Des missiles de fabrication iranienne sont exposés sur la place Azadi à Téhéran, le 24 juillet 2026. Photo AFP
À l'avant-veille de sa visite à Washington pour y rencontrer le président américain Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu que toute attaque de l'Iran ou de ses alliés régionaux entraînerait « une riposte très, très forte ».
« Si l'Iran attaque Israël, que ce soit directement ou par l'intermédiaire de ses proxys, que ce soit avec des missiles balistiques ou des drones de combat, il commettra une terrible erreur, car la riposte d'Israël sera très, très violente », a-t-il déclaré lors d'une interview donnée à la chaîne américaine Fox News, 48 heures avant sa visite à la Maison-Blanche prévue mardi prochain.
Cette déclaration de Benjamin Netanyahu intervient au cœur d'une légère accalmie semblant s'être instaurée depuis près de 48h dans le Golfe arabo-persique, où les échanges de tirs entre l'Iran et les États-Unis ont cessé pour la deuxième journée consécutive après près de deux semaines de reprises des hostilités.
Pourtant, vendredi, Donald Trump avait dit envisager des bombardements encore plus importants contre l'Iran, l'armée américaine n'a annoncé aucune frappe dimanche à l'aube. De son côté, l'Iran n'a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe, et ces derniers n'ont fait état d'aucune alerte nocturne, et annoncé qu'elle cesserait ses tirs tant que les États-Unis feraient de même.
« Pénurie de munitions »
Interrogé par la presse sur une éventuelle reprise d’une « guerre totale », le président américain a quant à lui répondu : « Si nous n’obtenons pas 100 % de ce que nous voulons, absolument ». Tout en menaçant Téhéran, il a cependant affirmé que le dialogue n'était pas rompu. « En fait, on leur parle en ce moment », a-t-il dit au sujet des dirigeants iraniens. « Je pense qu'ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente », a-t-il ajouté, en allusion aux bombardements américains.
L’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré dimanche à Fox News que le président américain laissait « un peu d’espace » aux négociations avec l’Iran. « Il laisse un peu de place aux discussions, il leur accorde un peu de marge », a-t-il commenté à la chaîne américaine. Ces bombardements auraient été suspendus en raison du déplacement, vendredi, de responsables omanais à Téhéran pour mener de nouvelles discussions avec les diplomates iraniens, rapporte CBS News,
Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement américain s'inquiète de l'affaiblissement du stock de systèmes d'interception de missiles Patriot et d'autres équipements défensifs protégeant les pays du Golfe, ciblés par l'Iran en représailles aux attaques américaines. Le journal fait également état de craintes d'escalade du conflit. La chaîne CNN, citant une source du ministère américain de la Défense, a également affirmé que les opérations militaires contre l'Iran étaient « en pause », évoquant les mêmes raisons.
De son côté, le média Axios souligne que la décision du président américain de ne pas approuver de nouvelles attaques « reflète à la fois sa volonté de laisser davantage de place à la diplomatie et le constat que, sans retour à des opérations militaires d'envergure, le niveau actuel des frappes américaines a atteint les limites de son efficacité. »
Il souligne toutefois que si les Américains décidaient de reprendre leurs raids sur l'Iran, l'armée « serait en mesure de se remobiliser dans des délais relativement courts » et continue d'élaborer des plans en vue d'une éventuelle reprise d'opérations de combat majeures. Le journaliste Barak Ravid ajoute qu'Israël s'attendait de son côté à des frappes américaines massives sur la République islamique ces derniers jours et s'était préparé à une potentielle riposte de l'Iran.
« Pause tactique »
Téhéran a de son côté assuré avoir suspendu ses attaques contre les pays du Golfe tant que les États-Unis maintiendront leur pause, bien que Téhéran reste sceptique quant aux intentions américaines. « La position de l’Iran reste celle d’une attaque pour une attaque : si les attaques cessent, l’Iran suspendra également ses opérations. Ce message a déjà été transmis aux États-Unis », a affirmé dimanche à Reuters une haute source iranienne. « Le scepticisme l’emporte sur l’optimisme concernant l’arrêt des attaques. L’opinion dominante est que cette pause est tactique plutôt que sincère », a ajouté cette source.
Dimanche matin, Téhéran a toutefois prévenu que la guerre pourrait « s'étendre encore » dans la région si Washington venait à relancer ses bombardements. « Si les Américains se laissent à nouveau tromper par les sionistes ou s'alignent sur eux, et insistent pour continuer la guerre, particulièrement par des frappes aériennes, elle s'étendra géographiquement », a déclaré le porte-parole de l'armée, Mohammad Akraminia, cité par la télévision d'Etat.
La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l'Iran, a fait des milliers de morts dans la région. Elle a aussi ébranlé l'économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d'Ormuz, entre l'Iran et la Péninsule arabique, par lequel transitait avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures.
Un protocole d'accord signé le 17 juin par les Etats-Unis et l'Iran, assorti d'un cessez-le-feu et prévoyant l'ouverture d'un cycle de négociations de paix de 60 jours, a volé en éclats moins d'un mois après son entrée en vigueur.
Si une accalmie semble s'être installée depuis deux jours dans le Golfe, un nouveau front dans la guerre s'est ouvert avec la reprise le 13 juillet des hostilités entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran. C'est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde : l'Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation auprès de Riyad, contrairement à l'usage depuis dix ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l'aéroport de Sanaa. En retour, les houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022.
Dans le même temps, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé les belligérants au « dialogue », estimant qu'il n'existait « pas de solution militaire » dans ce conflit.


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20 h 13, le 26 juillet 2026