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Moyen Orient et Monde

Les Palestiniens acceptent une opération militaire conjointe avec le régime à Yarmouk

Syrie / Irak

À Moscou, dernier jour de négociations stériles entre opposants et émissaires de Damas.

OLJ
10/04/2015

Les organisations palestiniennes ont accepté hier pour la première fois de coordonner des opérations militaires avec l'armée syrienne pour repousser le groupe État islamique (EI) du camp de Yarmouk, dans le sud de Damas, a indiqué un dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Ahmad Majdalani.
Cette déclaration intervient au lendemain d'une réunion de M. Majdalani avec toutes les organisations palestiniennes à l'exception d'Aknaf Beit al-Maqdess. « Lors de la réunion palestinienne, nous nous sommes mis d'accord sur la création d'un centre opérationnel commun composé de forces syriennes, des mouvements palestiniens qui le souhaitent et qui ont une forte présence à l'intérieur du camp de Yarmouk ou dans son périmètre pour mener cette opération militaire », a déclaré M. Majdalani, l'émissaire du président palestinien Mahmoud Abbas venu spécialement de Ramallah, en Cisjordanie, pour régler cette question. L'émissaire a également indiqué qu'il s'était mis d'accord avec le gouvernement syrien « pour poursuivre (l'entrée) des aides humanitaires dans le camp (...) et faciliter la sortie de ceux qui le souhaitent. Notre objectif (...) est de libérer le camp (de l'EI) et que ses habitants rentrent » chez eux, a assuré M. Majdalani. Interrogé sur le mouvement Hamas, le représentant de l'OLP à Damas, Anouar Abdel Hadi, a répondu : « 90 hommes armés d'Aknaf Beit al-Maqdess sont en train de se coordonner avec le centre opérationnel et combattent au côté du régime ».
Dans un communiqué publié hier, le Comité international de la Croix- Rouge (CICR) a demandé pour sa part « un accès immédiat au camp (...) pour fournir une assistance humanitaire », jugeant « alarmante la situation de milliers de civils dont la vie est gravement menacée par les affrontements ». À ce sujet, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé hier à éviter un « massacre » dans le camp. « Il est temps de mener une action concertée pour sauver des vies », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas rester inactifs et laisser se dérouler un massacre, la population de Yarmouk ne doit pas être abandonnée. »
Pour rappel, les jihadistes de l'EI ont pris d'assaut le 1er avril le camp de réfugiés de Yarmouk, situé à sept kilomètres du centre de Damas, où des milliers de civils sont pris au piège des combats. Depuis fin 2012, ce camp, en réalité un grand quartier du sud de Damas, était un champ de bataille entre forces du régime de Bachar el-Assad et rebelles syriens, appuyés chacun par des groupes palestiniens. Mais depuis l'assaut de l'EI, la majorité des factions palestiniennes combattent ce groupe, tandis que l'armée de l'air du régime bombarde ses positions.
Ailleurs en Syrie, les jihadistes de l'EI ont tué hier 17 soldats et supplétifs de l'armée syrienne dans une attaque contre deux barrages dans la province centrale de Homs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « Parmi les 17 tués, trois soldats ont eu la tête coupée », a-t-il précisé. Les jihadistes ont dérobé des armes et des munitions, a indiqué l'OSDH, en précisant qu'ils avaient aussi subi des pertes dans leurs rangs, sans en préciser le nombre.

Plus de 300 Irakiens exécutés
En Irak, Naïm Kaoud, cheikh de la tribu Albounemer à Anbar, a annoncé hier que l'EI a massacré plus de 300 prisonniers appartenant à différentes tribus, selon la chaîne panarabe al-Arabiya. « Les personnes exécutées appartenaient principalement aux tribus d'Alboumahal, de Karabila, d'al-Salmane et d'autres groupes variés ». Le cheikh a également indiqué qu'une partie des exécutions avait eu lieu en Syrie, et l'autre à al-Qaim, ville irakienne frontalière de la Syrie.
De même, le gouverneur de Mossoul Athil al-Noujaifi a annoncé sur sa page Facebook que l'EI avait, au cours des derniers jours, exécuté plus de 300 personnes, dont la moitié appartenait à l'armée irakienne ou à la police de la province de Ninive. Les autres victimes étaient des civils suspectés par l'EI de désapprouver sa présence à Ninive.
Sur le plan diplomatique, les pourparlers entre une partie de l'opposition syrienne et des émissaires de Damas étaient toujours en cours dans la soirée hier à Moscou, après deux jours de discussions stériles qui présagent d'une absence de résultat concret à l'instar du premier volet des négociations moscovites. Selon Mays al-Kridi, du Comité d'action nationale démocratique et qui fait partie d'un groupe d'opposants venus à titre personnel, les deux parties pourraient signer un document en plusieurs points mais sa portée devrait être en grande partie purement symbolique. Après l'échec des premiers pourparlers en janvier, les espoirs d'arriver à un accord probant étaient de toute façon maigres avant même le début de ce nouveau cycle de pourparlers auxquels ont participé une trentaine d'opposants à la représentativité très limitée, dont un grand nombre triés sur le volet par Damas.

(Sources : agences)

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