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Liban

Raï réaffirme la nécessité d’élire un président

28/04/2015

Changement de programme pour la deuxième journée de la visite en France du patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, qui ne rencontrera le président François Hollande qu'aujourd'hui mardi, alors que ce tête-à-tête devait se dérouler hier.

De sources bien informées, cette réunion à l'Élysée devrait porter sur des questions politiques, notamment la vacance présidentielle au Liban et la situation des chrétiens d'Orient. Deux sujets que le chef de l'Église maronite n'a pas manqué d'évoquer depuis le début de son séjour dans la capitale française, tant au cours de ses homélies et déclarations que lors de ses rencontres avec les personnalités françaises et libanaises.
Au jour II de sa visite, Mgr Raï s'est rendu au palais du Luxembourg où il a été accueilli par le président du Sénat, Gérard Larcher. À l'ordre du jour : un tour d'horizon de la situation au Liban et dans la région, et en particulier la crise libanaise. Le président Larcher, connu pour être un grand ami du Liban, a demandé un certain nombre d'éclaircissements sur la crise libanaise, et en particulier les raisons pour lesquelles le pays est sans chef d'État depuis plus d'un an. Un échange de vues devait suivre sur ce point ainsi que sur le drame des réfugiés syriens et l'incapacité du pays du Cèdre à contenir ce flux et à y faire face aux plans humanitaire, social et sécuritaire.
Outre son soutien ferme au Liban, Gérard Larcher a promis de redoubler d'efforts auprès des hautes instances politiques du pays pour que cette solidarité avec le Liban se traduise par des faits.
Le Sénat pourrait adresser à ce sujet des notes et propositions au président Hollande et au gouvernement.
À midi, le chargé d'affaires libanais, Ghadi el-Koury, a donné dans les salons de l'ambassade, rue Copernic, une réception en l'honneur du patriarche Raï, en présence de personnalités françaises et libanaises, du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, de la délégation patriarcale et des journalistes libanais et français.
Dans son discours de bienvenue, M. Khoury a souligné l'importance du rôle de l'Église maronite dans l'histoire moderne du Liban et dans les structures politiques depuis le siècle dernier.
Le chargé d'affaires a salué la présence de l'Église maronite dans le monde, partout où se trouvent des communautés libanaises, avant de rendre un vibrant hommage à Mgr Raï.

Gebran Bassil
Prenant à son tour la parole, le ministre Bassil a évoqué le calvaire vécu depuis un siècle par l'Arménie où il se trouvait en compagnie du patriarche avant de venir en France. « Nous ne sommes pas disposés à vivre ce qu'ont vécu les Arméniens car nous sommes actuellement menacés par le même danger d'éradication que le peuple arménien », a-t-il dit.
« Ce sont ces dangers qui menacent les Libanais et non seulement les chrétiens, car le terrorisme ne fait aucune distinction entre les communautés », a poursuivi le chef de la diplomatie, soulignant l'importance du rôle de Bkerké face aux dangers qui menacent le Liban.
Avec les richesses pétrolières et les ressources en eau, il faut citer cette richesse que constitue pour le Liban la présence de ses fils à l'étranger, a encore dit M. Bassil, affirmant que la présence libanaise à l'étranger équivaut à notre présence au pays. « Un peuple qui perd sa mémoire est un peuple qui peut perdre sa terre et sa cause », a-t-il conclu.

Le patriarche
Quant au patriarche maronite, il a insisté sur l'importance d'obtenir et de sauvegarder pleinement les droits des Libanais et de leurs descendants implantés dans le monde qui sont fidèles à leurs pays d'accueil, a-t-il dit.
Après avoir félicité les personnalités et les ambassadeurs libanais présents pour leur dévouement et leur travail, le chef de l'Église maronite a développé les trois thèmes suivants :
– Un appel à tous les Libanais dans le monde, les prêtres et les responsables de la Fondation maronite dans le monde pour qu'ils redoublent d'efforts au service du Liban et de ses causes.
– Un appel à la Chambre pour qu'elle légifère en vue de l'acquisition de la nationalité libanaise pour tous les Libanais et leurs descendants dans le monde.
– Un appel à tous les blocs parlementaires libanais pour qu'ils procèdent le plus rapidement possible à l'élection d'un nouveau président de la République.
– Un renforcement de la coopération entre Bkerké et le ministère des Affaires étrangères pour que nous puissions trouver des solutions à nos problèmes grâce à la créativité des Libanais.
« Il n'est pas acceptable que nous restions dans cette crise sans avoir de réponses à donner à ceux qui nous questionnent sur ce sujet », a conclu Mgr Raï, qui clôturera sa visite en France par un tête-à-tête à l'Élysée à la mi-journée, toute autre activité prévue pour demain ayant été annulée.

 

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