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Sécurité

L’armée entre en guerre contre les islamistes à Ersal

Dix tués, 32 blessés et treize portés disparus dans les rangs de l'armée, depuis le début des combats, samedi, avec les groupes armés takfiristes à Ersal.

« Ce qui se passe à Ersal » où l’armée et les FSI se sont mobilisées tous azimuts « risque de se propager à l’ensemble du territoire libanais. Il y a un danger que d’aucuns cherchent à minimiser », a prévenu hier, dans une conférence de presse lourde de sens, le commandant en chef de l’armée, Jean Kahwagi. Photo ANI

Une trêve a été décrétée entre l'armée et les takfiristes, dès 21 heures hier, après la médiation des comités des ulémas. Selon une source militaire, le but en est d'abord humanitaire : il s'agit d'accorder quelques heures de répit aux habitants de Ersal, traumatisés par les violences et empêchés, par les takfiristes, de fuir le village. Le député du Futur, Jamal Jarrah, a espéré que cette trêve « règle la situation dans les prochaines 24 heures ». Rien n'était moins sûr, à l'heure où des informations non vérifiées parvenaient à L'OLJ sur des opérations menées tard en soirée sur le terrain...

Quoi qu'il en soit, la trêve ne change pas l'objectif de l'armée : anéantir la présence des takfiristes mobilisés en grand nombre, depuis samedi, dans le village du nord-est de la Békaa, limitrophe de la Syrie, dans une tentative d'assiéger tous les postes de l'armée.

(Lire aussi : Ersal accentue les tensions politico-communautaires)

La source militaire explique à L'OLJ les conditions de la trêve : le retrait des takfiristes et la remise en liberté des treize soldats qui seraient tenus en captivité à la suite des combats.

Les combats ont également fait dix tués et 32 blessés dans les rangs de l'armée, alimentant un élan de solidarité sunnite avec l'institution militaire aussi bien à Ersal qu'au Liban-Nord dans le Akkar, où trois des soldats tués ont été enterrés.


Plus tôt dans la journée, le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, avait insisté, lors d'un point de presse à Yarzé, sur la détermination de l'armée à éradiquer « un danger que d'aucuns tendent à minimiser ». « La situation est beaucoup plus grave que d'aucuns veulent le croire », a-t-il encore ajouté, appelant « tous les responsables politiques et religieux à prendre garde à ce qui se prépare désormais pour le pays, puisque tout dérapage, dans n'importe quelle région, pourrait être très dangereux ». « Ce qui se passe à Ersal atteindra l'ensemble du territoire, parce que nous savons tous l'enchevêtrement des régions au Liban », a-t-il souligné, appelant également à une solution à la situation des réfugiés, « afin d'éviter le développement d'îlots de terrorisme ». Effectivement, tard en soirée hier, l'armée a effectué des perquisitions dans un camp de réfugiés à Baalbeck, tandis que les Brigades des sunnites libres de Baalbeck déclaraient qu'ils étaient « prêts à participer à n'importe quelle bataille jusqu'à la victoire ».

Pour revenir aux combats à Ersal, le chef de l'armée a précisé que ces attaques « étaient planifiées depuis longtemps ». « Le prévenu Imad Ahmad Jomaa (dont l'arrestation a déclenché ces batailles) a avoué qu'il planifiait une vaste opération contre les postes et positions de l'armée. Ce n'est pas vrai que l'attaque a commencé parce que Jomaa a été arrêté », a-t-il insisté. « Cette attaque terroriste n'est ni fortuite ni spontanée, mais préméditée et depuis longtemps, semble-t-il, dans l'attente du bon timing. C'est ce qui explique la rapidité de manœuvre des terroristes dans l'encerclement des postes militaires et l'enlèvement des soldats », a-t-il ajouté.

