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Culture - Arrêt sur toile

Layla Dagher, sa ville, sa fresque... sur la plate-forme digitale du Salon d’automne


Layla Dagher, sa ville, sa fresque... sur la plate-forme digitale du Salon d’automne

« Living Chaos », de Layla Dagher, acrylique sur toile, 200 m x 45 m, 2020.

C’est une peinture qui aurait dû être accrochée, en octobre dernier, sur les cimaises du Salon d’automne de Paris. Malheureusement, les contingences sanitaires en ont décidé autrement. Le fameux rendez-vous d’art, qui se tient annuellement depuis 1903 au cœur de la Ville Lumière, n’a pas pu ouvrir ses portes aux visiteurs l’an dernier. Pour cause de Covid-19, évidemment. Annulé physiquement, ses organisateurs ont cependant tenu à présenter virtuellement les 915 œuvres sélectionnées dans cette édition 2020 sur les plus de 5 000 candidatures envoyées des quatre coins de la planète artistique. Parmi celles-ci, on découvre une longue toile en techniques mixtes intitulée Living Chaos (Chaos vivant) signée par la peintre libanaise Layla Dagher, que l’on peut retrouver sur le site web du Salon d’automne sous la rubrique Expressionnisme libre.

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Cette fresque déploie sur plus de 2 m (et 45 cm de hauteur) un paysage urbain qui semble surgir d’un rêve. Un panorama en noir et blanc déroulant, comme par séquences, des quartiers aux architectures anciennes et des jungles de béton invariablement traversés d’un enchevêtrement de fils électriques et habités, ou plutôt hantés, par des silhouettes de personnages translucides qui semblent se mouvoir en apesanteur au-dessus des édifices, des rues et des maisons… Cette ville quasi surréaliste et pourtant si facilement identifiable, au nom d’ailleurs « tagué » en lettres arabes sanguinolentes dans un coin de la toile, l’artiste la livre aux regards des spectateurs étrangers, telle qu’elle la vit et la ressent de l’intérieur, dit-elle.

Layla Dagher, l’auteure de « Living Chaos ». Photos DR

« C’est mon ressenti personnel de Beyrouth en ce moment », indique Layla Dagher, qui a élaboré cette pièce, précise-t-elle, au cours des jours de la révolution au Liban l’année dernière. « Mon travail récent explore la relation ville-homme. Comment les villes peuvent modifier notre vie quotidienne, notre mode de vie et nos comportements. Nous faisons tous partie de nos villes, nous nous y identifions. Mais, d’une certaine manière, nous contribuons aussi à son identité », souligne cette artiste, diplômée en arts plastiques de l’ALBA, professeure à la NDU et appartenant à l’écurie de la galerie beyrouthine Carré d’art.

Issue d’une série consacrée au thème de l’entrelacement des liens identitaires entre les villes et leurs habitants, cette toile « construite » en superpositions de couches de peinture à l’acrylique et de pastel à l’huile, rehaussées de quelques tracés aux feutres, reflète par ce jeu de textures les multiples couches d’interprétation de son sujet.

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Est-ce dû à son habile représentation de l’interaction entre le monde intérieur et le monde extérieur ? Cette œuvre réussit à générer une émotion prenante chez les spectateurs. Du moins chez ceux qui perçoivent dans cette ville étrange, presque onirique, aux jours désormais sombres (la palette de couleurs utilisée ici se limitant au noir et blanc, ponctués de touches de gris et de bleu) à la nostalgie triste, aux habitants dépouillés de leur réalité, l’image meurtrie d’une capitale qui fut un jour fascinante.

Bref rappel de l’histoire du Salon d’automne

Créé en 1903 dans les sous-sols du Petit Palais à Paris par quelques amis regroupés autour de Franz Jourdain, le Salon d’automne se veut une exposition d’œuvres d’art contemporaines libre, forte et indépendante. Le Salon a marqué le XXe siècle en affichant à sa devanture les avant-gardes constitutives de l’art moderne et contemporain, au prix des grands scandales qui ont établi sa notoriété : fauvisme, cubisme, dadaïsme, surréalisme, école de Paris, abstraction, etc. De Cézanne à Zao Wou Ki, pas un courant novateur qui ne soit passé par lui !



C’est une peinture qui aurait dû être accrochée, en octobre dernier, sur les cimaises du Salon d’automne de Paris. Malheureusement, les contingences sanitaires en ont décidé autrement. Le fameux rendez-vous d’art, qui se tient annuellement depuis 1903 au cœur de la Ville Lumière, n’a pas pu ouvrir ses portes aux visiteurs l’an dernier. Pour cause de Covid-19, évidemment....

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