Un dynamitage à Kfar Tebnit, dans le caza de Nabatiyé, le 24 juillet 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L'armée israélienne a poursuivi samedi ses attaques dans et à la périphérie de la « zone tampon » qu'elle occupe au Liban-Sud, où elle a incendié des oliveraies, mené des dynamitages dans plusieurs villages, détruisant notamment une infrastructure hydraulique, et installé une nouvelle position, face à l'armée libanaise près de Mansouri.
Selon les informations de notre correspondant, Mountasser Abdallah, les forces occupantes ont incendié en milieu d'après-midi de vastes oliveraies à Aïnata, d'où le feu s'est propagé en direction de Aïtaroun. Dans cette même région de Bint Jbeil, elles ont fait exploser à deux reprises des maisons au niveau de Haddatha, tandis que des véhicules blindés avaient été aperçus entre ce village et celui voisin de Tiri. Des tirs d'artillerie ont visé, toujours dans le même caza, Kounine et Braachit.
Plus à l'ouest, dans le caza de Tyr, des véhicules militaires ont avancé dans la zone reliant Majdel Zoun à Mansouri, où des soldats ont établi une position face à un poste de contrôle de l'armée libanaise. Dans le caza de Marjeyoun, dans le secteur est, des explosions ont été menées à Taybé, tandis que le réseau d'approvisionnement en eau de Markaba a été détruit à l'explosif. Par ailleurs, au nord du Litani, dans la région de Nabatiyé, l'artillerie israélienne a bombardé à l'artillerie les abords de Kfar Tebnit et de Nabatiyé el-Faouqa, ainsi que sur les hauteurs de Ali Taher, où Tel-Aviv accuse le Hezbollah d'avoir creusé des tunnels abritant un siège de commandement régional.
À Zaoutar el-Gharbiyé, l'une des « zones pilotes » prévues par l'accord-cadre entre le Liban et Israël pour un retrait israélien et le désarmement du Hezbollah, des équipes de la Défense civile poursuivent leurs opérations de déblaiement et ont retrouvé quatre corps ensevelis sous les décombres. Deux jours après le déploiement de l'armée libanaise dans ce village sur la rive nord du Litani, que l'armée israélienne contrôlait par le feu jusque là, les habitants avaient pu commencer vendredi à regagner leurs terres.
Démolition de maisons
Dans la nuit de vendredi à samedi, les forces israéliennes avaient incendié et démoli plusieurs maisons dans la ville de Bint Jbeil, quasiment totalement rasée par les attaques israéliennes, notamment dans le quartier de Saff el-Hawa et le long de la route menant à Aïnata. Des tirs d'artillerie avaient également été signalés à Kfartebnit (Nabatiyé), ainsi que des dynamitages dans la région de Majdel Zoun et Mansouri.
Face à ces destructions massives dans la « zone tampon », la municipalité de Bint Jbeil a condamné vendredi soir ce qu’elle a qualifié de « destruction systématique des installations publiques et des infrastructures civiles par Israël », l’accusant de « violer » le droit international humanitaire.
Dans un communiqué, la municipalité a signalé la destruction de trois institutions publiques dans le quartier d’el-Oueini: la deuxième école officielle mixte de Bint Jbeil, un centre des Affaires sociales abritant une crèche et une clinique médicale, ainsi qu’un bureau local de l'Office des eaux. La municipalité a précisé que les précédentes attaques israéliennes avaient endommagé ou détruit des établissements éducatifs, médicaux, religieux et administratifs, notamment des écoles, un centre de la Croix-Rouge libanaise, un bâtiment de l’Université libanaise, des centres de santé d’urgence, deux hôpitaux locaux, des mosquées et d’autres installations publiques. Les infrastructures électriques et d’eau, les routes, les bâtiments gouvernementaux, un stade municipal, ainsi que des milliers d’habitations et de commerces ont également été endommagés ou détruits, ajoute le communiqué. La municipalité a enfin affirmé que l’ampleur des destructions, conjuguée aux appels israéliens à rendre inhabitables de vastes régions du Sud, reflète une politique systématique visant à déplacer les habitants et à imposer une nouvelle réalité par la force, des actes qu’elle a qualifiés de « potentiels crimes de guerre ».

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19 h 29, le 26 juillet 2026