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Attentat jihadiste à trois jours de la présidentielle, un policier tué sur les Champs-Elysées

France

Hollande promet d'être d'une "vigilance absolue" pour sécuriser la présidentielle.

OLJ/AFP
21/04/2017

Jusqu'au bout, la campagne pour la présidentielle française aura été hors norme. Trois jours avant un scrutin qui s'annonce comme un imprévisible « match à quatre », une attaque revendiquée par l'organisation État islamique a été perpétrée, hier soir, en plein cœur de Paris, alors que se déroulait le dernier débat télévisé des onze candidats.

 

Un policier a été tué lors d'une fusillade en plein coeur de Paris, sur les célèbres Champs-Elysées. Deux autres policiers ont été grièvement blessés, tandis qu'une touriste a été plus "légèrement" touchée par balle, selon les autorités. L'assaillant a été abattu par la police.


L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à l'origine de la plupart des attentats, parfois de masse, qui ont fait 238 autres morts depuis 2015 en France. "L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", selon un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. Cependant, selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. 

 

(Repère : Les précédents attentats jihadistes meurtriers en France depuis janvier 2015)


Prenant la parole d'un ton grave depuis l'Elysée, avant la revendication de l'EI, François Hollande s'est dit "convaincu" que la fusillade qui a eu lieu vers 21H00 était "d'ordre terroriste", promettant d'être d'une "vigilance absolue" pour sécuriser la présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. Il réunira vendredi à 08H00 un conseil de défense et un "hommage national" sera rendu au policier tué.


Les principaux candidats à la présidentielle, qui défilaient sur un plateau de télévision pour un dernier grand oral, ont dénoncé l'attentat et apporté leur soutien aux forces de l'ordre. Marine Le Pen et François Fillon ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi.


Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête sur cet attentat. "L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et à essayé de s'en prendre aux autres en courant", a rapporté une source policière.

 

 

 

Déjà condamné en 2005
L'assaillant était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes, selon des sources proches de l'enquête. Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne. Une perquisition était en cours jeudi soir en Seine-et-Marne, au domicile de cet homme. Il s'agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque.


L'assaillant a été abattu par la police au cours de la fusillade. Il semble avoir agi seul lors de l'attaque mais les enquêteurs tentaient de savoir s'il a pu bénéficier de complicités.
Le quartier a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées sur la célèbre et très touristique artère de la capitale. Un hélicoptère a survolé la zone dans la soirée.


Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant situé rue de Ponthieu, dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une "fusillade brève" mais avec "beaucoup de tirs". "On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols", a-t-il ajouté.


Plusieurs capitales ont exprimé leur soutien à la France. Le président américain Donald Trump, évoquant très rapidement "une attaque terroriste", a présenté ses "condoléances au peuple de France", tandis que la chancelière Angela Merkel a dit se tenir "de façon ferme et déterminée aux côtés" de son voisin.

 

L'attaque de jeudi soir est intervenue pendant le dernier grand oral télévisé des onze prétendants, tous décidés à convaincre les nombreux indécis et abstentionnistes, avant la clôture officielle, vendredi à minuit, d'une campagne riche en rebondissements et à l'issue très incertaine.
Quatre candidats sont en position de se qualifier pour le second tour, le 7 mai: la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, le centriste Emmanuel Macron, le conservateur François Fillon et le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. M. Macron et Mme Le Pen sont à l'heure actuelle donnés en tête des intentions de vote, suivis de près par M. Fillon et M. Mélenchon.

 

(Dossier : Présidentielle française : programmes, portraits, enjeux... ce qu'il faut savoir)


Mme Le Pen et François Fillon ont annoncé jeudi soir l'annulation de leurs derniers déplacements prévus vendredi en raison de l'attentat des Champs-Elysées.
Réagissant en direct, les candidats ont unanimement condamné l'attentat. M. Mélenchon a appelé à "ne pas céder à la panique", tandis que M. Macron a estimé que "cette menace fait partie du quotidien des prochaines années".
Marine Le Pen, qui a musclé ces derniers jours son discours sur les thématiques traditionnelles de son parti, l'immigration et la sécurité, a répété jeudi soir qu'elle serait "d'une fermeté absolument totale" face au risque terroriste, en dénonçant le "laxisme" des autorités françaises. "La lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président", a déclaré M. Fillon.


La présidentielle se tiendra pour la première fois dans l'histoire de la Ve République sous le régime de l'état d'urgence, instauré dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015, les plus meurtriers jamais commis dans le pays avec 130 morts.


Les derniers attentats meurtriers remontent à l'été 2016, quand la célèbre Promenade des Anglais à Nice avait notamment été le théâtre d'une attaque au camion bélier le 14 juillet 2016 (86 morts). Un policier et sa compagne avaient aussi été tués en juin lors d'une autre attaque à leur domicile à Magnanville, en région parisienne, devenant le symbole de forces de l'ordre particulièrement visées par les jihadistes.
Et un nouvel attentat a été déjoué selon les autorités avec l'arrestation, mardi, de deux hommes soupçonnés de préparer "une action violente" et "imminente" en pleine période électorale. Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont été interpellés à la sortie d'un appartement de Marseille, où les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important composé d'armes et 3 kg d'explosif artisanal, du TATP, dont une partie prêt à l'emploi.

 

 

Portraits

Macron, un jeune ambitieux qui bouscule les usages

Marine Le Pen, l'héritière qui rêve de la victoire de l'extrême droite française

François Fillon, candidat "balafré" par les affaires

Mélenchon "l'insoumis", tribun de la gauche radicale française

Hamon, un Breton "granitique" dans les "tempêtes" de la campagne

 

Interviews

Emmanuel Macron à « L’OLJ » : Les intérêts des chrétiens d’Orient ne sont pas liés à Assad

Le Pen à « L’OLJ » : Rien n’est encore tranché sur la rétroactivité de la suppression de la double nationalité 

 

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Ma Fi Metlo

TANT QU'ON IRA CHERCHER MIDI A QUATORZE HEURE , ON ARRIVERA PAS A BOUT DE CES BACTERIES QUI SONT D'IDEOLOGIE WAHABITE AVEC CENTRE AU COEUR DU NID DE LA OU LA TERRE ENTIERE SAIT OU IL SE TROUVE .

HIER 10 DES 11 CANDIDATS ONT NOMMEMNT CITE CES PAYS DU GOLFE BIEN CONNU , ET ONT PROMIS DE LEUR DEMANDER DES COMPTES UNE FOIS ELU .

LE SEUL CANDIDAT QUI NE LES PAS NOMME EST CELUI QUE LA PROPAGANDE MEDIATIQUE VEUT FAIRE PASSER A TOUT PRIX .

JE NE DONNERAI PAS LES NOMS DE CES PAYS WAHABITES, NI CELUI DU CANDIDAT COMPLAISANT POUR ESPERER ETRE PUBLIE .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARIS VA PRESENTER EN CES QUELQUES JOURS LES PREUVES IRREFUTABLES DE LA RESPONSABILITE DU REGIME SYRIEN POUR L,ATTAQUE CHIMIQUE... L,ATTENTAT, EST-CE UNE COINCIDENCE ?

Yves Prevost

"Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion". 2005 + 15 = 2020! Comment pouvait-il être en liberté? Le juge qui l'a libéré assume la pleine responsabilité de ce crime.

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