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Politique - cessez le feu au liban 2026

Station d’eau soufflée à Merkaba, dynamitages en série à Kfar Tebnit : Israël ravage encore le Liban-Sud

L'armée libanaise a affirmé que « la poursuite des attaques et des violations israéliennes » entrave son déploiement dans les zones pilotes prévues par « l'accord-cadre ».

Station d’eau soufflée à Merkaba, dynamitages en série à Kfar Tebnit : Israël ravage encore le Liban-Sud

De la fumée émanant d'une importante opération de dynamitage menée par l'armée israélienne dans le village de Kfartebnit, au Liban-Sud, le 24 juillet 2026. Photo Mohammad Yassine/ L'OLJ

Nouvelle nuit de destructions au Liban-Sud, secoué par une énième série de démolitions par les troupes israéliennes de plusieurs infrastructures civiles, notamment à Markaba (caza de Marjeyoun), où la station de pompage d'eau du village frontalier a été dynamitée.

Déjà visé samedi par cinq opérations de dynamitage d'autres bâtiments, Markaba a de nouveau été la cible de destructions de grande ampleur de plusieurs habitations, en plus de sa station hydraulique. « Cette station compte parmi les principales installations qui ont été, pendant des décennies, une artère fondamentale pour l’approvisionnement en eau et son pompage vers un grand nombre de localités du Sud », a souligné l'Office des eaux du Liban-Sud dans un communiqué, dénonçant une « attaque directe contre la sécurité hydrique » de la région. « Cette attaque constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et de toutes les conventions internationales interdisant le ciblage des installations civiles et des infrastructures essentielles », a-t-il ajouté.

L'armée condamne la « poursuite des violations israéliennes »

L'armée libanaise, qui s'est déployée dans les deux premières « zones pilotes » identifiées par l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous l'égide américaine, a estimé que « la poursuite des attaques et des violations israéliennes empêche l'achèvement de son déploiement conformément aux accords en vigueur, retarde le retour des habitants dans leurs villages et compromet le rétablissement de la stabilité dans le sud du Liban ».

Dans un communiqué publié sur X, l'armée a directement pointé du doigt « la destruction systématique d'habitations, les opérations de nivellement, les bombardements et les tirs de mitrailleuses dans plusieurs localités du Liban-Sud », accusant également les troupes occupantes d'avoir perpétré d'autres destructions contre la source du village d’Ibl el-Saqi, dans le caza de Marjeyoun. « À cela s’ajoutent l’enlèvement de gravats dans les régions frontalières, ainsi que l’incendie d’oliviers centenaires et de vastes terres agricoles, dernièrement aux abords de Aïtaroun (Bint Jbeil) », ajoute la troupe.

La veille samedi, quelque 22 opérations israéliennes de dynamitage ont touché des maisons et des installations civiles dans huit villages du Sud, selon un décompte effectué par notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah. Les autres localités les plus touchées sont Kfar Tebnit (caza de Nabatiyé), visée par sept dynamitages, et Majdal Zoun (Tyr), qui en a subi quatre.

Ces nouvelles démolitions ont par ailleurs été accompagnées de tirs israéliens près de positions de l’armée libanaise à Kfartebnit, Nabatiyé el-Faouqa et Zaoutar el-Gharbiyé, précise la troupe.

Tirs d'artillerie et raid aérien

L'armée israélienne avait déjà fait sauter de nombreuses autres stations hydrauliques et de pompage, comme celles de Marjeyoun et Deir Mimas, depuis le début de son invasion du Liban-Sud, lancée dans la foulée de la reprise de la guerre le 2 mars. Ces destructions systématiques d'infrastructures civiles entravent les conditions de survie des milliers d'habitants encore présents sur place, dans des villages situés au sein ou aux abords de la zone d'occupation s'étendant sur plus de 600 km² proclamée par Israël dans le sud du pays, ainsi que la perspective de retour des centaines de milliers de déplacés.

Des membres de l'armée libanaise montent la garde à Zaoutar el-Gharbiyé, dans le cadre d'un plan négocié sous médiation américaine, dans le sud du Liban, le 26 juillet 2026. Photo Aziz Taher / Reuters
Des membres de l'armée libanaise montent la garde à Zaoutar el-Gharbiyé, dans le cadre d'un plan négocié sous médiation américaine, dans le sud du Liban, le 26 juillet 2026. Photo Aziz Taher / Reuters

Les destructions de l'armée israélienne ne se sont pas limitées à ces dynamitages. Pendant la nuit, neuf localités ont subi des tirs d’artillerie et à l'arme automatique, ou encore des largages de bombes sonores et de fumées éclairantes. Les villages touchés par ces attaques, quotidiennes depuis l'annonce du dernier « cessez-le-feu » le 19 juin, sont Khiam, Taybé, Tallousé (caza de Marjeyoun), Mansouri, Bouyout el-Sayyad (Tyr), Haddatha (Bint Jbeil), la colline de Ali Taher et Kfartebnit.

Vers 1h30 du matin, l’aviation israélienne a également mené deux bombardements dans un raid qui a visé les abords de la localité de Aalman el-Choumarriyé, près de Qousseir, dans le caza de Marjeyoun.

Les opérations se sont poursuivies avec un nouveau dynamitage israélien rapporté à Haddatha avant de nouveaux tirs d’artillerie contre Meiss el-Jabal (Marjeyoun) et les hauteurs de Ali el-Taher, colline stratégique du caza de Nabatiyé, également visée par des explosifs largués par un drone, où les Israéliens accusent le Hezbollah d'avoir un centre de commandement. D'intenses combats y ont été menés entre les deux camps dans les dernières semaines précédant l'annonce de la dernière trêve, alors que des frappes de drone et des tirs d'artillerie israéliens continuent de viser régulièrement cette zone.

Malgré la récente reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis depuis deux semaines, le statu quo instauré sur le front libanais après la trêve du 19 juin, puis la signature d'un « accord-cadre » entre le Liban et Israël, reste stable. Les destructions systématiques et les frappes sporadiques d'Israël ne sont pas suivies par des ripostes du Hezbollah, qui avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars.

En vertu de cet accord-cadre entre le Liban et Israël, les premières « zones pilotes » ont été réinvesties cette semaine par l'armée libanaise à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé) ainsi qu'à Srifa et Froun (Bint Jbeil) dans le secteur central.

Après la visite du président Joseph Aoun en début de semaine à Washington, où il a rencontré pour la première fois le président Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sera reçu à son tour à la Maison-Blanche mardi prochain.

Dans son dernier bilan officiel, publié vendredi, le ministère libanais de la Santé a indiqué avoir recensé au moins 4 330 tués et 16 566 blessés par les tirs et les bombardements israéliens depuis le 2 mars.

Nouvelle nuit de destructions au Liban-Sud, secoué par une énième série de démolitions par les troupes israéliennes de plusieurs infrastructures civiles, notamment à Markaba (caza de Marjeyoun), où la station de pompage d'eau du village frontalier a été dynamitée. Déjà visé samedi par cinq opérations de dynamitage d'autres bâtiments, Markaba a de nouveau été la cible de destructions de grande ampleur de plusieurs habitations, en plus de sa station hydraulique. « Cette station compte parmi les principales installations qui ont été, pendant des décennies, une artère fondamentale pour l’approvisionnement en eau et son pompage vers un grand nombre de localités du Sud », a souligné l'Office des eaux du Liban-Sud dans un communiqué, dénonçant une « attaque directe contre la sécurité hydrique » de...
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