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Dernières Infos - guerre au liban 2026

Frappe à Ansar et exode des habitants : « Un seul raid dans la nuit a suffi »

Plusieurs habitants de ce village de Nabatiyé, où une frappe israélienne a fait sept tués et plusieurs blessés, racontent leur inquiétude à notre correspondant Mountasser Abdallah.

Frappe à Ansar et exode des habitants : « Un seul raid dans la nuit a suffi »

Les premiers secours recherchent des survivants parmi les décombres à la suite d'une frappe aérienne israélienne qui a visé une maison dans le village d'Ansar, au sud du Liban, le 15 août 2026. Photo Mahmoud ZAYYAT / AFP

Mohammad fait partie de ceux qui sont rentrés dans son village d’Ansar (Nabatiyé) suite à l’accalmie (très) relative qui a suivi l’annonce d’un cessez-le-feu en juin dernier. Mais l’attaque israélienne dans la nuit de vendredi à samedi, qui a fait sept morts dons plusieurs d’une même famille, l’a décidé à repartir sur les routes.

« Nous nous sommes réveillés au bruit des explosions qui secouaient la maison, j’ai rassemblé ma femme et mes enfants dans une petite chambre pour les mettre à l’abri, où ils ont passé une nuit agitée. Quand le jour s’est levé et que nous avons su qu’une famille entière avait été décimée, nous avons pris sans tarder la décision de retourner à un appartement que nous avions loué dans une région plus sûre, au début de ce conflit », raconte-t-il.

La frappe d’Ansar a provoqué une nouvelle vague d’exode parmi des habitants qui étaient rentrés chez eux après avoir été déplacés une première fois, au cours de ce conflit commencé le 2 mars entre le Hezbollah et Israël, et ayant conduit à l’occupation de dizaines de villes et de villages au Sud. La route menant de Nabatiyé à Saïda était encombrée de voitures durant toute la journée de samedi.

La frappe d’Ansar, la plus meurtrière depuis le cessez-le-feu a fait sept morts dont une mère et ses quatre enfants, ce qui a choqué tout le pays. Parmi les victimes, celles qui sont identifiées sont Ali Samir Hajj Hassan, originaire de la Békaa, et sa famille : sa femme Zeinab Nassereddine, et leurs enfants Hassan, Zahraa, Abbas et Hussein. Dans l’autre frappe meurtrière du jour, celle qui a touché un bâtiment à Deir Zahrani tuant un père et son fils (déplacés de Meis el-Jabal) ainsi que le propriétaire de l’immeuble et un passant, une victime a été identifiée, Hassan Harkous, employé à l’hôpital Cheikh Ragheb Harb.


« Celui qui n’a pas peur est un fou »

Abou Samih, septuagénaire et père de cinq enfants, a eu peur pour ses petits-enfants dont plusieurs dormaient chez lui cette nuit-là. « Celui qui n’a pas peur est un fou », lance-t-il à notre correspondant. Il décrit la vie des habitants du Sud, rythmée depuis plusieurs mois par une inquiétude constante de voir les bombardements se renouveler, sans véritables moments de calme. Pour lui, « le pire serait encore à venir ». « Deux de mes belles-filles ont déjà plié bagage et regagné des régions plus sûres avec leurs enfants », dit-il.

Contrairement aux autres témoins, Ihsane Assi n’a pas entendu les explosions cette nuit, sa maison étant éloignée du bâtiment touché. « Je me suis réveillée le matin en écoutant les nouvelles de la nuit », raconte-t-elle. Elle décrit de véritables scènes de panique, avec des voisins qui se demandaient s’ils doivent rester ou partir. « Trois de mes voisins sont déjà partis de peur d’un renouvellement des frappes », lâche-t-elle, mesurant l'étendue de l'impact psychologique de ces déplacements répétés sur les habitants.

Au plus fort de ce conflit, le nombre de déplacés du Liban-Sud avait dépassé le million de personnes. Il s’agissait de la deuxième crise d'exode en moins de trois ans, après l’intensification de la guerre entre Israël et le Hezbollah entre septembre et novembre 2024. Cependant, avec l’accalmie relative de ces dernières semaines, beaucoup avaient amorcé un retour prudent dans des conditions précaires.

Mohammad fait partie de ceux qui sont rentrés dans son village d’Ansar (Nabatiyé) suite à l’accalmie (très) relative qui a suivi l’annonce d’un cessez-le-feu en juin dernier. Mais l’attaque israélienne dans la nuit de vendredi à samedi, qui a fait sept morts dons plusieurs d’une même famille, l’a décidé à repartir sur les routes.« Nous nous sommes réveillés au bruit des explosions qui secouaient la maison, j’ai rassemblé ma femme et mes enfants dans une petite chambre pour les mettre à l’abri, où ils ont passé une nuit agitée. Quand le jour s’est levé et que nous avons su qu’une famille entière avait été décimée, nous avons pris sans tarder la décision de retourner à un appartement que nous avions loué dans une région plus sûre, au début de ce conflit », raconte-t-il.La frappe...