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Ersal accentue les tensions politico-communautaires

« Ce qui se passe est le prix de l’implication du Hezbollah en Syrie », accusent les ulémas sunnites et les députés du Liban-Nord. Photo ANI

Jusqu'à hier soir, soit en moins de quarante-huit heures, 10 soldats de l'armée ont été tués dans les combats avec les miliciens du groupe fondamentaliste al-Nosra à Ersal, 13 autres sont portés disparus et 25 autres plus ou moins grièvement blessés. Le bilan est lourd, mais malheureusement moins que les implications de cette nouvelle guerre qui embrase la région nord-est du pays, complètement occultées dans les milieux politiques.

Parce qu'au plan politique, l'heure est encore une fois aux surenchères et aux accusations et contre-accusations alors que le feu risque de s'étendre à d'autres régions libanaises, comme l'ont montré les affrontements nocturnes de Tripoli, la veille. « Ce qui se passe à Ersal est une preuve du danger qui guette le Liban », martèle le Hezbollah, non sans accuser au passage ses adversaires politiques de « justifier les crimes des groupes terroristes organisés » (voir par ailleurs). « Ce qui se passe est le prix de l'implication du Hezbollah en Syrie », accusent les ulémas sunnites et les députés du Liban-Nord. Les ulémas vont cependant jusqu'à fustiger « une conspiration entre l'armée et le parti de Dieu » à Ersal. Pour jeter de l'huile sur le feu, autant reconnaître qu'on ne pouvait mieux faire.

(Lire aussi : Mokbel à l'OLJ : « Aucune coordination entre l'armée et le Hezbollah à Ersal »)


Les deux camps adverses peuvent-ils cependant se payer le luxe d'attiser une discorde qui non seulement peut dégénérer en guerre fratricide, mais qui risque de nourrir l'élément « daéchiste » dans le pays ? Peuvent-ils se payer le luxe d'un nouveau Nahr el-Bared ?
Membre du courant du Futur, le député Ahmad Fatfat se montre plutôt confiant et souligne à L'Orient-Le Jour que Ersal a un contexte qui lui est propre, qui est différent de Tripoli, de Saïda ou de toute autre région à majorité sunnite, ce qui fait qu'à ses yeux, il n'y a aucun risque que le feu de Ersal s'étende à d'autres zones du pays.

Deux grosses erreurs

Pour lui, il ne s'agit pas de critiquer pour critiquer ou d'accuser pour accuser. « Le problème est que lorsque nous exposons et expliquons un problème, le Hezbollah s'empresse de nous accuser de justifier » un fait déterminé. « Or, en tant que médecin, je dois donner un diagnostic avant de proposer un traitement », précise-t-il, en expliquant qu'il y a eu deux « grosses erreurs » commises qui font que le Liban est exposé aujourd'hui au danger « daéchiste ». « La première est que personne n'a voulu donner suite à l'appel du 14 Mars au verrouillage des frontières avec la Syrie et à l'extension du champ d'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité pour que la Finul et l'armée se déploient tout le long de ces frontières », regrette le député avant de rappeler que le Hezbollah s'y était opposé pour pouvoir continuer de passer à sa guise dans le pays voisin et préserver la liberté de circulation de ses armes.

Or les combats de Ersal ont remis cette revendication sur le tapis. On apprend dans ce cadre que le leader des Kataëb, Amine Gemayel, a demandé au ministre du Travail, Sejaan Azzi, de relancer le sujet au cours du prochain Conseil des ministres pour que celui-ci présente au Conseil de sécurité une demande d'extension du mandat de la Finul aux frontières est.

