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Coronavirus : un quatrième cas confirmé au Liban, les écoles et universités fermées jusqu’au 8 mars

Le Liban suspend temporairement l’entrée sur son territoire de voyageurs venus des pays foyers de contamination, à l’exception des Libanais et des résidents étrangers.

Une modélisation du coronavirus. Un quatrième cas a été officiellement recensé au Liban hier. AFP/US Food and Drug Administration

Un quatrième cas de coronavirus a été déclaré hier au Liban, quelques heures avant l’annonce d’une fermeture des établissements scolaires jusqu’au 8 mars. La personne contaminée est un Syrien qui a été confiné dans une chambre à l’isolement, selon le rapport quotidien de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri. Les deux premiers cas étaient des Libanaises rentrées d’Iran, leur état est « stable », toujours selon le rapport. Le troisième cas d’infection par le Covid-19 concerne un ressortissant iranien de 77 ans, arrivé lundi à Beyrouth à bord d’un vol en provenance de son pays. Cet homme « souffre de plusieurs maladies chroniques et son état est actuellement jugé instable », précise le rapport de l’hôpital.

Interrogé par L’OLJ sur le quatrième cas avéré hier, Abdel Rahman Bizri, du Comité national sur les maladies transmissibles qui travaille étroitement avec le ministère de la Santé sur la question, précise qu’il s’agit « d’un ressortissant syrien qui aurait été contaminé au Liban par ses enfants rentrés d’Iran ». Aucune information sur les enfants de cet homme, visiblement porteurs du virus, n’a filtré hier, pas plus que la région de résidence du malade. Ce cas peut-il être considéré comme différent des trois autres et s’agit-il de la première transmission locale ? « Ce cas obéit à une caractérisation légèrement différente, puisque la transmission a eu lieu localement alors que les trois autres avaient clairement été contaminés dans un autre pays, répond M. Bizri. Toutefois, il s’agit toujours d’un cas de figure où la contamination originale a eu lieu à l’étranger, en l’occurrence les enfants du malade. » À la question de savoir si le Liban est face à un risque d’aggravation rapide de la situation, M. Bizri estime que le Liban est passé, dans cette crise, à une « étape grave qui pourrait mener – ou pas – à des développements rapides plus ou moins maîtrisés ». « Toutefois, tempère-t-il, le nombre de contaminations reste pour le moment limité et la situation n’est toujours pas, actuellement, inquiétante. »

Dans son rapport, l’hôpital Rafic Hariri parle de 25 cas suspects admis aux urgences au cours des dernières 24 heures (à compter d’hier soir). Des tests ont été effectués sur 34 personnes dont 33 résultats négatifs et un seul nouveau cas confirmé.


(Lire aussi : Ânerie viralele billet de Gaby NASR)


Mesures à l’aéroport

Dans ce contexte, le Liban a durci hier ses mesures de précaution, suspendant temporairement l’entrée sur son territoire de voyageurs venus d’Iran, d’Italie, de Chine et de Corée du Sud, les principaux foyers de contamination du nouveau coronavirus, à l’exception des Libanais et des résidents étrangers au Liban. C’est ce qu’a annoncé hier le ministère des Travaux publics et des Transports.

« Conformément aux recommandations du ministre de la Santé, en application de la décision du Conseil des ministres concernant le contrôle du trafic aérien et des liaisons avec les pays dans lesquels se propage le coronavirus, et parce qu’il s’agit d’un cas de force majeure, le ministre des Travaux publics et des Transports Michel Najjar a pris la décision de suspendre le transport aérien, terrestre et maritime de l’ensemble des personnes venant des pays où le coronavirus s’est propagé, à savoir la Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Italie et d’autres pays si la commission de suivi des mesures de prévention contre le virus le décide », indique le communiqué publié par le bureau de presse de M. Najjar. Cependant, « les citoyens libanais, ainsi que les étrangers résidant au Liban », ne sont pas concernés par cette décision. « La direction générale de l’Aviation civile est chargée de transmettre cette décision à l’ensemble des compagnies aériennes qui doivent arrêter leurs vols en provenance des pays précités à destination de l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, à l’exception de ceux qui ne transportent que des citoyens libanais et/ou des résidents au Liban », poursuit ce texte, précisant que cette décision est « exceptionnelle » et « temporaire ».

Que faire dans le cas de passagers qui ont transité par d’autres aéroports ?

« Les manifestes des vols permettent de retracer l’itinéraire d’un passager, explique à L’OLJ Fady Hassan, directeur de l’AIB. Ceux-ci ne seront pas admis au Liban même s’ils sont passés par un autre pays. » M. Hassan estime que « les mesures prises à l’AIB sont les mêmes que celles prises dans tous les autres aéroports, vu qu’elles sont conformes aux directives de l’Organisation mondiale de la santé ».