(Lire aussi : Mokbel à l'OLJ : « Aucune coordination entre l'armée et le Hezbollah à Ersal »)

« Une opération planifiée »

S'agissant des détails du terrain, le général Kahwagi a rapporté que « des éléments armés ont commencé à se regrouper en nombre impressionnant, peu après l'arrestation de Jomaa, avant de mener une vaste attaque contre des postes militaires avancés. Ils ont tenté d'encercler tous les postes de tous les côtés, et en grand nombre », a-t-il poursuivi, avant de relever aussitôt que « l'armée a réussi une contre-attaque rapide et directe pour libérer le périmètre autour des postes ». « Nous avons ainsi réussi à protéger les positions de Masyada et de Wadi Hmayed, mais le poste de Tallet el-Hosn est malheureusement tombé entre les mains des éléments armés. »
Il a déclaré que « les opérations se poursuivent pour récupérer tous les postes et combattre les terroristes déployés dans la zone. L'armée a recours à des canons, des lance-roquettes et des armes aériennes ».

Hier, de nouvelles troupes, incluant également des unités d'élite et la huitième brigade ont été appelées en renfort aux côtés de l'unité des forces héliportées opérant sur le terrain.
Des combats violents ont été menés au niveau de la caserne 83, située près de l'école technique de Ersal, s'achevant sur une reprise de contrôle par les forces héliportées, selon un communiqué de l'armée publié après l'annonce de la trêve.
En même temps, les combats se sont étendus jusqu'aux limites du village de Laboué, où étaient positionnés les médias (qui ont d'ailleurs été priés par l'armée de quitter les lieux pour leur sécurité). La Croix-Rouge peinait, elle aussi, à dépasser cette limite afin de secourir les blessés.

(Pour mémoire : Le neveu de Nasrallah aurait été tué dans les combats contre l'ASL)


Parallèlement aux combats, les éléments armés n'ont pas épargné les civils qui fuyaient le village à pieds ou en voiture. L'exode à pieds était devenu impossible dès 16 heures, avec l'intensification des tirs. Plusieurs civils ont essuyé les tirs des miliciens voulant les retenir dans le village. Des Syriens réfugiés à Ersal ont également fui les combats. Selon un habitant local interrogé par L'OLJ, un camp de réfugiés aurait même pris feu.

Silence officiel sur les chiffres

Aucune information officielle n'a été fournie sur le nombre de takfiristes présents à Ersal. Samir Mokbel a fait état à L'OLJ d'un nombre « ne dépassant pas les 2 500 dans toute la zone de Ersal, y compris le jurd ». Des médias citant des sources militaires font pourtant état d'au moins 5 000 combattants.
Sur ce point, le commandant en chef de l'armée a seulement précisé que « les éléments armés sont étrangers au Liban et relèvent des différentes formes actuelles de takfirisme. Ces éléments sont de diverses nationalités et se trouvaient en dehors des frontières. Ils sont arrivés au Liban après une coordination avec des individus implantés à l'intérieur des camps de réfugiés ».

(Lire aussi : Abou Bakr al-Baghdadi, entre la barbarie de ses actions et l'ubiquité de ses silences)

Rien d'officiel n'a été fourni sur le sort des treize soldats portés disparus. L'État islamique (Daech) a toutefois publié les photos de six soldats qu'il retiendrait prisonniers.
Un soldat, isolé depuis samedi dans la région de Masyada reprise hier par la troupe, a été libéré.
Les miliciens avaient en outre attaqué samedi un poste de gendarmerie dans la localité de Ersal, selon des sources des services de sécurité. Deux civils ont été tués dans l'attaque et une vingtaine de gendarmes pris en otages dans un bâtiment contrôlé par des miliciens et qui appartient à cheikh Moustapha Hojeiry, dénommé « Abou Takiyé ».

