Un homme passant en moto devant des missiles Zolfaghar installés sur la place Azadi de Téhéran, le 24 juillet 2026. Photo AFP
Aucun bombardement américain n'a été signalé en Iran dans la nuit de samedi à dimanche, marquant la deuxième nuit consécutive de pause dans les hostilités alors que des médias américains font état d'un possible manque de munitions après bientôt cinq mois de guerre.
Alors même que le président américain Donald Trump a dit vendredi envisager des bombardements encore plus importants contre l'Iran, l'armée américaine n'a annoncé aucune frappe dimanche à l'aube. De son côté, l'Iran n'a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe, et ces derniers n'ont fait état d'aucune alerte nocturne.
Tout en menaçant l'Iran, Donald Trump a cependant affirmé que le dialogue avec Téhéran n'était pas rompu. « En fait, on leur parle en ce moment », a-t-il dit au sujet des dirigeants iraniens. « Je pense qu'ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente », a-t-il ajouté, en allusion aux bombardements américains.
Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement américain s'inquiète de l'affaiblissement du stock de systèmes d'interception de missiles Patriot et d'autres équipements défensifs protégeant les pays du Golfe, ciblés par l'Iran en représailles aux attaques américaines. Le journal fait également état de craintes d'escalade du conflit.
« En pause »
La chaîne CNN, citant une source du ministère américain de la Défense, a également affirmé que les opérations militaires contre l'Iran étaient « en pause », évoquant les mêmes raisons.
De son côté, le média Axios souligne que la décision du président américain de ne pas approuver de nouvelles attaques « reflète à la fois sa volonté de laisser davantage de place à la diplomatie et le constat que, sans retour à des opérations militaires d'envergure, le niveau actuel des frappes américaines a atteint les limites de son efficacité. » Il souligne toutefois que si les Américains décidaient de reprendre leurs raids sur l'Iran, l'armée « serait en mesure de se remobiliser dans des délais relativement courts » et continue d'élaborer des plans en vue d'une éventuelle reprise d'opérations de combat majeures. Le journaliste Barak Ravid ajoute qu'Israël s'attendait de son côté à des frappes américaines massives sur la République islamique ces derniers jours et s'était préparé à une potentielle riposte sur l'Etat hébreu
La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l'Iran, a fait des milliers de morts dans la région. Elle a aussi ébranlé l'économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d'Ormuz, entre l'Iran et la Péninsule arabique, par lequel transitait avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures.
Un protocole d'accord signé le 17 juin par les Etats-Unis et l'Iran, assorti d'un cessez-le-feu et prévoyant l'ouverture d'un cycle de négociations de paix de 60 jours, a volé en éclats moins d'un mois après son entrée en vigueur.
Si une accalmie semble s'être installée depuis deux jours dans le Golfe, un nouveau front dans la guerre s'est ouvert avec la reprise le 13 juillet des hostilités entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran. C'est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde : l'Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation auprès de Riyad, contrairement à l'usage depuis dix ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l'aéroport de Sanaa. En retour, les houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022.
Dans le même temps, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé les belligérants au « dialogue », estimant qu'il n'existait « pas de solution militaire » dans ce conflit.

