Un soldat de l'armée libanaise se tient derrière des barbelés face à des soldats israéliens à Khiam, dans le district de Marjayoun, au Sud-Liban. (Crédit : Mohammad Yassin/L'Orient Today)
L'armée israélienne a incendié samedi en milieu d'après-midi de vastes oliveraies à Aïnata, d'où le feu s'est propagé en direction de Aïtaroun, de la région de Ghadmatha jusqu'à al-Naqaa, dans le caza de Bint Jbeil, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah.
Toujours dans le même caza, des véhicules militaires israéliens ont également été aperçus circulant sur la route principale reliant Tiri à Haddatha, avant d'avancer vers la zone située entre Majdel Zoun et Mansouri, dans le caza de Tyr, où ils ont établi une position face à un poste de contrôle de l'armée libanaise. Par ailleurs, l'artillerie israélienne a bombardé les abords de Kfar Tebnit et de Nabatiyé el-Faouqa, dans le caza de Nabatiyé, tandis que l'armée israélienne a déclenché une explosion contrôlée à Taybé, dans le caza de Marjeyoun.
Démolition de maisons
Dans la nuit de vendredi à samedi, les forces israéliennes ont poursuivi leurs opérations de démolition et bombardements d'artillerie dans plusieurs secteurs du Liban-Sud, incendiant et détruisant des habitations à Bint Jbeil, procédant à des destructions dans plusieurs villages frontaliers et bombardant des zones des cazas de Nabatiyé, Bint Jbeil, Marjeyoun et Tyr, rapportent notre correspondant et des médias locaux.
Dans le caza de Bint Jbeil, les forces israéliennes ont incendié et démoli plusieurs maisons dans son chef-lieu, notamment dans le quartier de Saff el-Hawa et le long de la route menant à Aïnata, causant d'importants dégâts aux habitations et aux infrastructures environnantes. L'artillerie a également pilonné Haddatha, tandis que les troupes israéliennes ouvraient le feu à la mitrailleuse en direction de la localité. À Nabatiyé, les forces israéliennes ont également mené une vaste opération de démolition à Kfar Tebnit, tandis que l'artillerie a visé à plusieurs reprises les abords de Nabatiyé el-Faouqa et tiré plus de sept obus en direction des hauteurs d'Ali el-Taher. Les équipes de secours ont également retrouvé le corps d'une personne tuée à Zaoutar el-Gharbiyé.
Dans le caza de Tyr, des opérations de démolition ont été menées à Majdel Zoun et Mechaa el-Mansouri, où d'autres habitations ont été détruites. Les forces israéliennes ont également intensifié les tirs de mitrailleuse tandis que des véhicules militaires avançaient dans la zone située entre Majdel Zoun et Mansouri, établissant une position face à un poste de contrôle de l'armée libanaise. Les soldats libanais ont pris des mesures de précaution alors que de lourds tirs de mitrailleuse se poursuivaient en direction de Majdel Zoun. À Marjeyoun, les forces israéliennes ont démoli des structures entre Markaba et Houla.
Au cours de la journée de vendredi, l'armée israélienne a par ailleurs mené douze opérations de démolition visant des habitations et des infrastructures dans huit localités, tandis que des maisons ont été incendiées dans un neuvième village. Un drone a également largué une grenade assourdissante sur une localité du Sud.
Tard dans la soirée de vendredi, la municipalité de Bint Jbeil a condamné ce qu’elle a qualifié de « destruction systématique des installations publiques et des infrastructures civiles par Israël », l’accusant de « violer » le droit international humanitaire.
Dans un communiqué, la municipalité a indiqué que la dernière attaque israélienne avait détruit trois institutions publiques dans le quartier d’el-Aouini : la deuxième école officielle mixte de Bint Jbeil, un centre des Affaires sociales abritant une crèche et une clinique médicale, ainsi qu’un bureau local de l'Office des eaux. La municipalité a précisé que les précédentes attaques israéliennes avaient endommagé ou détruit des établissements éducatifs, médicaux, religieux et administratifs, notamment des écoles, un centre de la Croix-Rouge libanaise, un bâtiment de l’Université libanaise, des centres de santé d’urgence, deux hôpitaux locaux, des mosquées et d’autres installations publiques.
Les infrastructures électriques et d’eau, les routes, les bâtiments gouvernementaux, un stade municipal, ainsi que des milliers d’habitations et de commerces ont également été endommagés ou détruits, ajoute le communiqué. La municipalité a enfin affirmé que l’ampleur des destructions, conjuguée aux appels israéliens à rendre inhabitables de vastes régions du Sud, reflète une politique systématique visant à déplacer les habitants et à imposer une nouvelle réalité par la force, des actes qu’elle a qualifiés de « potentiels crimes de guerre ».


