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Après de longues semaines de tractations, le gouvernement Diab voit le jour

Liban

Le nouveau gouvernement tiendra demain mercredi au palais de Baabda sa première réunion qui sera consacrée à la formation de la commission chargée de rédiger la déclaration ministérielle, sur laquelle un accord avait déjà été trouvé.

OLJ
21/01/2020

Le Premier ministre libanais, Hassane Diab, désigné le 19 décembre par le président de la République Michel Aoun, a annoncé mardi soir la formation de son gouvernement, après des semaines de longues tractations politiques. Un gouvernement de 20 ministres qui comprend des représentants de partis du camp du 8 Mars.

C'est le secrétaire général de la présidence du Conseil Mahmoud Makkiyé qui a donné lecture du décret de la formation du gouvernement signé par le chef de l’État peu après l'arrivée de M. Diab au palais de Baabda où il s'est entretenu avec le président Michel Aoun et le chef du Législatif Nabih Berry. Le nouveau gouvernement tiendra demain mercredi sa première réunion, au palais de Baabda, sous la présidence du chef de l’État. Cette réunion sera consacrée à la formation de la commission chargée de rédiger la déclaration ministérielle, sur laquelle un accord avait été trouvé avant la naissance du gouvernement.


(La composition du gouvernement Diab)


20 ministres dont six femmes
Le 11 janvier, Hassane Diab avait insisté à ce que son gouvernement soit "réduit et composé de 18 ministres (contre 30 actuellement) technocrates et non-partisans", comme le réclame la rue. Mais se heurtant aux desiderata de ses parrains, il a finalement été contraint d'élargir à 20 le nombre des ministres pour résoudre les derniers nœuds, dont la représentation des druzes et des grecs-catholiques, auxquels un deuxième portefeuille a été attribué, ainsi que celle des Marada de Sleimane Frangié, qui a obtenu, lui aussi, un deuxième portefeuille, et l'assurance que le Courant patriotique libre de Gebran Bassil ne détiendra pas de tiers de blocage.  Le troisième gouvernement du mandat du chef de l’État, élu le 31 octobre 2016, comprend ainsi 20 ministres dont quatre femmes, répartis à part égale entre chrétiens et musulmans. Il ne comprend toutefois aucun ministre d’État et aucun camp n'a le tiers de blocage. Plusieurs formations politiques, notamment les partis de la coalition du 14 Mars - le courant du Futur, les Forces libanaises, le Parti socialiste progressiste et les Kataëb - mais aussi le Parti social nationaliste syrien PSNS, du camp du 8 Mars, ont refusé de participer à ce gouvernement.



Diab tend de nouveau la main à la contestation

Prenant la parole à partir de Baabda, Hassane Diab a promis que son gouvernement ferait tout son possible pour répondre aux revendications du mouvement de contestation. "Je salue le soulèvement qui nous a poussés sur cette voie. Le Liban a gagné. C'est un gouvernement qui exprime les aspirations des manifestants dans tout le pays, mobilisés depuis plus de trois mois, qui travaillera à répondre à leurs revendications: indépendance de la justice, recouvrement des fonds détournés, lutte contre l'enrichissement illégal et mise en place d'une nouvelle loi pour des élections législatives", a-t-il déclaré peu après l'annonce de la formation de son cabinet.
"Beaucoup de choses ont été dites sur les circonstances de ma désignation et j'ai choisi le silence parce que je veux travailler et non débattre. Me fondant sur la Constitution et sur des critères précis, j'ai mis en place une équipe de travail", a-t-il ajouté. "Ce gouvernement est un gouvernement d'experts, non-partisans, qui ne se laissent pas influencer par la politique et ses disputes. Un gouvernement de jeunes, à la recherche d'un avenir prometteur pour leur pays. Un gouvernement avec des femmes qui participent à l'Exécutif en paroles et en actes. Un gouvernement où une femme est vice-présidente du Conseil, pour la première fois dans l'histoire du Liban", a assuré le nouveau Premier ministre.

