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Liban

Tentatives de débloquer le législatif, mais pas (encore) la présidentielle

La situation
S.N. | OLJ
28/04/2015

Le boycottage de la législation de nécessité par les parties chrétiennes pourrait s'expliquer, en réalité, par ce fait : « la tiédeur des relations » entre le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du bloc du Changement et de la Réforme, Michel Aoun. Cette tiédeur s'est manifestée une nouvelle fois par la décision du général Aoun de revenir sur l'engagement qu'il avait pris lors d'un entretien avec Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, de s'asocier à la législation de nécessité.

Ainsi, le vice-président de la Chambre, Farid Makary, a estimé hier qu'il était « normal que le président Berry exprime son mécontentement à l'égard du bloc aouniste qui a changé d'avis sur la question, tandis que les autres blocs chrétiens ont défendu une position claire dès le départ ».
Force est de relever toutefois que les déclarations des députés aounistes en faveur de la législation de nécessité étaient assorties d'une condition fondamentale, à savoir qu'une telle législation devrait porter « sur toutes les questions liées au pouvoir et aux élections ».

En réponse au reproche de Nabih Berry, le député Ibrahim Kanaan a déclaré hier, à la Future TV, que son parti avait été « le premier à définir les éléments et les mécanismes de la législation de nécessité, qui devait porter sur la loi électorale, le budget et l'échelle des salaires ».
Pour sa part, le député FL Georges Adwan a déclaré hier, à la MTV, que « la clé de la législation de nécessité est la loi électorale ». Il semblerait toutefois que la clé du déblocage du législatif se situe plutôt au niveau du budget.
Le débat sur le budget a perdu sa portée technique et pourrait servir d'instrument politique de pression sur les parties chrétiennes : l'idée serait d'insérer le budget (avec ou sans les recettes et dépenses relatives à la grille des salaires, peu importe) à l'ordre du jour des séances de législation, afin de forcer la participation des blocs chrétiens. L'insistance de Georges Adwan sur la priorité absolue de la loi électorale serait dans ce sens préventive.

Il reste que le boycottage de la législation n'a pas manqué de faire évoluer la situation.
Ainsi, le président de la Chambre a reçu hier le Premier ministre, Tammam Salam, dans une tentative de délier le blocage du législatif. Cet entretien a surtout porté une signification morale, et visait à répondre à l'indignation du président Berry qui s'était demandé, la veille, devant ses visiteurs : pourquoi tant d'efforts pour maintenir le cabinet en marche, et si peu d'efforts similaires au niveau du législatif ?

Plus significative est en outre l'observation des réactions du Hezbollah au boycottage de la législation de nécessité : dimanche, le secrétaire général adjoint du parti chiite, cheikh Naïm Kassem, et le ministre Mohammad Fneich rejetaient respectivement le prétexte du boycottage de la législation pour sauver la présidentielle. « Si le blocage du Parlement pouvait conduire à l'élection d'un président, nous aurions été les premiers à y participer », soulignait le premier, tandis que le second mettait en garde explicitement contre « le sabotage des intérêts du pays, à cause de notre incapacité à élire un président de la République ».

Il faut savoir que huit protocoles financiers attendent d'être approuvés par le Parlement, faute de quoi la réputation internationale du Liban serait profondément ébranlée (parlant de réputation, il faut noter qu'une délégation du conseil des hommes d'affaires libanais en Arabie s'est rendue hier chez le mufti de la République, le chef de la Rencontre démocratique Walid Joumblatt et le député Samy Gemayel pour expliquer les répercussions des attaques du Hezbollah contre le royaume).
En critiquant le boycottage de la législation, le Hezbollah adresse une critique, encore timide et indirecte, au CPL. Certes, il continue de pointer du doigt le 14 Mars et l'Arabie saoudite en ce qui concerne le blocage présidentiel et réitère son appui à la candidature de Michel Aoun. Mais la critique en soi pourrait indiquer qu'une attention pour la présidentielle commence à émerger de nouveau chez le parti chiite. Déjà, des milieux du CPL font état d'une possible rencontre, à tout instant, entre Hassan Nasrallah et Michel Aoun...

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ILS ONT PEUR DORÉNAVANT DE LA RÉPÉTITION DU SCÉNARIO YÉMÉNITE AU LIBAN... MAIS LE JOUR APPROCHE !

Le Faucon Pèlerin

Les députés du fuyard de Baabda et leurs alliés boycottent depuis un an l'élection présidentielle et accusent le 14-Mars d' empêcher ladite élection. Je ne suis pas un idiot de Sotteville pour savoir qui vient au parlement et qui ne vient pas. Cela me rappelle le proverbe de ma grand-mère : "Il m'a frappé et il a pleuré puis il m'a devancé pour m'accuser."
Ces accusations répétées ne passent plus.

Pierre Hadjigeorgiou

Le Hezbollah ment comme il respire et se permet en plus de rejeter la faute aux autres. Si il a tellement a coeur de faire élire un président comme il le prétend, qu'il se présente au parlement avec son candidat et que les élections se fassent démocratiquement et normalement comme le prévoit la constitution. Si Aoun l'emporte eh bien mabrouk, sinon il leur faut accepter le résultat des urnes point barre. Il n'est pas normal que le parlement vote pour un seul candidat. C'est hors des pratiques démocratiques et place le Liban dans le panier des fausses démocraties comme celle de l'Iran ou de la Syrie. Nous nous en passerons.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POUR DÉCIDER DE LA CLEF... ON FAIT APPEL AU SERRURIER... QUELLE MASCARADE !

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