Dans ce grand entretien, Walid Joumblatt, figure majeure de la vie politique libanaise et ancien chef du Parti socialiste progressiste, revient sur cinquante années d’histoire libanaise à travers son parcours politique et familial. Il évoque la figure tutélaire de son père, Kamal Joumblatt, assassiné en 1977, événement fondateur qui a précipité son entrée en politique et façonné son destin. Il parle aussi de sa mère May Arslan, de son rapport à la transmission et de son fils Taymour Joumblatt, appelé à reprendre le flambeau dans un Liban toujours fracturé.
Figure centrale de la communauté druze, Joumblatt revient sur les grandes étapes de la guerre civile, les rapports complexes avec la Syrie, les Palestiniens et Israël, ainsi que sur les alliances changeantes qui ont façonné la vie politique libanaise. « Les grands acteurs sont morts, à part moi et… Nabih Berry », confie-t-il. Il revient également sur son rôle dans les grands tournants du pays : la guerre de la Montagne, les accords de Taëf, les affrontements du 7 mai 2008, jusqu’aux crises et conflits actuels. Il partage enfin son regard sur le Hezbollah, les guerres avec Israël et les équilibres fragiles qui continuent de définir la région.
Plus qu’un récit personnel, cet échange dessine le portrait d’un homme ayant traversé un demi-siècle de conflits et de bouleversements au cœur de l’histoire du Liban contemporain. L'entretien a été mené à l'occasion de la sortie de ses mémoires, « Un destin au Levant », publié aux éditions Stock.


Walid Beyk nous livre ses mémoires en quelques sorte. Il est triste de constater qu'il nous laisse au crépuscule de sa vie politique un Liban qui est à l'opposé de celui révé par son père.
19 h 02, le 01 juin 2026