant de faire valoir que M. Machnouk n'a pas voulu donner une date bien précise pour la tenue du scrutin, pour ne pas donner l'impression de trancher la question de la nature de la loi.
Ce tableau semble ne laisser aux formations politiques que le choix de plaider en faveur d'un nouveau code électoral et de mettre en garde contre le vide législatif et le retour à la loi de 1960.

Ainsi, le ministre d'État pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi (courant du Futur), a assuré hier que sa formation refuse le vide constitutionnel. Dans une déclaration à la Voix du Liban 100.3 et 100.5, M. Merhebi a affirmé qu'« entre la prorogation, le vide et la loi de 1960, il est préférable d'opter pour le dernier choix et élire un Parlement pour un court délai qui expirerait au moment de l'entente autour d'une nouvelle loi. Des législatives se tiendraient alors conformément à celle-ci ».
Quant au Parti national libéral (PNL) du député Dory Chamoun, il a réitéré hier son appui à une formule électorale axée sur la proportionnelle qui « oblige les partis à présenter leurs candidats conformément à des programmes permettant la reddition des comptes », comme on peut lire dans un communiqué publié par le parti à l'issue de sa réunion hebdomadaire. « Il faut se conformer à la Constitution qui stipule la parité (islamo-chrétienne) et la participation de toutes les composantes », a encore dit le PNL, ajoutant que « cela signifie le respect des droits de tous, d'où la nécessité de trouver une loi à même de calmer toutes les appréhensions ».

Pour le parti dirigé par M. Chamoun, « il est désormais nécessaire de mener davantage d'efforts pour rapprocher les points de vue concernant la loi électorale, en vue de trancher la question, sinon le pays sera placé devant deux mauvais choix : une troisième prorogation de la législature ou la tenue du scrutin conformément au texte de 1960, pour éviter le vide ».

 

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Bouez Chahine

Jadis, on nous conseillait de compter les moutons pour s'endormir. De nos jours, on nous conseille de compter les déclarations lénifiantes de nos édiles, du premier au dernier échelon de l'Etat. Chacun y va avec sa potion électorale sur l'imminence de la date des élections législatives...Elles ne sont toutes que des somnifères soporifiques qui convergent toutes vers la Constituante imposée par ceux qui gouvernent de facto notre pays.
Allez les toupies, continuez à tourner sur vous-mêmes jusqu'à l'épuisement !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POURQUOI PAS AVANT 2030 ? CHAQUE PANURGE CONTROLE SON TROUPEAU... DONC PAS BESOIN DE SE PRECIPITER... LES MEMES PANURGES OU LEURS DESCENDANTS ET LES MEMES MOUTONS ET LEURS DESCENDANTS...

Irene Said

Mais pourquoi donc "...trancher la semaine prochaine...pour des législatives avant 2018..." ?

Tant qu'à faire "tranchez" dans 10 ans, avec l'espoir que d'ici-là une partie de ceux qui sont incapables de "trancher" auront disparu naturellement du paysage politique et que d'autres, des nouveaux et surtout capables apparaîtront...inchallah !

De toute façon, notre pays n'existe plus en tant que nation respectable, alors à quoi bon se dépêcher et se fatiguer les méninges inutilement ?
Irène Saïd

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