« Nous désertons l'armée... »





Dans une vidéo publiée hier par le Front al-Nosra et dont l'authenticité n'a pas été confirmée, les membres des FSI annoncent avoir « fait défection en raison des agissements de l'armée et du Hezbollah à Ersal, et des agissements du parti chiite en Syrie ». Une position adoptée à l'évidence sous la pression d'autant que ces gendarmes disent avoir « déserté l'armée » alors qu'ils sont membres des FSI. Autre élément frappant, ils disent au même titre avoir « déserté le Hezbollah ».
Des informations circulant sur les réseaux sociaux ont en outre fait état de la fuite de l'un des gendarmes pris en otage.
Dans une déclaration à la LBC, hier, cheikh Moustapha Hojeiry a assuré que les membres des FSI sont « ses invités » et qu'ils seront remis à leurs proches « dès que la situation sur le terrain le permettra ». Il a également indiqué être menacé par les partisans de Imad Jomaa.


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commentaires (6)

TITRE FAUX ! L'ARMÉE SE VOIT, PAR LE CHOIX ET LES CONNERIES D'AUTRUI, EN PLEINE GUERRE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

20 h 58, le 04 août 2014

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Commentaires (6)

  • TITRE FAUX ! L'ARMÉE SE VOIT, PAR LE CHOIX ET LES CONNERIES D'AUTRUI, EN PLEINE GUERRE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 58, le 04 août 2014

  • LA FOUDRE DEVRAIT TOMBER SUR TOUS SANS DISTINCTION AUCUNE... QUI SONT DES TAKFIRISTES ET QUI NE LE SONT PAS ? QU'EN EST-IL DE L'ABRUTISSEMENT QUI S'ENTÊTE À BOYCOTTER LES ÉLECTIONS ET CELUI QUI S'ENTÊTE À BOYCOTTER LE DIALOGUE ??? QU'EN EST-IL DE L'ABRUTISSEMENT QUI REçOIT DES ORDRES ET FOURRE LE NEZ DU LIBAN LÀ Où çA NE LE REGARDE PAS... ET CELUI QUI REçOIT DES ORDRES DE N'ÊTRE QUE NÉGATIF EN TOUT ??? ENFIN QU'EN EST-IL DES ABRUTIS PANURGES CHRÉTIENS ? QUAND LE PATRIARCHE LES ENVERRAIT SE PROMENER CHEZ BELZÉBUTH ? ET NOMMERAIT UN LEADER CHRÉTIEN QUI SAUVERAIT LA CHRÉTIENTÉ ET LE PAYS ? CEUX QUI OSERAIENT SE DRESSER CONTRE UNE TELLE INTITIATIVE CHRÉTIENS OU NON CHRÉTIENS NE SERAIENT QUE DES ABRUTIS...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 21, le 04 août 2014

  • Un pays de la surface du nôtre ne peut pas avoir plusieurs groupuscules armés et circulant librement! Ce qui arrive aujourd´hui est le résultat de longues années d´indifférence de la part de l´Etat. L´Armée et les Forces de Sécurité doivent être les seuls a circuler avec des armes pour protéger les citoyens et le Pays qui s´enlise de plus en plus dans le gouffre.... Quad est ce que nous allons apprendre cela ? Après que le Liban se désintègre totalement ?

    Spiridon Araman

    11 h 25, le 04 août 2014

  • Loin des avis des politiciens ,l'armée libanaise devra elle seule triompher devant touts les terroristes et de toutes les couleurs .

    Sabbagha Antoine

    07 h 52, le 04 août 2014

  • Ils font la merde et l'armée est obligée de nettoyer derrière !!

    Halim Abou Chacra

    04 h 54, le 04 août 2014

  • Le "commandant" en chef de l'armée a seulement précisé que les éléments armés sont des "étrangers" et relèvent des différentes formes actuelles de "takfirisme". Takfirisme ? C'est quoi le "takfirisme", commandant ? Est-il chïïte ou sunnite ? Y-a-t-il des Iraniens en son sein ? "Ces éléments sont arrivés au Liban après une coordination avec des individus implantés à l'intérieur des camps de réfugiés (palestiniens ou syriens ?)" ! Peut-être bien aussi, qu'ils étaient "implantés" dans les camps "d'entrainement" du hézébbb-là ?!

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    02 h 50, le 04 août 2014