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Économie - Une Femme, Un Métier

Lana, 32 ans, cardiologue : « Au Liban, un scanner cardiaque est devenu l’apanage des riches »

« Les examens que l’on prescrit dépendent de la couverture médicale de nos patients », déplore la cardiologue.

Cardiologie interventionnelle, échographie cardiaque, insuffisance circulatoire, master 2 en imagerie et signaux... À 30 ans seulement, Lana compte déjà de nombreux diplômes à son actif quand elle décide de rentrer au Liban.


Après quatre ans de spécialisation en France, la jeune femme n'a alors pas de mal à se faire recruter dans un des meilleurs services de cardiologie de Beyrouth.
Si sur le plan financier elle ne regrette pas son retour au Liban, Lana confie avoir du mal à s'adapter aux spécificités du système de soins libanais.


« En tant que médecin, nous nous préoccupons trop de l'aspect pécuniaire au quotidien, regrette-t-elle. Parmi nos patients, certains sont couverts par la CNSS, d'autres ont souscrit une assurance privée, mais tous ne sont pas bien assurés. Les examens que l'ont prescrit dépendent alors de leur couverture médicale. »
« Au Liban, un scanner coronaire (dépistage des problèmes cardio-vasculaires) est alors vraiment devenu l'apanage des riches! » Pour le jeune médecin, il s'agit là d'une difficulté majeure dans l'exercice de son métier au quotidien. « Que faire, par exemple, lorsque l'on est confronté à un problème cardiaque en urgence ? Attendre de vérifier que le patient soit bel et bien assuré avant d'intervenir ? » s'indigne-t-elle.


La jeune femme s'y refuse et assume alors de nombreuses interventions sous sa responsabilité. « Il m'est arrivé une fois de dépister un problème cardiaque à soigner de toute urgence alors que j'effectuais un examen coronaire sur un patient, raconte-t-elle. Mais, pour cela, il me fallait déboucher une artère, opération qui nécessite 7 000 dollars. Si d'autres hôpitaux refusent d'intervenir sans avoir été réglés au préalable, de mon côté j'ai alors pris sous ma responsabilité l'intervention. »


En prenant de tels choix, le jeune médecin se heurte à chaque fois au risque de devoir rembourser elle-même la somme à son propre hôpital, au cas où le patient ou l'assurance refuserait de régler l'intervention.
« Malgré cela, continuerais-je à pratiquer ainsi mon métier ? Oui, réponds Lana. Pour les vraies urgences en tout cas. Je ne veux pas devenir comme certains de ces médecins qui en oublient le sens même de leur profession. Au pire, même si je dois rembourser les sommes dues, j'aurai au moins sauvé des vies. »
Pour de tels choix pris au cours des six derniers mois, le médecin a ainsi dû s'acquitter de 3 000 dollars de remboursement auprès de son hôpital. Le prix, pour avoir soigné des patients dans l'urgence.

 

« Les médecins sont mieux rémunérés qu'en France »
D'un point de vue financier, en revanche, Lana s'estime mieux lotie au Liban qu'en France.
« Même si j'avoue ne pas compter mes heures, les médecins restent mieux rémunérés ici », confie-t-elle. La jeune femme travaille environ 90 heures par semaine, mais comme ses pairs, elle n'est pas rémunérée au temps travaillé mais aux interventions menées. « Par jour, je dois consacrer environ six heures de temps aux visites, lesquelles ne sont pas rémunérées. Ce sont les examens et les interventions qui le sont. » Ainsi, le salaire mensuel varie, mais Lana l'estime à entre 5 000 et 10 000 dollars par mois. « Un bon salaire », considère-t-elle. Mais, pour la jeune femme, le salaire ne suffira pas à la faire rester au Liban si la situation sécuritaire continue de trop se dégrader. « L'argent n'achète pas la sécurité », conclut-elle.

 

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Cardiologie interventionnelle, échographie cardiaque, insuffisance circulatoire, master 2 en imagerie et signaux... À 30 ans seulement, Lana compte déjà de nombreux diplômes à son actif quand elle décide de rentrer au Liban.
Après quatre ans de spécialisation en France, la jeune femme n'a alors pas de mal à se faire recruter dans un des meilleurs services de cardiologie de Beyrouth.Si sur le plan financier elle ne regrette pas son retour au Liban, Lana confie avoir du mal à s'adapter aux spécificités du système de soins libanais.
« En tant que médecin, nous nous préoccupons trop de l'aspect pécuniaire au quotidien, regrette-t-elle. Parmi nos patients, certains sont couverts par la CNSS, d'autres ont souscrit une assurance privée, mais tous ne sont pas bien assurés. Les examens que l'ont prescrit dépendent alors de...
commentaires (3)

SI ÇA SE LIMITAIT SEULEMENT AU SCANNER.... !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

18 h 24, le 26 novembre 2013

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Commentaires (3)

  • SI ÇA SE LIMITAIT SEULEMENT AU SCANNER.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 24, le 26 novembre 2013

  • TOUS LES HÔPITAUX SONT DEVENUS L'APANAGE DES RICHES... LES PAUVRES, QUI ARRIVENT EN URGENCE,ET N'AYANT PAS À PAYER D'AVANCE, EXPIRENT LE PLUS SOUVENT À LEURS SEUILS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 13, le 26 novembre 2013

  • Bravo Docteur Lana, si seulement vos collègues pouvaient suivre votre exemple. "certains de ces médecins qui en oublient le sens même de leur profession" C'EST LA TRISTE VÉRITÉE!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Georges Zehil Daniele

    08 h 47, le 25 novembre 2013

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