(Lire aussi : Joumblatt à « L'OLJ » : Prochaine initiative en direction des leaders chrétiens « pour faire face au danger des huns »)


La deuxième erreur, selon M. Fatfat, a été « le refus » d'organiser les camps de réfugiés syriens, comme en Jordanie ou en Turquie. « Il fallait dès le départ songer à aménager des camps pour cerner et gérer la présence et le flux de déplacés de Syrie. Aujourd'hui, il y a près d'un million et demi de réfugiés, et le Liban dans son ensemble est devenu un grand camp pour les réfugiés syriens », déplore-t-il, en signalant la présence de « plus de 100 000 réfugiés, rien qu'à Ersal ». Avec des frontières comme des passoires, la circulation d'armes et de combattants est des plus faciles.
Si le Liban est confronté à un sérieux problème du fait de ces facteurs auxquels il faut ajouter celui des armes illégales, contre lesquels le 14 Mars continue de s'opposer farouchement, rappelle le député, il reste que celui-ci n'est pas insoluble, selon M. Fatfat, mais à condition qu'une intention politique se manifeste à ce niveau. Or celle-ci n'existe toujours pas.

Des contacts pour armer les forces régulières

Est-ce à dire qu'une guerre est ouverte avec « le terrorisme venu de Syrie » ? Selon les informations fournies par notre ancienne correspondante au palais de Baabda, Hoda Chédid, le Conseil des ministres s'apprête à publier un communiqué qu'il veut comme la preuve d'un soutien unanime à l'armée dans sa bataille contre les combattants d'al-Nosra.

(Lire aussi : Abou Bakr al-Baghdadi, entre la barbarie de ses actions et l'ubiquité de ses silences)


Parallèlement, des contacts seraient en cours avec les Américains et les Français pour qu'ils livrent aux forces régulières des armes qui correspondent à la nature de la bataille qu'elles mènent actuellement aux frontières avec la Syrie.

Sauf que le Rassemblement national islamique, en même temps que d'autres personnalités sunnites, ont mis en garde contre toute décision qui « détournerait l'armée de sa mission nationale fédératrice ». Le Rassemblement, au nom duquel le député Mohammad Kabbara a donné lecture d'un communiqué, redoute que les forces régulières « ne deviennent semblables à celles de Maliki, dans l'Irak du wali el-fakih ».
Pour lui, ce qui se passe à Ersal « n'est qu'un des maillons du complot irano-assadiste visant à contrôler le Liban en assujettissant les sunnites qui font face seuls au plan criminel exécuté par wilayat al-fakih, de l'Irak de Maliki au Liban, en passant par le régime d'Assad ». Il a insisté sur le fait que les sunnites n'autoriseront pas une extension des événements de Ersal à d'autres régions et souligné « que ces derniers refusent que leurs fils, qu'ils soient civils ou militaires, soient utilisés comme des boucliers humains pour protéger la milice du parti d'Iran ». « Celui qui veut empêcher une agression extérieure contre son territoire aurait dû empêcher la milice du parti d'Iran d'agresser le peuple syrien. Si l'armée s'était déployée dès le départ à la frontière, nous n'en serions pas arrivés là », a poursuivi M. Kabbara.
Le Rassemblement a réclamé « une accélération de l'enquête avec Imad Jomaa – un des responsables d'al-Nosra – pour qu'il soit relâché rapidement si aucune charge n'est retenue contre lui ».

Dans le même temps, le député Imad el-Hout s'est interrogé sur le timing et les motifs de l'arrestation de Jomaa en demandant à savoir qui a ordonné son interpellation « sans plan de sécurité, sachant que ses combattants étaient tout proches ». Il a déploré que « l'armée soit poussée à suivre une politique déséquilibrée en punissant ceux qui soutiennent les rebelles en Syrie et en fermant les yeux sur ceux qui aident publiquement le régime syrien ».

Le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a abondé dans le même sens en accusant sans ambages le Hezbollah, mais sans le nommer, de « nous avoir plongés dans ce bourbier », en estimant que « la solution est unique et réside dans un retour à l'État parce que le Libanais n'a pas la capacité de payer le prix d'aventures non calculées ». Selon lui, « la solution n'est pas sécuritaire ou militaire, mais principalement politique. Les services de sécurité ne font en définitive qu'appliquer la décision politique ».