Alors que des critiques ont été formulées contre l’action du ministère de la Santé à l’aéroport, M. Hassan assure qu’il est « normal que les vidéos qui circulent montrent des bureaux vides, puisque l’équipe du ministère est occupée à inspecter les passagers venant de destinations précises. De même qu’il n’est pas demandé à tous les voyageurs de remplir le formulaire concernant l’épidémie du coronavirus ». En ce qui concerne les mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus, Abdel Rahman Bizri déplore de son côté qu’« à part le ministère de la Santé, des administrations concernées par le problème traînent des pieds ». « Pour une lutte réussie contre la maladie, il faut une décision politique, martèle l’expert. Je ne constate pas encore de réactivité suffisante de la part de l’ensemble des administrations concernées. » Il affirme que les professionnels de santé auraient notamment préféré que les directives de quarantaine soient davantage respectées et contrôlées.

Outre les voyageurs qui arrivent au Liban via l’aéroport, des dizaines de Libanais venus d’Iran sont rentrés vendredi matin via la Syrie et le poste-frontière de Masnaa (Békaa), où ces personnes ont subi des examens de contrôle effectués par les services du ministère de la Santé. « Tout Libanais résidant dans n’importe quel pays du monde a le droit de revenir dans son pays », a déclaré le ministre de la Santé, Hamad Hassan, lors d’une conférence de presse avec son collègue du Tourisme, Ramzi Moucharrafiyé, consacrée – ironie du sort – au développement du tourisme médical au Liban. Il a assuré que les mesures de précaution sont en cours de renforcement, notamment aux points de passage frontaliers.



(Lire aussi : "Ne cédons ni à la panique ni à la légèreté" : les ministres mobilisés contre le coronavirus)


Fermeture des écoles et universités

Le sujet du coronavirus était, sans surprise, à l’ordre du jour du Conseil des ministres, hier. Alors que la ministre de l’Information Manal Abdel Samad avait précisé dans un premier temps qu’une décision concernant une éventuelle fermeture des écoles serait prise dans les 48 heures, le ministre de l’Éducation Tarek Majzoub a publié, hier soir, une décision demandant aux établissements scolaires –

écoles, universités et garderies – de fermer leurs portes jusqu’au 8 mars. Le ministre a précisé « avoir pris cette décision suite à une discussion avec le ministre de la Santé », la qualifiant de « mesure préventive ». Après la date du 8 mars, une nouvelle décision sera prise à la lumière des développements, a-t-il poursuivi.

En journée, des parents d’élèves, soutenus par des activistes du mouvement de contestation venus de la localité voisine de Kfar Remmane, s’étaient rassemblés devant le siège du service pédagogique de Nabatiyé, au Liban-Sud, pour réclamer la fermeture des écoles pendant 15 jours au moins dans la région, « car la santé est en danger », pouvait-on lire dans un communiqué rédigé par les manifestants et remis à la présidente du rectorat de Nabatiyé, Nach’at Hanhab. Les manifestants se sont notamment plaints du fait que selon eux, les écoles ne prennent pas les mesures de précaution nécessaires contre le virus.



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Un quatrième cas de coronavirus a été déclaré hier au Liban, quelques heures avant l’annonce d’une fermeture des établissements scolaires jusqu’au 8 mars. La personne contaminée est un Syrien qui a été confiné dans une chambre à l’isolement, selon le rapport quotidien de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri. Les deux premiers cas étaient des Libanaises rentrées...

commentaires (3)

Tout nous vient malheureusement de l’étranger maladies et autres sans oublier qui sait certains cas qui se cachent ou non déclarés. Bravo de tout fermer .

Antoine Sabbagha

08 h 22, le 29 février 2020

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Commentaires (3)

  • Tout nous vient malheureusement de l’étranger maladies et autres sans oublier qui sait certains cas qui se cachent ou non déclarés. Bravo de tout fermer .

    Antoine Sabbagha

    08 h 22, le 29 février 2020

  • Quand en rentre d'une région contaminés, on s'isole L'égoïsme vous mène jusqu'a contaminer votre propre famille ? Sans bien sure mentionner aussi le pays tt entier Peut-on avoir le nom de ces champions qui se croyait tout permis et se vantait d'aller a l'école pour mieux propager les sois disant rumeurs américaines ?

    Aboumatta

    03 h 40, le 29 février 2020

  • PAS SUFFISANT. AVEC LES VOYAGEURS D,IRAN ET D,ITALIE LACHES PARMI LEURS PARENTS ET LA POPULACE LE MAL EST FAIT. FERMEZ ECOLES, UNIVERSITES ET LIEUX OU LES GENS SE REUNISSENT TELS THEATRES, CINEMAS, ETC... POUR DEUX MOIS ET IMPOSEZ LE MASQUE DANS DES CAS PLUS STRICTS COMME LES HOPITAUX, LES SUPER-MARCHES ETC...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    00 h 35, le 29 février 2020