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Politique - Dans La Presse

La visite de Aoun à Washington a permis de « débloquer » la mise en œuvre des zones pilotes, affirme Raggi

« Le Hezbollah est libanais de nom, mais iranien dans son essence », souligne le ministre des Affaires étrangères dans un entretien accordé au JDD.

La visite de Aoun à Washington a permis de « débloquer » la mise en œuvre des zones pilotes, affirme Raggi

Des enfants se tiennent à côté d'un véhicule de l'armée libanaise à Zaoutar el-Gharbiyé, dans le sud du Liban, le 26 juillet 2026, dans le cadre d'un plan négocié sous médiation américaine. Photo Aziz Taher / Reuters.

Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche (JDD), le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a estimé que « la récente visite du président de la République Joseph Aoun à Washington au cours de laquelle il s'est entretenu avec le président américain Donald Trump a contribué à débloquer le dossier des zones pilotes » au Liban-Sud, où l'armée a déjà commencé à se déployer.

Le chef de la diplomatie a ajouté que « l'enjeu est désormais de pérenniser cette étape et d'étendre le contrôle de l'armée à l'ensemble du Liban-Sud, une région qui à terme devra être débarrassée de toute arme en dehors de celles détenues par les forces légales, comme le reste du territoire libanais ».

À la suite de la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars dernier, les États-Unis ont encouragé et organisé les premières négociations directes entre le Liban et Israël depuis des décennies. Celles-ci ont abouti le 26 juin à la signature d'un accord-cadre prévoyant le retrait israélien du Liban-Sud, conditionné au désarmement du parti chiite aligné sur l'Iran, en commençant par des « zones pilotes ».

L'accord a commencé à être appliqué lundi dernier, avec le déploiement d'unités de l'armée libanaise dans deux de ces zones du secteur central du Liban-Sud, dans les villages de Srifa et Froun, où les forces israéliennes n'étaient pas présentes, ainsi qu'à Zaoutar el-Gharbiyé, au nord du fleuve Litani, d'où les troupes israéliennes se sont retirées.

Joe Raggi a rappelé que « chacune des dispositions de l'accord-cadre constitue une base sur laquelle seront construites les prochaines négociations ». Il a précisé que « le gouvernement libanais a décidé il y a un an et demi de désarmer le Hezbollah et de considérer toutes ses opérations militaires comme illégales, alors qu'auparavant ses armes et ses activités militaires étaient tolérées ». Il a assuré qu'il était « déterminé à rétablir pleinement l'autorité de l'État » et insisté sur le fait que « le problème n'est pas la communauté chiite, mais bien le parti lui-même », ajoutant que « le Hezbollah est libanais de nom, mais iranien dans son essence ».

« La France a un rôle à jouer »

Le chef du Palais Bustros a rejeté « l'idée de distinguer les branches militaire et politique du Hezbollah », estimant que « la priorité absolue est le désarmement, tandis que la question de sa transformation en parti exclusivement politique relève d'un choix qui lui appartient ». Selon lui, « l'immense majorité des Libanais, y compris une part croissante au sein de la communauté chiite, souhaite que l'État retrouve le monopole de la force légitime, même si beaucoup n'osent pas l'affirmer publiquement par crainte pour leur sécurité ». Il a aussi assuré que « le pays dispose pour la première fois d'un gouvernement (...) souverainiste, tandis que le Hezbollah y est désormais minoritaire ».

La formation pro-iranienne rejette aussi bien la décision du gouvernement de la désarmer que les négociations directes avec Israël et l'accord-cadre qui en a découlé. Entre-temps, l'armée de l’État hébreu est en train de procéder à la destruction d'un grand nombre de villages frontaliers dans les territoires qu'elle occupe depuis la reprise de la guerre, sans que l'État libanais n'intervienne. Dans une allocution prononcée au cours d'une cérémonie funéraire à Ghobeyri en hommage à des combattants du Hezbollah, le député Hassan Fadlallah a estimé que « l'ennemi israélien cherche à anéantir toute forme de vie » et accusé les autorités libanaises, de rester inactives.

Joe Raggi a aussi appelé la communauté internationale à « poursuivre son soutien à la démarche du gouvernement », ajoutant que « la France a un rôle à jouer au Liban ». Il a ajouté que Paris « a tenté de bonne foi de faire avancer le processus, même si sa position n'a pas toujours été correctement comprise par les Libanais. » Il a enfin considéré que « Washington est l'acteur le plus à même d'influencer Israël, ce qui explique que le Liban ait accueilli favorablement sa médiation ».

Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche (JDD), le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a estimé que « la récente visite du président de la République Joseph Aoun à Washington au cours de laquelle il s'est entretenu avec le président américain Donald Trump a contribué à débloquer le dossier des zones pilotes » au Liban-Sud, où l'armée a déjà commencé à se déployer.Le chef de la diplomatie a ajouté que « l'enjeu est désormais de pérenniser cette étape et d'étendre le contrôle de l'armée à l'ensemble du Liban-Sud, une région qui à terme devra être débarrassée de toute arme en dehors de celles détenues par les forces légales, comme le reste du territoire libanais ».À la suite de la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël,...
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