Le président de la République, Michel Aoun (g), s'entretenant avec le Premier ministre, Hassane Diab, le 21 janvier 2020 au palais de Baabda. Photo Nabil Ismail
"Cabinet de la dernière chance", "gouvernement de gestion du chaos", ou encore "le gouvernement de l'aventure" : la presse libanaise de tout bord ne se montre pas tendre avec le nouveau cabinet formé la veille par le Premier ministre Hassane Diab, après des semaines de tractations politiques sur fond de révolte populaire inédite déclenchée le 17 octobre dernier.
Le gouvernement de Hassane Diab, dont la formation officielle a été annoncée mardi peu avant 22h, succède au cabinet Hariri, qui a démissionné le 29 octobre sous la pression de la rue qui se révolte depuis le 17 octobre. Cette même rue a d'ores et déjà rejeté le gouvernement de M. Diab dès mardi soir.
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"Gestion du chaos"
Dans sa Une, le quotidien An-Nahar, dont la ligne éditoriale s'oppose au camp du Hezbollah et de ses alliés, s'interroge sur le fait de savoir si le gouvernement Diab "sera celui de la gestion du chaos".
"Enfin, et après 97 jours de révolte populaire, un gouvernement a été formé. Un gouvernement que se sont partagés les partis et qui n'inclut pas la révolte et ceux qui la représentent", estime le journal. An-Nahar estime également que ce gouvernement "est né des contradictions de ses composantes, toutes issues du même camp", celui du chef de l'Etat, Michel Aoun, du Hezbollah, et de leurs alliés.
"Cabinet de la dernière chance"
Le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah, a pour sa part estimé que le gouvernement Diab est "le cabinet de la dernière chance".
"Malgré tous les qualificatifs qui peuvent être attribués à ce gouvernement, (...) il restera le cabinet de la dernière chance. Une dernière chance pour qu'il présente, à l'instar de la classe politique qui l'a formé, un exemple de bonne gouvernance", estime le journal. "Il est vrai que les ministres ont été nommés par les forces politiques, mais ils n'ont d'autre choix que de travailler loin des tiraillements politiques qui ont paralysé tous les gouvernements précédents et qui avaient lieu, la plupart du temps, au sein du même camp", ajoute Al-Akhbar. "Le plus important, c'est que ce gouvernement ne peut plus prétexter d'un quelconque blocage, comme l'avait fait le cabinet de Saad Hariri, car le Premier ministre (Hassane Diab) a joué le rôle principal au niveau du choix des ministres (...)", conclut le quotidien.
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"Entre Damas et Téhéran"
Pour le quotidien Nida' el-Watan, critique du Hezbollah et de ses alliés, la "naissance par césarienne du gouvernement de Hassane Diab a posé la question de la cohabitation entre la Syrie et l'Iran, et la coordination des intérêts entre eux, ainsi que la délimitation des zones d'influence au Liban et dans la région".
Dans son article intitulé "Conflit au sein d'une même maison... entre Damas et Téhéran", le journal estime que"personne ne peut dire que la Syrie et l'Iran font face à un grand désaccord ou sont désormais rivaux. Le réalisme impose à tout le monde de croire qu'il n'y a pas de différence entre la politique de Damas et celle de Téhéran, pour le moment", ajoute le journal.
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"Le gouvernement de l'aventure"
Le quotidien Al-Liwa' qualifie pour sa part le cabinet Diab de "gouvernement de l'aventure".
"Le gouvernement Diab est formé, et il peut être qualifié de gouvernement de l'aventure. Si le Premier ministre s'active dans le cadre d'un plan de sauvetage du Liban de sa pire crise économique depuis des décennies, son gouvernement est ainsi le gouvernement de l'aventure du sauvetage, avec de nombreux défis et dangers (...)", estime le journal.
"Un gouvernement monochrome"
Pour Al-Joumhouria, réputé proche de la coalition du 14-Mars, le gouvernement de Hassane Diab est "monochrome, formé d'experts, et qui doit faire face à de grands défis". Le journal estime que le nouveau cabinet doit faire face à "trois défis"."Le premier consiste à absorber la colère de la rue, qu'il s'agisse des partisans des formations politiques qui se sentent lésées, ou de la population révoltée, sachant q'une partie de cette population va accorder une chance à ce gouvernement (...). Le deuxième défi consiste à faire de la crise économique et financière son unique priorité. Le troisième est de renforcer les relations avec les donateurs arabes ou issus de la communauté internationale et de gagner leur confiance".
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Donc, si je comprend bien, Diab a joué le rôle principal au niveau du choix des ministres a partir d'une liste préalablement imposée par les partis politiques conspués par le peuple en revolte. Pire aberration tu meurs.
14 h 12, le 22 janvier 2020