Le président syrien Ahmad el-Chareh arrivant au Palais du Peuple à Damas le 25 juillet 2026 pour accueillir le secrétaire général de l'ONU, António Guterres. Photo Bakr Alkasem / AFP
Le président syrien Ahmad el-Chareh a déclaré dimanche lors d'une interview à Al Jazeera que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban et n'avait par ailleurs « aucun intérêt » à une confrontation directe avec Israël, tout en prévenant qu'une nouvelle détérioration de la situation au pays du Cèdre aurait des « répercussions directes » sur la Syrie.
« Nous n’envisageons aucune intervention militaire au Liban, mais nous craignons une extension de la zone de guerre dans la région », a affirmé le dirigeant syrien par intérim, en marge de la visite à Damas du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. Et d'ajouter : « Nous soutenons le monopole de l’État libanais sur les armes, ainsi que son pouvoir de décision en matière de guerre et de paix. Tout chaos au Liban aura des répercussions directes sur la Syrie. »
M. el-Chareh a également indiqué que son pays n'avait « aucun intérêt » à entrer dans une confrontation avec Israël, assurant que le gouvernement syrien s’efforçait de garantir « une paix durable » avec Israël, alors que l'armée israélienne continue de s’emparer de territoires syriens au-delà du plateau du Golan occupé. « Nous travaillons à la conclusion d’un accord de sécurité avec Israël impliquant un groupe de pays », a confié le président syrien dans ce même entretien. « Nous évitons la confrontation avec Israël et n’y voyons aucun intérêt. Si l’accord de sécurité avec Israël aboutit, il ouvrira la voie à une paix globale sans que la Syrie ne renonce à son droit sur le Golan occupé », a-t-il poursuivi.
Le président américain Donald Trump a régulièrement déclaré ces derniers mois qu'il était favorable à ce que l'armée syrienne intervienne au Liban pour y affronter le Hezbollah. Cette rhétorique s'inscrit dans la ligne portée par l'administration américaine qui a tenté à plusieurs reprises d'exploiter le contentieux entre les nouvelles autorités syriennes et le Hezbollah (ancien allié du régime Assad), afin de convaincre Ahmad el-Chareh de se lancer dans une telle entreprise, ce que ce dernier a toujours catégoriquement refusé jusqu'à présent.
Les autorités syriennes annoncent régulièrement avoir intercepté des contrebandiers tentant d'acheminer des armes à destination du Liban au bénéfice du Hezbollah via la Syrie. Dans un communiqué publié le 14 juillet dernier par les médias d'État syrien, à la suite de l'interception d'une importante cargaison d'armes, le Hezbollah y était qualifié de « milice terroriste », chose inédite depuis le changement de régime à Damas en décembre 2024.
Des discussions entre diplomates syriens et israéliens avaient déjà au lieu en 2025 pour tenter de conclure, sans succès, un accord sécuritaire entre les deux pays, après qu'Israël a conquis de nouveaux territoires syriens après la chute du régime Assad au-delà de la ligne d'armistice de 1974 instaurée dans le plateau du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967.



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