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Entretien

Joumblatt à « L’OLJ » : Prochaine initiative en direction des leaders chrétiens « pour faire face au danger des huns »

D'aucuns lui attribuent la capacité de jouer en quelque sorte le rôle de baromètre de l'évolution d'une situation donnée, tant sur le plan local que régional. Nombre d'observateurs se fient dans ce cadre à son jugement, affirmant qu'il a le bon flair politique qui lui permet de percevoir, en amont, dans quelle direction le vent souffle. D'autres, par contre, se montrent plus circonspects, estimant qu'il s'emploie à dramatiser exagérément une conjoncture déterminée pour justifier après coup l'un de ses revirements brutaux dont il s'est rendu célèbre...

Il est facile, et peut être même plaisant, de se livrer dans ce contexte à toute sorte de supputations, mais pour l'heure, les faits parlent d'eux-mêmes. Le leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, tire la sonnette d'alarme et affirme que le danger de Daech est bel et bien à nos portes, ce qui nécessite impérativement de surmonter toutes les susceptibilités d'ordre personnel ou partisan et de mobiliser tous azimuts l'ensemble des forces et des potentialités disponibles au plan local pour faire face aux « huns » qui sont à nos portes, et qui ont envahi Ersal au cours du week-end écoulé.

(Lire aussi : L'armée entre en guerre contre les islamistes à Ersal)

« Il est urgent de tout mettre en œuvre afin de protéger l'armée, de protéger le pays, de manière à affronter le danger de type Mongol », déclare à L'Orient-Le Jour Walid Joumblatt qui prend très au sérieux la menace que fait planer Daech, d'autant qu'il craint que Ersal « ne soit que le début ». Dans un entretien téléphonique hier soir avec L'OLJ, le leader du PSP relève, sur un ton alarmant, que les miliciens se réclamant de « l'État islamique » (autre appellation de Daech) ont bousculé et aboli les frontières de Sykes-Picot, et contrôlent désormais dans l'ensemble de la région un territoire de 600 kilomètres de large et 700 kilomètres de long, soit une superficie d'à peu près 400 000 kilomètres carrés, comprenant notamment d'importants puits de pétrole. « Hier (dimanche), ils ont occupé une localité kurde », précise-t-il, en soulignant clairement que la mise en garde qu'il lance à ce sujet ne signifie nullement qu'il justifie l'implication du Hezbollah dans les combats en Syrie.

S'élevant contre « l'hypocrisie américaine et occidentale », M. Joumblatt s'interroge – en cachant mal son amertume, voire son sentiment de révolte à ce propos – sur les raisons pour lesquelles « certaines frontières ont été ouvertes de la sorte à tous ces extrémistes ». Il prend bien soin de s'abstenir de préciser à quelles frontières il fait allusion, mais il pousse son raisonnement jusqu'au bout en demandant, sans vouloir verser dans la « théorie du complot », pourquoi ces frontières n'ont pas été ouvertes pour fournir l'aide requise à l'opposition syrienne modérée, en l'occurrence à l'Armée syrienne libre, alors que présentement les organisations extrémistes reçoivent à travers ces points de passage tout le soutien nécessaire qui leur permet d'étendre rapidement leur zone d'influence dans la région.

(Lire aussi : Une bataille qui s'annonce longue et coûteuse..., l'éclairage de Jeanine Jalkh)

« Lorsque l'on déchaîne un monstre, souligne Walid Joumblatt, on finit par être emporté par lui. Les Américains et certains pays arabes ont appuyé par le passé les talibans pour combattre les Soviétiques en Afghanistan et, en définitive, cela s'est retourné contre eux. De la même façon, le régime syrien a favorisé l'émergence des fondamentalistes au début de la révolte en Syrie, et actuellement cela se retourne contre lui, comme le montrent les événements des derniers jours. Le régime syrien pensait pouvoir réprimer rapidement la rébellion en juin ou juillet 2011, or nous en sommes à la quatrième année. »

Revenant à la charge pour dénoncer l'invasion de ceux qu'il qualifie de « huns » ou de « Mongols », Walid Joumblatt met en garde contre « la destruction du patrimoine chrétien et musulman ». « Nous devons tous nous unir contre ce danger », souligne-t-il, en indiquant qu'il entreprendra dans les tous prochains jours « une initiative en direction des chrétiens, plus précisément des leaders chrétiens et des deux principaux pôles », en l'occurrence le général Michel Aoun et le leader des Forces libanaises, Samir Geagea. Le député Henri Hélou, candidat du bloc joumblattiste à la présidence de la République, sera largement mis à contribution dans cette initiative, précise le leader du PSP, qui indique qu'il entamera sa démarche par un contact, dont il n'a pas dévoilé la nature, avec le général Michel Aoun.

