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Liban

Hariri : Rustom Ghazalé était entré en contact avec nous pour faire une déclaration à la Future TV

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La chute d'Assad est pour bientôt, estime le chef du Futur dans une conférence à Washington.

OLJ
28/04/2015

Le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri, a initié hier une violente attaque contre l'Iran et le régime syrien, estimant qu'ils étaient la source de la montée aux extrêmes dans la région, et qualifiant le régime Assad d'usine à fabriquer des extrémistes.
Cependant, M. Hariri, qui s'exprimait devant le Wilson Center à Washington, a fait une révélation fracassante devant son auditoire, en affirmant que l'ancien chef des services de renseignements syriens au Liban, Rustom Ghazalé, décédé la semaine dernière, avait tenté d'entrer en contact avec la Future TV à la veille de son assassinat.
« Rustom Ghazalé nous a contactés avant son assassinat ; il voulait passer à la télévision et annoncer quelque chose, mais nous ne savons pas ce que c'est. Il a été tabassé immédiatement après », a affirmé le chef du Futur en réponse à une question. « La veille de ce passage à tabac, Ghazalé a appelé une personne que je connais, et nous lui avons donné le numéro de téléphone de la Future TV. Il voulait faire un passage à l'antenne de cette chaîne pour dire quelque chose, mais il n'en a pas eu l'opportunité. Tout comme Ghazi Kanaan, qui s'était suicidé en se tirant cinq balles », a-t-il ajouté, en allusion au fait que le général Kanaan avait également tenté de contacter la Voix du Liban pour faire une déclaration à la veille de son « suicide », en octobre 2005.
Concernant l'assassinat de Ghazalé, l'ancien Premier ministre a estimé que cela était le résultat, selon certaines rumeurs, d'une division au sein du régime entre les partisans de l'ingérence des pasdaran et ceux qui ont ras le bol des interventions de Téhéran.


(Pour mémoire : Pour de nombreux hommes politiques libanais, Ghazalé a été liquidé pour son implication dans l'assassinat de Hariri)

 

Téhéran et Daech se nourrissent mutuellement
Auparavant, dans son allocution, Saad Hariri avait renvoyé dos à dos « la politique expansionniste de l'Iran dans la région » et « la menace extrémiste et jihadiste qui, en prétendant combattre au nom de l'islam, menace de détruire le tissu même de ces sociétés ».
« La manière dont les deux menaces se nourrissent mutuellement est claire : les alliés de l'Iran, l'ancien gouvernement Maliki en Irak et Assad en Syrie, ont tous deux orchestré la libération de milliers d'éléments d'el-Qaëda emprisonnés, qui ont établi ce qui est maintenant appelé Daech. En outre, l'armée d'Assad leur a remis la province pétrolière de Raqqa qui est désormais leur fief. Il est certain que Maliki, Assad et l'Iran sont derrière ces deux menaces. Ils ont voulu renforcer la menace du terrorisme jihadiste, dans l'espoir d'être réhabilités et reconnus comme remparts contre un tel extrémisme. Personne ne devrait tomber dans ce piège », a indiqué M. Hariri.
« De son côté, l'extrémisme jihadiste compte sur la colère et la frustration arabe qui prévalent face à l'expansionnisme et l'interventionnisme de l'Iran, qui accuse les gouvernements arabes d'inaction afin de gagner la sympathie et le soutien. C'est pour cette raison qu'il est essentiel que la lutte se poursuive contre Daech et qu'elle s'accompagne d'une action claire et d'une prise de conscience du fait que les Arabes ne toléreront plus un comportement hégémonique de l'Iran. L'opération "Tempête de la fermeté" a transmis ce message précis », a-t-il souligné, accusant Téhéran et Daech d'exploiter tous deux la cause palestinienne et plaidant, pour mettre fin à cette mascarade, en faveur de la solution de deux États.

