Photo fournie par l’établissement
À Beyrouth, certains investissements valent aussi comme déclaration de confiance. En septembre, Socrate a ouvert une nouvelle adresse aux Souks de Beyrouth, plus de soixante ans après les débuts de l’enseigne dans la capitale. Le restaurant, développé par Socrate Catering SAL, s’étend sur environ 520 m² répartis sur deux niveaux et pourra accueillir jusqu’à 100 personnes, entre espaces intérieurs et terrasse.
L’investissement a dépassé le million de dollars. Le projet a toutefois été entièrement financé par Socrate Catering SAL, qui revendique ainsi un engagement de long terme dans le pays, malgré un environnement économique toujours fragile.
L’ouverture n’a pas été choisie au hasard. Les Souks portent encore les traces des années de crise que le centre-ville a traversées, notamment après l’explosion du 4 août 2020, qui avait lourdement endommagé le secteur. Depuis, les commerces, restaurants et bureaux y reviennent progressivement, au gré des investissements privés. Socrate entend participer à ce mouvement.
« La décision d’investir ne reposait pas simplement sur l’ouverture d’un autre restaurant. Il y avait une raison émotionnelle et historique forte derrière le choix de ce projet et de cet emplacement », souligne Saad Zeidan, propriétaire et gérant de Socrate Catering SAL.
Une quarantaine d’emplois pour une adresse pensée toute la journée
Le nouvel établissement emploie environ 40 personnes et sera ouvert de 9 heures à 23 heures. Le modèle repose notamment sur une activité de déjeuner destinée aux salariés, professionnels et visiteurs du centre-ville, avec des plats libanais préparés quotidiennement.
Le restaurant conservera les classiques associés à la maison et ses fameux plats du jour, tout en élargissant son offre. Le menu du soir proposera notamment salades, entrées froides et chaudes, grillades et plats signatures. Un mezza bar réunira 16 préparations différentes.
Le concept prévoit également une activité de vente à emporter. Un espace boutique proposera des desserts libanais et français, des glaces, ainsi que huit plats préparés chaque jour, des salades et des entrées froides.
La salle et la terrasse communiquent naturellement et peuvent être ouvertes pour former un seul espace, permettant d’accueillir aussi bien des repas individuels que des groupes.
Faire évoluer une marque sans effacer son histoire
Pour Socrate, l’enjeu est moins de reproduire une adresse historique que de transposer son identité dans un nouveau contexte. La carte continuera de s’appuyer sur les goûts familiers à plusieurs générations de clients.
« Au cœur du nouveau Socrate se trouve une idée simple : préserver le patrimoine tout en lui permettant d’évoluer », résume Saad Zeidan.
Cette stratégie permet également à l’enseigne de jouer sur deux générations de clientèle. Les habitués doivent pouvoir retrouver les goûts et l’hospitalité qui ont construit la réputation de la maison, tandis qu’une clientèle plus jeune est ciblée à travers une interprétation plus contemporaine de l’offre et du décor.
Le pari est aussi celui d’une consommation devenue plus fragmentée. Le déjeuner, la restauration du soir et le takeaway cohabitent dans un même établissement, avec une amplitude horaire de quatorze heures.
L’enseigne entend ainsi inscrire cette nouvelle adresse dans une histoire plus longue que celle des crises récentes. Après plus de 60 ans d’existence, elle choisit de conserver ses marqueurs historiques tout en adaptant son modèle à un nouveau quartier et à une nouvelle génération de consommateurs. Le goût, lui, ne change pas. Le décor, si.