Ce gouvernement succède au cabinet du Premier ministre sortant, Saad Hariri, qui a démissionné sous la pression inédite de la rue qui se révolte depuis le 17 octobre. Une rue qui rejette d'ores et déjà le cabinet de M. Diab. Depuis presque trois mois, les manifestants appellent en effet à la chute de tous les responsables politiques, accusés de corruption et d'incompétence, alors que le pays traverse une grave crise économique et de liquidités. Malgré le fait qu'il insistait à former un cabinet de technocrates indépendants, comme cela est réclamé par la contestation, M. Diab, qui avait occupé le poste de ministre de l’Éducation (2011-2014), reste rejeté par les protestataires, qui estiment qu'il fait partie de la même classe politique corrompue dont ils réclament le départ.


De nombreux défis
Pour la nouvelle équipe, les défis abondent, surtout sur le plan économique. Dans un pays croulant sous la dette publique, il faudra des réformes structurelles, attendues notamment pour débloquer des milliards d'aides et de dons promis par la communauté internationale. Il faut aussi enrayer une dépréciation de la livre libanaise, qui a perdu plus d'un tiers de sa valeur face au dollar dans les bureaux de change. Et gérer le manque de confiance du public vis-à-vis du système bancaire, qui a adopté des restrictions draconiennes sur les retraits.

La formation d'un gouvernement ne signifie pas non plus la fin de l'impasse politique : des mastodontes comme le courant du Futur de M. Hariri ont annoncé qu'ils refusaient de faire partie de la nouvelle équipe. Cela fait craindre une hégémonie du Hezbollah et de ses alliés. Avec, pour conséquence, un possible manque de soutien à l'international, crucial pour le pays, l'organisation chiite ou sa branche armée étant classée comme "terroriste" par certains puissances occidentales.

"La tâche qui attend tout cabinet durant cette grave période est herculéenne", confirme à l'AFP Karim Mufti, chercheur en Sciences politiques. "Au vu de la nature multidimensionnelle de la crise, il semble difficile d'envisager des solutions à court terme aux problèmes financiers, économiques et sociaux du pays", dit-il.


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Le cabinet Diab rejeté par la rue avant même l'annonce de sa formation


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VIRAGE CONTRÔLÉ

Souhaitons bonne chance à ce gouvernement composé d'un tiers de femmes.

Saluons le nouveau 1erM qui montre quil a envie de bosser pour le Liban, une chose est sûre il ne désertera pas son bureau dans des voyages intempestifs à travers le monde.

Pour ceux à qui ce gvnmt ne plaît pas, la critique n'est pas interdite, mais les murs autour d'eux peuvent leur servir de réceptacle à des coups de tête .

Wlek Sanferlou

"Hassane Diab a promis que son gouvernement ferait tout son possible pour répondre aux revendications du mouvement de contestation"... Si sa promesse est comme celle donnée à sa nomination promettant des technocrates Independants...on sait bien ce qu'on fera d'elle

Sissi zayyat

PLUS QU'UNE CHOSE A FAIRE. UNE DÉSOBÉISSANCE CIVILE JUSQU'À CE QUE CES ABRUTIS DE M... RÉPONDENT AUX EXIGENCES DU PEUPLE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES SERVITEURS DE LEURS MAITRES CORROMPUS.

Citoyen libanais

C’est le début d’un combat à mort entre la révolution et ce gouvernement illégitime.

Gebran Eid

ILS ONT ACCOUCHÉ UN MONSTRE......WAIT AND SEE L'IMPORTANCE DES DÉGATS QU'IL VA PROVOQUER CE GOUVERNEMENT.

Kayrouz Monique

Mabrouk à ce pays meurtri.
Et s'il vous plaît pas de précisions de leur confession... Œuvrons pour un Liban moderne et non confessionel.

Zeidan

Un gouvernement de voyous ...

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