Photo 3 : Un homme portant sur ses épaules le drapeau du Hezbollah, le 23 février 2025 dans la Cité sportive de Beyrouth, lors des funérailles de l'ex-chef du parti chiite Hassan Nasrallah. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Hezbollah a eu plusieurs vies. Et plusieurs identités. C’est une milice, excroissance de la République islamique. C’est un parti politique qui représente la majorité de la communauté chiite au Liban. C’est un mouvement social qui comprend des écoles, des banques, des associations pour venir en aide à sa communauté.
Il est né en 1982 d’une volonté iranienne d’exporter la révolution islamique dans un contexte d’occupation du Liban par Israël. Et il a toujours su jouer sur cette ambivalence entre le proxy iranien et le « mouvement de résistance » pour se construire une légitimité et un public bien au-delà des partisans de la République islamique.
Le Hezbollah a tissé sa toile au sein de sa communauté, via la propagande et la répression, puis à l’échelle des institutions libanaises, même s’il ne pouvait pas être en première ligne.
Depuis le retrait d’Israël du Liban-Sud en 2000, le Hezbollah a entraîné le Liban dans trois guerres contre son ennemi en 2006, 2024 puis, il y a quelques jours, en 2026. De la première, il est sorti renforcé politiquement. De la deuxième, brisé militairement et soumis à une pression internationale, mais aussi locale, pour son désarmement. La troisième sera sans doute la dernière. La bataille de la survie pour lui et son géniteur iranien.
Pour comprendre comment le mouvement a évolué, comment il a changé sa communauté et le Liban, comment il fut, à son pic, un acteur régional de premier plan, et comment il a fini par tout perdre, L’Orient-Le Jour vous propose cette série d’articles extraite de nos archives.
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Historique
Alors qu’il s’est construit à la base comme une alternative à l’État, dont il ne reconnaissait pas la légitimité, le Hezbollah a étendu ses tentacules au sein des institutions libanaises au fil des décennies jusqu’à devenir le principal parrain du système. Dans le premier volet de son récit sur l'histoire du Hezbollah, Mounir Rabih revient sur le temps de la « Résistance », quand le Hezbollah mettait un premier pied dans l’État libanais.
Dans le deuxième volet de ce récit, Mounir Rabih raconte la lente OPA du Hezbollah sur l’État libanais.
Basculement
Beyrouth, le 27 septembre 2024, à 18h17. Les murs tanguent. La banlieue sud de la capitale vient d'être percutée par la plus grande frappe israélienne en date depuis la guerre de 2006. 900 kilos de munitions, 80 bombes, six immeubles d’habitations à terre et un pays commotionné. Une rumeur circule : le secrétaire général du Hezbollah aurait été la cible d’une opération inédite. L’information est confirmée le lendemain, d’abord par la voix de l’armée israélienne, puis par celle du parti chiite. L’inimaginable s’est produit. Hassan Nasrallah est mort. Une page se tourne. Retour sur l'histoire de Hassan Nasrallah, avec Stéphanie Khouri.
En 2024, l'attaque aux bipeurs piégés, perpétrées par Israël, contre les partisans du Hezbollah, fut un tournant dans l'histoire du parti. Un an plus tard, nos reporters étaient allés à la rencontre de quelques victimes et vous racontaient comment le parti voulait faire de la guérison des blessés le symbole d’une résistance d'une autre forme.
Idéologie
Pour accéder au paradis et pour des questions financières, des jeunes chiites sont prêts à mourir pour le parti, qui ne manque pas d'afficher leurs sacrifices. Salah Hijazi revient sur la culture du martyre qui règne au sein du Hezbollah.
Si le parti chiite est perçu comme une organisation énigmatique, austère et fermée, à l’intérieur, le débat est roi et la consultation est de mise... tant que le chef suprême ne s’est pas prononcé. Jeanine Jalkh vous raconte à quoi ressemble la démocratie au sein du Hezbollah.
Le Hezbollah, c'est aussi un système d'écoles, les écoles al-Mahdi, dont la première a été inaugurée en 1993. Ces écoles sont gérées par l’Institution islamique pour l’éducation et l’enseignement qui regroupe 15 établissements. L’institution pédagogique officielle du Hezbollah, fondée en 1991, œuvre presque à la manière d’un ministère de l’Éducation autonome, avec ses programmes spécifiques qui s’ajoutent au curriculum traditionnel que suivent également les élèves. Dans ces écoles, une forme d'endoctrinement est de mise.
Le 25 décembre 1994, alors qu’une partie de l’humanité célèbre Noël, une loi est votée en Iran. Son contenu pourrait prêter à sourire, mais l’affaire est sérieuse. Après des mois de discussions, le Majles vient d’interdire les paraboles satellitaires permettant à trois millions de téléspectateurs de visionner les chaînes internationales. Les utilisateurs ont un mois pour démanteler leurs antennes. Sans quoi il sera permis aux membres de la Basij, la puissante force paramilitaire, de sévir.
La République islamique est jeune, mais elle sait ce qu’elle fait. À travers cette mesure, elle entend contenir l’« invasion culturelle occidentale ».
Trois décennies plus tard, la méthode s’est étendue au-delà des frontières iraniennes. Au cours de l'été 2023, le Hezbollah, enfant de la révolution khomeyniste, tire à boulets rouges contre la « culture déviante » diffusée par la communauté LGBTQ+, et inaugure une énième déclinaison du « conflit civilisationnel ». Stéphanie Khouri revenait, à cette occasion, aux origines de la « guerre culturelle » du Hezbollah.
Le Hezbollah et les autres
Fin février 2025, Caroline Hayek et Lucile Wassermann étaient parties, avec Ahmad Roumi, à la recherche des vestiges de la présence du Hezbollah en Syrie. De Qousseir à Alep en passant par la région d’Idleb, elles avaient trouvé des documents, des armes et de la drogue, qui témoignaient de la manière de faire des forces iraniennes et de leurs milices affiliées.
Un an plus tard, ce sont les liens du Hezbollah avec le régime Maduro, tout juste kidnappé par l'armée américaine, que nous vous racontions.
Les finances du Hezbollah
Fondée en 1983 et enregistrée en tant qu’organisation non gouvernementale depuis 1987, «al-Qard al-Hassan» collecte d’un côté des dépôts non rémunérés conformément aux principes de la finance islamique, en dollars ou en livres, et octroie de l’autre des microcrédits.
Mais en 2025, après avoir été visé lors de la guerre de 2024, l'institution commençait à afficher ses difficultés. Pour notre journaliste Mounir Younes, les déboires d'al-Qard al-Hassan étaient un symbole des difficultés plus larges du Hezbollah. Lors de la guerre qui sévit aujourd'hui, al-Qard al-Hassan a de nouveau été ciblé par les Israéliens.
Dans une grande enquête réalisée en 2022, nous vous racontions aussi le rôle de la Syrie d'Assad et du Hezbollah pour transformer le Liban en plaque tournante du trafic régional de captagon.















Trump plaide pour des frappes plus « chirurgicales » contre le Hezbollah au Liban
Enfant!!! de .... Ou plutot esclave de la republique islamique!!!Il Faudrait ajouter a votre titre: enfant ILLEGITIME du Liban- Saboteur des fondations de la Republique Libanaise, Brigand-Assassin-Fraudeur-Traficant, et bien d'autres adjectifs plus eloquents et bien moins flatteurs
21 h 50, le 07 mai 2026