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Programmes des prétendants à l’Élysée : la bataille des chiffres

Présidentielle française

Focus sur le coûts des programmes défendus par les cinq principaux candidats à la présidence française.

OLJ/AFP
15/04/2017

Poussés à préciser jusque dans le détail le coût de leurs programmes, les prétendants à l'Elysée ont multiplié les évaluations comptables, quitte à s'exposer aux critiques des think tanks. Dépenses, économies, déficit: voici les chiffres des principaux candidats à la présidentielle.

 

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise, qui dénonce l'austérité libérale, prévoit une augmentation de la dépense publique de 173 milliards d'euros sur le quinquennat, couplée à un plan d'investissement de 100 milliards d'euros, financé par l'emprunt.
Selon son équipe, l'équilibre des finances publiques ne serait néanmoins pas menacé, en raison des retombées de cette politique sur la croissance (plus de 2% dès 2018) mais aussi des recettes dégagées par la suppression des niches fiscales et par la lutte contre la fraude (38 et 33 milliards).
M. Mélenchon annonce ainsi un déficit à 2,5% du PIB et une dette à 87% en 2022. Des chiffres contestés par la Fondation Concorde, qui anticipe une explosion de la dette à 110% du PIB, mais aussi COE-Rexecode, qui redoute une "violente récession" en cas de sortie de l'euro, envisagée comme un "plan B" par le candidat.

 

 

(Lire aussi : La montée de Mélenchon inquiète les marchés)

 

 

Benoît Hamon

Le candidat socialiste annonce lui aussi un vaste plan de relance. Selon son entourage, 71 milliards d'euros seraient injectés dans l'économie à l'horizon 2022, dont 35 consacrés à la nouvelle mouture de son revenu universel.
Pour financer ces dépenses, Benoît Hamon prévoit de récupérer 5 milliards via une taxe sur les "super profits" des banques, 11 milliards via la lutte contre l'évasion fiscale, 10 milliards sur le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE)... et à terme 30 milliards d'impôts grâce au supposé regain d'activité provoqué par son programme.
Le candidat annonce 1,95% de croissance moyenne sur le quinquennat et un déficit ramené à 2,7% en 2022. Ces chiffres sont là encore contredits par les think tanks, dont COE-Rexecode, qui parie sur un creusement du déficit à 8% du PIB en 2022 en cas d'application de son programme.

 


(Lire aussi : Présidentielle : Hollande en appelle à "l'intelligence des Français")

 

 

Emmanuel Macron

L'ancien ministre de l’Économie promet 50 milliards d'euros d'investissement public et 60 milliards d'économies sur le quinquennat, malgré plusieurs réformes coûteuses (assurance chômage, taxe d'habitation...). Pour les réaliser, il compte notamment supprimer 120.000 postes de fonctionnaires.
Ce programme, qui s'appuie sur des prévisions de croissance plus prudentes que les autres candidats (1,4% en 2017, 1,8% en 2022), permettra d'après son équipe de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB dès cette année, comme le réclame Bruxelles.
Ces prévisions ont donné lieu à de vives passes d'armes, certains économistes jugeant son plan d'économies insuffisamment "documenté". D'après COE-Rexecode, le programme d'Emmanuel Macron entraînerait un déficit public de 5% du PIB en 2018 et de 3,4% en 2022, en l'absence de mesures correctrices.

 

François Fillon

Le candidat Les Républicains promet un "choc" économique avec d'une part, de fortes baisses d'impôts, et d'autre part, un plan d'économies de 100 milliards d'euros sur cinq ans, comprenant la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires.
D'après François Fillon, ces mesures permettront de stimuler la croissance, qui s'établira à un taux "supérieur à 2%" à la fin du quinquennat. Elles permettront également de ramener les comptes publics à l'équilibre en 2022, après un dérapage du déficit à 3,7% en 2017.
Cet objectif repose toutefois sur des hypothèses macroéconomiques jugées "très ambitieuses" par l'Institut Montaigne, classé à droite. Une réserve partagée par COE-Rexecode, qui anticipe un déficit public à 1,4% à la fin du quinquennat.

 

Marine Le Pen

Raillée par ses rivaux pour son manque de précision comptable, la candidate FN a annoncé successivement 96 et 80 milliards d'économies en cinq ans, son site de campagne évoquant 60 milliards d'économies. Selon son équipe, cela permettra de ramener le déficit public à 2,9% du PIB en 2019, puis à 1,3% en 2022.
Ce cadrage économique, basé sur des hypothèses de croissance ambitieuses (2,5% en 2021 et 2022), est jugé fragile par la plupart des organismes économiques, qui insistent sur les nombreuses dépenses engagées par Marine Le Pen (baisses d'impôts, retraite à 60 ans...) et s'inquiètent du coût d'une sortie de l'euro.
D'après Terra Nova, classé à gauche, cette dernière provoquerait une explosion de la dette et une perte de pouvoir d'achat de l'ordre de 1.500 euros par ménage et par an. D'après l'Institut Montaigne, la récession (chute du PIB) pourrait atteindre -2,3% la première année et -9% à terme.

 

 

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M.V.

Les faiseurs d'opinion sont en panne sèche!, car à force de laver plus blanc que blanc...le cabinet noir .... , pour crédibiliser une posture électorale socialiste idéale ...! ca ne marche plus...! M^me que , s'est ridicule en cette fin de règne final de Normal 1er ...!

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