(Lire aussi : « Les jours à venir seront très difficiles pour le Liban et le monde arabe »)

Une source digne de foi a indiqué en soirée à L'OLJ que cette initiative se concrétisera par une visite que MM. Joumblatt et Hélou pourraient effectuer sous peu au général Aoun, à Rabieh, et à M. Geagea, à Maarab. Le dossier de la présidentielle sera, à l'évidence, au centre de cette initiative. Il s'agit là d'une lapalissade. Dans son entretien téléphonique hier soir avec L'OLJ, le leader du PSP a en effet clairement souligné que « le vide au niveau de la présidence de la République est dangereux ». « Il est impératif d'élire un président de la République afin de pouvoir protéger l'armée et le pays, et afin de faire face au danger qui frappe à notre porte », affirme M. Joumblatt.

Une incertitude persiste toutefois à cet égard : l'attitude réelle du décideur régional – en l'occurrence le pouvoir des mollahs iraniens – qui a pris la présidence de la République en otage, via le Hezbollah et donc le général Aoun, pour l'utiliser comme instrument de marchandage dans ses négociations actuelles avec les États-Unis et les pays occidentaux. Téhéran est-il disposé à faire preuve d'altruisme et à libérer l'otage qu'il détient jalousement depuis plusieurs mois ? Rien n'est moins sûr... Mais, malgré tout, l'affaire est à suivre.


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D'aucuns lui attribuent la capacité de jouer en quelque sorte le rôle de baromètre de l'évolution d'une situation donnée, tant sur le plan local que régional. Nombre d'observateurs se fient dans ce cadre à son jugement, affirmant qu'il a le bon flair politique qui lui permet de percevoir, en amont, dans quelle direction le vent souffle. D'autres, par contre, se montrent plus...

commentaires (6)

POUR FAIRE FACE AUX DANGERS DES HUNS... ET DES UNS... LES FORCES LIBANAISES DEVRAIENT REDEVENIR "DES FORCES !!!" LES KATAÊB ET LES FORCES LIBANAISES DEVRAIENT S'UNIR EN UNE SEULE "FORCE"... ET NON ÊTRE DEUX ÉCORCES !!! LES AUTRES BREBIS GALEUSES DE LA CHRÉTIENTÉ DEVRAIENT AUSSI EN FAIRE PARTIE... SINON, LE CALVAIRE DE LA CHRÉTIENTÉ SUR LA VOIE DU GOLGOTHA, AVEC LES PONCES PILATES, BOURREAUX QUI ONT INITIÉ LA CRUCIFIXION DE LA CHRÉTIENTÉ DU MOYEN ORIENT, ABRUTIS OCCIDENTAUX QUI SE LAVENT DÉJÀ LES MAINS, ABRUTISSEMENT PERSIQUE ET ARABIQUE LES MAINS PLEINS DE SANG... A COMMENCÉ ! CHRÉTIENS, VOUS POUVEZ ENCORE L'ARRÊTER... REDEVENEZ "DES FORCES" ET NE SOYEZ PLUS "DES ÉCORCES" !!! LA SITUATION LE DEMANDE... LA LOGIQUE L'IMPOSE... LA CHRÉTIENTÉ DE CETTE RÉGION L'EXIGE !!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

21 h 13, le 04 août 2014

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Commentaires (6)

  • POUR FAIRE FACE AUX DANGERS DES HUNS... ET DES UNS... LES FORCES LIBANAISES DEVRAIENT REDEVENIR "DES FORCES !!!" LES KATAÊB ET LES FORCES LIBANAISES DEVRAIENT S'UNIR EN UNE SEULE "FORCE"... ET NON ÊTRE DEUX ÉCORCES !!! LES AUTRES BREBIS GALEUSES DE LA CHRÉTIENTÉ DEVRAIENT AUSSI EN FAIRE PARTIE... SINON, LE CALVAIRE DE LA CHRÉTIENTÉ SUR LA VOIE DU GOLGOTHA, AVEC LES PONCES PILATES, BOURREAUX QUI ONT INITIÉ LA CRUCIFIXION DE LA CHRÉTIENTÉ DU MOYEN ORIENT, ABRUTIS OCCIDENTAUX QUI SE LAVENT DÉJÀ LES MAINS, ABRUTISSEMENT PERSIQUE ET ARABIQUE LES MAINS PLEINS DE SANG... A COMMENCÉ ! CHRÉTIENS, VOUS POUVEZ ENCORE L'ARRÊTER... REDEVENEZ "DES FORCES" ET NE SOYEZ PLUS "DES ÉCORCES" !!! LA SITUATION LE DEMANDE... LA LOGIQUE L'IMPOSE... LA CHRÉTIENTÉ DE CETTE RÉGION L'EXIGE !!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    21 h 13, le 04 août 2014