La chute d'Assad pour sauver le Liban
Évoquant ensuite la situation au Liban, qui se trouve « sur les lignes de front (...) des civilisations, des religions, des écoles de pensée, des idéologies, de la vanité et des contradictions », d'où « les frictions régionales qui se manifestent souvent dans mon pays », Saad Hariri a souligné que sa « seule priorité reste de protéger le Liban ». Il a indiqué qu'en dépit de la stabilité relative que connaît le Liban par rapport au reste de la région, celle-ci « ne peut être durable si les institutions étatiques ne sont pas renforcées et la guerre en Syrie réglée ».
Estimant que le Liban est « le modèle qui devrait être suivi dans la région », du point de vue de la réconciliation qui a été opérée au lendemain de la guerre civile, l'ancien Premier ministre a ajouté : « Nous, le courant du Futur, faisons tout ce que nous pouvons. Nous avons dit clairement que nous ne permettrons jamais à notre pays de retomber dans la guerre civile. Nous ne recourrons jamais à la violence quoi qu'il arrive, et ce malgré le fait que nous sommes confrontés à la violence et aux assassinats politiques depuis 2004. Et nous nous sommes clairement tenus aux côtés de la justice, de la modération et des institutions étatiques, dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme. Toutefois, si le statu quo actuel persiste, il deviendra de plus en plus difficile d'empêcher le Liban de s'embraser. »
Or, selon lui, « cette situation ne peut être inversée que si les différents groupes libanais suivent et mettent en œuvre un ensemble de mesures claires, tandis qu'en parallèle, la communauté internationale devrait s'engager à mettre fin à la guerre en Syrie ». Ces mesures sont : d'abord, l'élection d'un président de la République, puisque « le vide à la présidence est très dangereux et contribue à la paralysie de toutes les institutions », et que « ce faux sentiment de normalité sans président est également très dangereux ». Ensuite, le respect de la déclaration de Baabda qui appelle à la neutralité du Liban dans le conflit syrien. Troisièmement, la lutte contre toute sorte d'extrémisme qu'il soit sunnite ou chiite. « Pour ce faire, une politique internationale claire doit être instaurée pour soutenir les voix de la modération dans la région. Bachar el-Assad n'est pas une voix de modération. Il est l'usine qui fabrique l'extrémisme », a souligné M. Hariri dans ce contexte, estimant que « l'implication du Hezbollah dans la défense de la dictature d'Assad en Syrie a importé le terrorisme au Liban ». « Nous sommes actuellement en train de dialoguer avec le Hezbollah pour désamorcer les tensions dans le pays. Cependant sur les questions-clés, telles que le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie et l'élection d'un président au Liban, le Hezbollah n'écoutera que l'Iran », a noté le chef du Futur. La quatrième mesure, enfin, porte sur la question des réfugiés syriens au Liban. « Mettre un terme à la guerre en Syrie est le seul moyen d'atténuer ce probblème. Et la suppression de Bachar el-Assad est le seul moyen de rétablir la stabilité en Syrie. Je crois que cela va bientôt se produire. Mais d'ici là, limiter les dégâts est entre les mains de la communauté internationale », a-t-il souligné.
« Chacun de nous peut avoir son point de vue sur l'accord avec l'Iran, mais, pour la première fois, nous avons vu une approche globale, collective, sur une question cruciale qui menace la région, et nous avons vu les États-Unis assumer leur rôle de leader mondial. Toutefois, cela restera incomplet tant que les mêmes approche et leadership ne seront pas appliqués dans le règlement de la crise syrienne », a-t-il conclu.


(Lire aussi : À chacun sa guerre en Syrie..., l'article d'Anthony Samrani)

Questions-réponses
Répondant aux questions de l'audience, M. Hariri a entre autres indiqué que le Hezbollah est en train de « commettre une erreur flagrante » à travers son équipée syrienne, et que « le régime syrien est plus important pour Téhéran que le parti chiite ». Mais, aujourd'hui, même ce régime est devenu « un agent iranien ». « La décision de ne pas élire un président au Liban est une décision de l'Iran (...). Ce qui s'est produit avec Michel Samaha par exemple est une action des services syriens, en coordination avec l'Iran et ses agents au Liban pour déstabiliser le pays (...) », a-t-il ajouté.
Pour le chef du Futur, la seule solution est de créer une no-fly zone en Syrie et d'unifier et d'entraîner la résistance syrienne à Bachar el-Assad sous l'étendard de l'Armée syrienne libre, c'est-à-dire l'opposition modérée, afin de déboulonner le dictateur syrien, qui est « la source de tous les extrémismes », a-t-il martelé. « Ce sera le moyen de se débarrasser d'Assad et de l'extrémisme en même temps, et de donner de l'espoir au peuple syrien », a-t-il ajouté.
Saad Hariri a enfin estimé que l'accord sur le nucléaire iranien sera bénéfique pour la région si Téhéran met vraiment fin à son programme nucléaire, sinon, cela entraînera une course à l'armement dans la région, et l'enrichissement de l'Iran sera exploité par l'aile dure à la faveur de son projet expansionniste dans la région.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

HAYDÉ RAZÉLÉ... IL L'A PAYÉ LE GHAZÉLÉ !

Pierre Hadjigeorgiou

Claire, net et précis!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

D'Où LE DÉBARRAS DE TOUT CELUI QUI EMBARRASSE !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Pour contrebalancer ce 14 Mars actuel niais, le peuple de la Cédraie insiste pour qu'on déclenche 1 mouvement semblable à celui de 05 qui a précédé. Les futuristes rejettent ce plan ! Ils ne veulent se laisser enlever des mains ce 14 Mars actuel banal ; ses alliés excités lui sont à présent aussi suspects que ses ennemis ! Mars 05 agite de façon + vive que jamais le peuple du Cèdre, qui est cependant enchaîné à ce "Symbole" 14 Marsien. Celui-ci représente en effet le plus grand attroupement au parlement, disposant d’1 partie de la puissance de l’armée. Recommencer 1 Révolution contre sa volonté, c'est pour le Peuple du Cèdre, précarisé, renouveler inutilement Mars 05 sans la situation qui avait imposé ce combat-là héroïque mais désespéré ! Le peuple Sain Cédraie adopte ainsi la seule attitude rationnelle possible : obliger ce 14 mars à sortir des limites de sa lutte actuelle "crétine" et inefficace, dans le cas surtout où le Tribunal ne mènerait nulle part. Il conservera une attitude sceptique et attendra un corps à corps inévitable engagé sérieusement cette fois entre ce 14 Mars pacifiste et le système funeste du fakkîh, pour se jeter alors dans la bataille et pousser la Cédraie par delà le petit but "futuriste" niais qu'on lui assigne. En cas de victoire, le peuple Cédraie aura déjà constitué son propre ministère qu’il imposera au sein de celui "futuriste" traditionnel, car il aura déjà appris à l'école sanglante de 05 en mars d'ici et de 011 en mars d'à côté !

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