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Macron, un jeune surdoué qui bouscule les usages

portrait

Parcours rectiligne, éducation bourgeoise chez les jésuites à Amiens, "ni de droite, ni de gauche"... Emmanuel Macron est un élève modèle mais aussi rebelle.

OLJ/AFP/ Jérémy MAROT
18/04/2017

Enfant chéri du système devenu candidat "anti-système", conformiste ou audacieux, "ni de droite, ni de gauche", Emmanuel Macron, surdoué de 39 ans animé d'une ambition immense, a fait irruption dans la campagne présidentielle en espérant s'offrir l’Élysée pour premier trophée.

Ancien banquier d'affaires chez Rothschild inconnu il y a trois ans, ministre de l'Économie deux ans durant, héritier et parricide de François Hollande, le jeune candidat, pour la première fois face à des électeurs, promet un "renouvellement" profond de la vie politique, à la tête d'un grand mouvement du centre.

Parcours rectiligne, éducation bourgeoise chez les jésuites à Amiens, nez dans les livres auprès de sa grand-mère directrice de collège, c'est un élève modèle mais aussi rebelle, quand il s'agit de défier les conventions pour épouser sa professeure de français au lycée, de 24 ans son aînée.

Grâce à sa tête bien faite - Sciences-Po Paris, diplôme de philosophie, ENA promotion Sedar-Senghor puis Inspection générale des finances - il a attiré l’œil de ses premiers mentors politiques: Jacques Attali, qui en fit le rapporteur adjoint de sa commission pour la libération de la croissance dès 2007; puis François Hollande, qui le nomma secrétaire général adjoint de l'Élysée en 2012 et le propulsa à Bercy à l'été 2014.

 

(Lire aussi : Macron et Le Pen en duel à Paris avant le sprint final)

 

Homme d'intuition
Ses "intuitions", alors qu'il n'a que "cinq ans de boutique en politique", selon l'expression d'un rallié de droite, suscitent l'admiration dans son premier cercle comme chez ses adversaires.

"Je pense que Macron a eu l'intuition, précisément parce qu'il était extérieur à la vie politique traditionnelle, que les partis de gouvernement avaient créé leurs propres faiblesses, avaient perdu leur propre attractivité, étaient, pour reprendre un vieux mot, usés, fatigués, vieillis", confiait récemment François Hollande.

"Emmanuel, c'est le maître des horloges, il sent quand il faut y aller", confirme le sénateur socialiste François Patriat. Par exemple, "il a eu cette intuition de créer En Marche! quand il a élaboré sa loi" adoptée par 49-3 à l'été 2015, se souvient le député PS Richard Ferrand. C'est en ferraillant pour défendre ce texte fourre-tout, qui va de l'extension du travail du dimanche à la libéralisation du transport en autocar, qu'"il a constaté les scléroses du pays", souligne ce soutien de la première heure, désormais secrétaire général du mouvement lancé le 6 avril 2016.

A la tête de sa petite entreprise politique, siglée de ses initiales et qui revendique aujourd'hui quelque 250.000 adhérents, sans obligation de cotisation, Emmanuel Macron a affiché de plus en plus ostensiblement ses ambitions, avec un fervent meeting fondateur à La Mutualité le 12 juillet 2016 devant 3.000 personnes, puis en quittant le gouvernement le 31 août pour se lancer dans l'aventure présidentielle.

 

(Lire aussi : Présidentielle française : "quatre têtes pour un casse-tête", résume la presse)

 

"Son plaisir c'est de jouer"
"Je le trouve courageux et libre. Il lui a fallu rompre tout le temps", louait il y a peu un membre du gouvernement.

Emmanuel Macron veut à la fois "libérer" et "protéger", en refondant "un modèle social dépassé" tout en "réarmant les individus". Un programme jugé flou par ses détracteurs, qui raillent sa propension à articuler dans la même phrase deux idées contradictoires, parfois teintées de jargon "techno". Lui vante sa volonté de "tourner la page non seulement des cinq dernières années, mais aussi des vingt dernières années", et érige la "bienveillance" en marque de fabrique.

Au fur et à mesure de son ascension dans les sondages, Emmanuel Macron, regard bleu clair et sourire photogénique, s'est laissé gagner par la ferveur des réunions publiques, s'attardant sur scène, se délectant des "Macron président!" fusant dans la salle. Mais s'il n'est pas élu, les intentions profondes d'Emmanuel Macron, projeté sur le devant de la scène grâce à un alliage de charisme, de cordialité et de spontanéité, restent énigmatiques. "Macron, son plaisir c'est de jouer, c'est pas de gagner. Le jour où il aura perdu, il s'en fout, il passe à autre chose", assurait à l'automne un membre du gouvernement.

Lui jure qu'il gardera les commandes d'En Marche! et un œil sur l'avenir. Et en même temps qu'il ne sera "plus en politique dans 20 ans". Paradoxal ?

 

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Hallak Andre

Un Maverick Français est né il s 'appelle Emmanuel Macron .

il échappe à l'archétype ordinaire de l'homme politique Français qui prolonge et nuance les tendances conventionnelles de son parti.

Au clivage gauche droite il oppose celui du progressisme et du conservatisme .

En Marche représente une alternative évidente aux déçus des deux autres camps ...En Cavale

Le premier fuit un passé aux coutumes devenues honteuses. Le second a choisit la fuite en avant pour se défaire des promesses utopistes de sa campagne électorale.

Il est une chance pour la France.

Dans ses meeting par sa force du verbe il entraine son auditoire dans une sarabande d'idées ou l 'enthousiasme finit par gagner peu à peu les plus sceptiques.

Ses détracteurs le disent présomptueux et arriviste... et pourtant , dans l'exercice du pouvoir, son modèle est aussi proche du stoïcisme de Marc Aurel qu'il est éloigné du cynisme de Nicolas Machiavel.

Ils le disent trop jeune...

Notre histoire de par l'avènement d' internet connais une accélération comparable à la découverte de l'écriture ou de l'imprimerie .

Au cœur des stratégies d'innovation sa jeunesse est un atout ; et lui permet bien plus aisément d'appréhender les enjeux d' un saut civilisationnel en devenir, qu'un homme politique ancré dans le passé.

Plus qu'un homme nouveau Emmanuel Macron s'inscris dans le renouveau de l'homme.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DU QUITTE OU DOUBLE...

M.V.

Surdoué Macron le socialiste ..? pour avoir était le conseiller de F.Hollande ...? puis son Ministre des finances ... il est surtout coresponsable leurs bilan catastrophique ...! , disons même plutôt de l'-ardoise- économique et financière que Normal 1er va léger aux français.. pas la peine d'être un surdoué pour comprendre cela ...

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