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L'OLP rejette l'idée d'une participation aux combats à Yarmouk

Syrie

Cinquante civils capturés par l'EI lors d'un raid contre un village du centre de la Syrie.

OLJ/AFP
10/04/2015

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a rejeté l'idée d'une participation aux combats à Yarmouk, en Syrie, contrairement à ce qu'avait déclaré la veille un représentant palestinien ayant rencontré des responsables du régime syrien.

L'OLP réaffirme, dans un communiqué publié tard jeudi à Ramallah, que sa "position n'a jamais varié": "Nous refusons de pousser notre peuple et ses camps dans l'enfer du conflit qui se déroule en Syrie amie et nous refusons catégoriquement de devenir une des parties du conflit armé qui a lieu à Yarmouk". Des milliers de réfugiés palestiniens sont piégés dans ce camp situé aux portes de Damas depuis l'assaut donné le 1e avril par les jihadistes du groupe Etat islamique.

 

(Pour mémoire : Des milliers de civils pris au piège à Yarmouk)

 

Jeudi, Ahmed Majdalani, le chef de la délégation de l'OLP envoyée à Damas, avait pourtant déclaré que les Palestiniens allaient mener une "opération militaire" en coordination avec l'armée syrienne "pour nettoyer Yarmouk des terroristes". Cette annonce avait provoqué l'inquiétude du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui a dit redouter "un nouveau crime de guerre".

Dans son communiqué, l'OLP affirme que les Palestiniens refusent "d'être entraînés dans des actions militaires, quelles que soient leur nature ou leur couverture". "Nous appelons à utiliser d'autres moyens pour préserver les vies à Yarmouk et y éviter plus de destructions et de déplacements forcés", poursuit le texte.

Depuis 2012, le camp de Yarmouk, qui est en réalité un grand quartier du sud de Damas, est un champ de bataille entre forces du régime de Bachar el-Assad et rebelles syriens, chacune des deux parties étant appuyée  par des groupes palestiniens. Pourtant, la direction palestinienne, depuis la Cisjordanie occupée, maintient régulièrement ses appels à "ne pas s'ingérer dans les affaires syriennes".

 

(Lire aussi : « Si l'EI se maintient à Yarmouk, les organisations palestiniennes pourraient collaborer pour le combattre »)

 

Cinquante civils capturés par l'EI

Par ailleurs, dans la province de Hama, les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) retiennent en otages au moins 50 civils capturés lors d'un raid il y a dix jours contre un village dans le centre de la Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les civils ont été kidnappés dans le village de Maboujé.

Cet enlèvement n'avait jusqu'à présent pas été divulgué afin de ne pas compromettre les négociations en vue de la libération des otages. Mais elles ont échoué, depuis, a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. Dix otages, dont six femmes, sont des ismaéliens, un courant minoritaire de l'islam chiite. Les 40 autres sont des sunnites, dont au moins 15 femmes. "Il y a des craintes que les femmes aient été traitées en esclaves", a indiqué à l'AFP M. Abdel Rahmane. Selon lui, l'EI a kidnappé les ismaéliens car il les considère comme des "infidèles", et les sunnites --bien que de la même confession que l'EI-- car il les considère comme loyaux aux ismaéliens.

Des sunnites, des ismaéliens et des alaouites, une autre branche du chiisme, secte du clan du président Bachar el-Assad, vivent dans le village de Maboujé, à l'est de la ville de Hama. Le 31 mars, l'EI avait exécuté au moins 37 civils à Maboujé, dont deux enfants, les "brûlant, les décapitant et tirant sur eux", selon l'Observatoire. L'EI a régulièrement visé les groupes minoritaires en Syrie, notamment des chiites accusés d'apostasie, mais aussi les sunnites qui violent son interprétation ultra rigoriste de l'islam. Il a notamment kidnappé des groupes de Kurdes et d'Assyriens en Syrie, ainsi que des Yazidis, une autre minorité, dans l'Irak voisin. Il est en outre accusé d'exécutions en masse de membres de ces groupes minoritaires ou de sunnites accusés de ne pas se soumettre à ses lois.

 

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