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Jusqu'à hier soir, soit en moins de quarante-huit heures, 10 soldats de l'armée ont été tués dans les combats avec les miliciens du groupe fondamentaliste al-Nosra à Ersal, 13 autres sont portés disparus et 25 autres plus ou moins grièvement blessés. Le bilan est lourd, mais malheureusement moins que les implications de cette nouvelle guerre qui embrase la région nord-est du pays,...

commentaires (3)

Ce n’est pas parce qu’elle est toussotante dans cette conTrée, qu’il faut désespérer de la Sanité. Elle aura tout le temps de ménager aux Sains libanais 1 pause bleue Méditerranée et leur masquer tout ce qui, autour d’eux, s’aigrit. Et de leur faire oublier ceux qui, fakkîhàRiens, les mauvaises questions posent et leur apportent des réponses pire encore ; ce qui se révèle être hyper Malsain, cassant les pieds à ces 14 Sains libanais sur les baskets desquels il n’est + question de marcher. Sans compter ceux qui fakkihistes donc, pêle-mêle insultent, lynchent et/ou moralisent. Et vont jusqu’à refuser la présomption d’innocence à ce Tâëf.... ou aux "sunnites" ; kifkif ! Ou se demandent qui c’est?, pour savoir s’il est fakîhdiotement ou à la façon du walïï correct d’accorder leur sympathie ou leur répulsion à ce quelconque Sain. La liste de ces fâcheux n’est pas limitative. On y ajoutera pour faire bon poids ceux qui gonflent les Sains en leur répétant que ce fakkîhIranàR(y)ienisme n’a Rien à voir, mais alors vraiment Rien, mahééék, avec l’intégrisme genre fascisant non-laïc. Comme s’il était indispensable de ressasser cette même antienne tant leurs comportements prêtent peu à confusion. Ou tant certains autres still 1 peu moins Coinniques ont honte enfin, de leur prêter encore la main ! Oui, que tous les fakkîhdiotistes de ce patelin lâchent ; yâ allâh ; 1 chouia ces 14 éhhh Sains, ne serait-ce ; yîîîh ; que durant Ïdéssâïydéééh ou Ïîîîdélfitr !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

15 h 48, le 04 août 2014

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Commentaires (3)

  • Ce n’est pas parce qu’elle est toussotante dans cette conTrée, qu’il faut désespérer de la Sanité. Elle aura tout le temps de ménager aux Sains libanais 1 pause bleue Méditerranée et leur masquer tout ce qui, autour d’eux, s’aigrit. Et de leur faire oublier ceux qui, fakkîhàRiens, les mauvaises questions posent et leur apportent des réponses pire encore ; ce qui se révèle être hyper Malsain, cassant les pieds à ces 14 Sains libanais sur les baskets desquels il n’est + question de marcher. Sans compter ceux qui fakkihistes donc, pêle-mêle insultent, lynchent et/ou moralisent. Et vont jusqu’à refuser la présomption d’innocence à ce Tâëf.... ou aux "sunnites" ; kifkif ! Ou se demandent qui c’est?, pour savoir s’il est fakîhdiotement ou à la façon du walïï correct d’accorder leur sympathie ou leur répulsion à ce quelconque Sain. La liste de ces fâcheux n’est pas limitative. On y ajoutera pour faire bon poids ceux qui gonflent les Sains en leur répétant que ce fakkîhIranàR(y)ienisme n’a Rien à voir, mais alors vraiment Rien, mahééék, avec l’intégrisme genre fascisant non-laïc. Comme s’il était indispensable de ressasser cette même antienne tant leurs comportements prêtent peu à confusion. Ou tant certains autres still 1 peu moins Coinniques ont honte enfin, de leur prêter encore la main ! Oui, que tous les fakkîhdiotistes de ce patelin lâchent ; yâ allâh ; 1 chouia ces 14 éhhh Sains, ne serait-ce ; yîîîh ; que durant Ïdéssâïydéééh ou Ïîîîdélfitr !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 48, le 04 août 2014

  • Monsieur Rifi est un homme de bon sens ..., mais sera t il entendu...par les autistes 'politichiens' ...??

    M.V.

    09 h 43, le 04 août 2014

  • Chiites , sunnites et chrétiens devront comme à l’aube de 1943 se réunir pour se réconcilier avant tout et ensuite rechercher un terrain d’entente , ou une nouvelle charte pour sauver le pays de ce séisme qui risque de briser sa mosaïque unique au monde .

    Sabbagha Antoine

    08 h 29, le 04 août 2014