  • Les élections étant 1 chose trop sérieuse pour être laissée sans garde-fous entre les mains d’1 mini- mällim Che qui se trompe sans arrêt ; il conviendrait de prévoir, après chaque élection, un scrutin repentir qui permettrait à la Masse n'ayant pas mesuré l'impact de son vote chafouin de le corriger sans délai. Et lorsque Mon Sieur Goupil de la Renardière avait mal voté en trahissant Sääd le Bien- aimé dans le dos en refusant son maintien en tant que fils Hariri au Caravane-Sarâïy, on aurait dû le forcer à recommencer et il aurait alors maybe(h) bien voté. Et il aura beau clamer qu'il regrettait son vote 1er, qui projeta en fait le fakkîh noirci et le boSSfaïr orangé au centre de ce pouvoir gringalet ! En effet, le résultat de ce 2nd vote aurait été catastrophique pour ces ébaubis orangés-jaunis avec leurs chaussures brunes et noires, celles-là même qui disséminent encore et toujours leurs métastases dans ce pays vu qu’on est resté aux résultats 1ers. Et el-Chebééék, grâce à cet éventuel 2nd vote ; ou choix ; n'aurait plus eu pour fabuleux destin que de répéter sans cesse, à qui s'obstinerait à l'écouter, qu'il ne se trompera plus jamais. Et si on avait malgré tout voté ne fut-ce qu'1 seule fois en "sœur-syrie", mahééék, plutôt que de permettre à ces satanés tyranneaux bääSSdiots aSSadiques père et fils de gouverner sans discontinuer depuis 1 bonne 40aine d’années, qui aurait pu forcer maintenant ces Sains Syriens à se révolter et à se faire ainsi à l'aise massacrer ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 30, le 04 août 2014

  • POUR CELUI QUI NE CONNAIT PAS LE PARCOURT DESASTREUX DE WALID JOUMBLATT, EN LISANT CET ARTICLE, IL VA ADMIRER L'ENNEMI NO 1 DU LIBAN ET LE PREND POUR UN HÉROS. CHER MONSIEUR TOUMA, CONNAISSEZ VOUS LE PARCOURT HISTORIQUE DE WALID JOUMBLATT ? POUR LE METTRE EN VALEUR À CE POINT. VU VOTRE ARTICLE C'EST CLAIR QUE C'EST NON. IL EST TEMPS DE BIEN CONNAITRE NOS HOMMES POLITIQUES UN PAR UN AVANT DE PRENDRE LE CRAYON ET LANCER DES AVIS, SURTOUT EN POLITIQUE. LE PAYS EST FATIGUÉ. MERCI

    Gebran Eid

    09 h 22, le 04 août 2014

  • Avec le contrôle par Daech de 400 000 kilomètres carrés,le Liban sera-t-il avec ses 10000kilomètres carrés, cette proie si facile à avaler ? Espérons que non .

    Sabbagha Antoine

    08 h 14, le 04 août 2014

  • L'analyse du député Walid Joumblatt est très juste quant à l'établissement de Daech et son renforcement qui aboutissent à son "Etat islamique" puissant à cheval entre la Syrie et l'Irak.1-Le manque d'aide en armes (par le sot et lâche Obama) à l'opposition syrienne modérée. 2-"La facilitation délibérée de l'émergence de ces fondamentalistes" par le régime cynique de Damas afin d'avoir en face non une rébellion syrienne légitime, mais "les terroristes" qui servent à ce jour à justifier sa pérennité. 3-La grande erreur des mollahs d'Iran et du Hezbollah d'aider et sauver aveuglément ce régime, ce qui aboutit au renforcément considérable de Daech et de son takfirisme vers l'Irak et vers le Liban, aujourd'hui menacé par cette organisation criminelle sur son territoire même. Un échec retentissant de la politique iranienne et du "jihad" du Hezbollah en Syrie. Quant à la prochaine "initiative" du chef du PSP "en direction des leaders chrétiens" concernant l'élection rapide d'un président de la République "afin de pouvoir protéger l'armée et le pays", espérons qu'il ne sera pas accueilli à Rabieh avec un écriteau clamant : Moi ou personne.

    Halim Abou Chacra

    06 h 26, le 04 août 2014

  • Et pourquoi ne met-il pas l'accent sur le danger du Hezbollah ???? La courageuse armée libanaise se bat avec beaucoup de conviction et nous lui devons notre peu d'indépendance que nous possedons aujourd'hui Les jeunes soldats libanais morts pour nous défendre doivent recevoir toute notre gratitude Je présente modestement mes condoléances à leur famille. J'étais un ancien soldat dans l'armée française, et si je n'avais pas 76 ans et l'âge de m'engager dans l'armée libanaise, je serais aujourd'hui à leur côté. J'ai beaucoup connu l'armée libanaise à Badaro en 1981. E

    FAKHOURI

    02 h 07, le 04 août 2014