Les secours s'affairent sur le site de la frappe israélienne à Deir Zahrani (Nabatiyé), le 15 aout 2026, au Liban-Sud. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Réagissant aux deux frappes israéliennes meurtrières contre les localités de Ansar et Deir Zahrani dans la nuit de vendredi et samedi matin, le Hezbollah a menacé les Israéliens d’une « riposte appropriée » en cas de poursuite de leurs attaques en territoire libanais.
Les deux attaques israéliennes ont fait pas moins de 11 morts et plusieurs blessés, et ont été les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu très relatif mis en place en juin. Une trêve respectée en apparence par le Hezbollah, alors que l’armée israélienne poursuivait ses opérations de manière générale par des tirs d’artillerie et des destructions d'habitations à grande échelle. Les deux dernières attaques cependant ont été justifiées par l’État hébreu comme étant des représailles contre des opérations que le Hezbollah n’a pas revendiquées.
Le parti chiite a d’emblée accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « d’avoir ordonné cette escalade pour consolider sa position politique à la veille des élections législatives en octobre, faisant assumer au gouvernement israélien et aux États-Unis la responsabilité de cette escalade.
Mais c’est contre le gouvernement libanais que le Hezbollah s’est surtout déchaîné, lançant un véritable réquisitoire contre les négociations libano-israéliennes directes sous parrainage américain. « Les autorités devraient renoncer aux négociations directes humiliantes, et arrêter d’offrir des cadeaux gratuits à l’ennemi, en faisant fi de tous ses crimes et ses attaques », affirme le parti dans son communiqué distribué à la presse.
Ces pourparlers directs avaient commencé en avril dernier, donnant lieu à un accord-cadre signé par les deux parties en juin en vue d’un retrait israélien progressif de « zones pilotes », suivi d’un déploiement de l’armée libanaise. Après la mise en place d’une première zone pilote à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé) en juillet, l’application de l’accord a tourné court, et le dernier round de négociations à Rome début août n’a pas permis d’avancées majeures.
Pour le Hezbollah, les autorités libanaises devraient effectuer une « remise en question complète », au lieu de « continuer à courir après des pourparlers sous l’influence de Washington ». « Miser sur la médiation et les garanties américaines est un pari voué à l’échec, car l’Américain est l’allié de l’Israélien et complice de ses crimes au Liban », poursuit le texte.
Le parti pro-iranien en a profité pour fustiger « les derniers propos arrogants et provocateurs de l’ambassadeur des États-Unis au Liban (Michel Issa) qui a appelé au désarmement du Hezbollah au lieu de faire pression sur l’ennemi israélien en vue d’un retrait des régions occupées au Sud ». Vendredi, suite à un entretien avec le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné, M. Issa avait assuré que « les démolitions israéliennes s’arrêteront quand le Hezbollah remettra ses armes », précisant qu’il avait demandé à M. Berry de faire passer le message à son allié.
« Tous les Libanais doivent comprendre le danger de la méthode adoptée par les autorités au détriment de l’unité, la sécurité et l’indépendance du pays. Et l’ennemi israélien devrait comprendre que ses violations et ses tentatives d’imposer un fait accompli ne peuvent se poursuivre, et qu’elles attireront la riposte qui leur correspond », conclut le communiqué.


