Le Premier ministre libanais Nawaf Salam (à gauche), le ministre des Finances irakien Faleh Al-Sari (au centre) et son homologue libanais Yassine Jaber (à droite), à l'aéroport de Bagdad, le 26 juillet 2026. Photo tirée du compte X du Grand Sérail
Le Liban « avance avec détermination vers la connectivité et l'intégration stratégique avec les pays de la région », a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam, selon le Grand Sérail qui a rapporté la visite dimanche du chef du gouvernement en Irak.
À la tête d'une délégation ministérielle composée du ministre des Finances Yassine Jaber, du ministre de l'Énergie et de l'Eau Joe Saddi, et du ministre des Télécommunications Charles Hage, Nawaf Salam est arrivé dimanche à Bagdad, et a d'abord tenu une réunion bilatérale avec le chef du gouvernement irakien, Ali al-Zaïdi. Il a aussi rencontré le président irakien Nizar Amedi. La série d'entretiens a porté « sur les moyens de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays » et « le développement de la coopération commune dans divers domaines », selon le Grand Sérail.
Le pipeline Kirkouk-Tripoli
Au cours de ses discussions avec les responsables irakiens, le Premier ministre a affirmé que le Liban « avance avec détermination dans le renforcement des projets de connectivité et d'intégration stratégique avec les pays de la région dans divers secteurs, notamment l'énergie, les télécommunications et le transport, qui permettront ainsi de tirer profit des opportunités qu'offrent les transformations actuelles, et de renforcer la position et le rôle du Liban dans son environnement régional ».
Selon la presse, plusieurs dossiers économiques devaient être abordés au cours de ces réunions, notamment le projet d'oléoduc « irako-syro-libanais », qui prévoit la relance du pipeline Kirkouk-Tripoli. Cette visite fait écho à l'annonce le 19 juillet par l'agence de presse officielle syrienne SANA selon laquelle Damas et Bagdad avaient « franchi une étape majeure vers la réactivation du corridor pétrolier historique » Kirkouk-Banias — qui s'inscrivait dans un réseau d'oléoducs irakiens reliant depuis les années 1930 le pays à Haïfa en Palestine, ainsi qu'au port libanais de Tripoli.
M. Salam a souligné que « le Liban aspire à être un partenaire actif avec l'Irak dans l'élaboration de ces projets régionaux, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l'investissement et soutenant les trajectoires de développement et de croissance durable dans nos deux pays ». Le communiqué du Grand Sérail ne précise pas si un nouvel accord de fourniture de fuel destiné à Électricité du Liban (EDL) figurait également à l'ordre du jour des discussions.
Par ailleurs, des rencontres bilatérales ont également eu lieu entre les ministres de la délégation libanaise et leurs homologues irakiens, poursuit le Grand Sérail, suivies d'une réunion élargie des ministres et des deux chefs de gouvernement. La rencontre entre le ministre Hage et le ministre irakien des Télécommunications, Moustapha Jaber Sanad, devait porter sur la possibilité de relier le Liban à l'Irak par des câbles de transmission de données internet, avait rapporté le média al-Modon peu avant la visite.
Le Premier ministre Ali al-Zaïdi arrivé au pouvoir avec l'appui de Washington est, comme les autorités libanaises, sous pression pour désarmer les groupes armés irakiens pro-iraniens, accusés d'avoir mené des centaines d'attaques contre des infrastructures américaines en Irak. Le monopole des armes fait aussi partie des priorités du gouvernement libanais.

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