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Liban

Jour XXIX : l'armée rouvre les principaux axes routiers bloqués par les manifestants

Un regain de tension a été toutefois signalé en fin d'après-midi dans des régions à majorité sunnite de la Békaa mais aussi à Naamé, au sud de Beyrouth.

Des militaires rouvrant la route à Jal el-Dib, dans le Metn, le 14 novembre 2019 Photo Hassan Assal

Au lendemain d'une journée extrêmement tendue, et alors que le Liban marque son 29e jour d'une révolte populaire inédite contre la classe politique qui a déjà fait deux morts, dont Ala' Abou Fakhr, tué mardi soir par balles, l'armée a rouvert la majorité des axes routiers bloqués depuis mardi soir par de nombreux manifestants qui refusaient de lever leurs sit-in. Parallèlement, à Choueifate, la ville natale de Ala' Abou Fakhr, faisait ses derniers adieux au "martyr de la révolution", dans une ambiance de tristesse et de colère. Les proches de la victime avaient dès hier appelé les manifestants à rouvrir les routes afin de permettre une large participation aux obsèques populaires de ce cadre du Parti socialiste progressiste.

Un regain de tension a été toutefois signalé en fin d'après-midi dans des localités à majorité sunnite de la Békaa. Des manifestants ont ainsi caillassé l'armée lorsque celle-ci a tenté de rouvrir la route de Taalbaya-Saadnayel. Et la route menant vers la vallée de la Békaa a été bloquée au niveau de Qab Elias par un barrage de pneus enflammés et des blocs de ciment. Au sud de Beyrouth, l'autoroute de Naamé au également été coupé dans les deux sens.

A Beyrouth, la route menant d'Achrafieh vers la voie-express du Ring a été de nouveau coupée en soirée. Et sur le croisement dit de Chevrolet, lieu fort de la contestation en banlieue de la capitale, les manifestants ont de nouveau brièvement bloqué en soirée les accès à cet axe vital. L'armée n'a toutefois pas tardé à rouvrir la route.



(Lire aussi : À Zouk, on voit se profiler une nouvelle phase de la révolution)




Dans la journée, la troupe s'était déployée sur les différents axes routiers à travers le pays afin de rouvrir les routes fermées par les manifestants.

L'autoroute de Baabda, qui mène vers le palais présidentiel et qui était hier le théâtre d'un grand rassemblement de manifestants en colère contre le chef de l'Etat, a été rouverte dans les deux sens à la circulation en matinée, l'armée maintenant toutefois une forte présence sur les lieux.

A Jal el-Dib, dans le Metn, l'armée a utilisé des pelleteuses et des grues pour évacuer tous les obstacles obstruant le passage, au lendemain d'une journée tendue durant laquelle un homme a ouvert le feu contre les manifestants, faisant quatre blessés. Selon des témoins cités par la LBC, trois personnes ont été arrêtées lors de l'opération de la troupe. Une de ces personnes a été relâchée peu après par l'armée, selon l'Ani. Mais en soirée, des échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et des militaires lorsque ces derniers ont tenté d'empêcher les protestataires de bloquer de nouveau la route. Selon les médias locaux, ces échauffourées ont fait un blessé.


(Lire aussi : Après les incidents de mercredi, volonté d'apaisement au niveau de la rue chrétienne)



Plus au Nord, à Nahr el-Kalb, dans le Kesrouan, l'autoroute qui avait été bloquée par les manifestants qui avaient brièvement commencé à ériger un mur en béton à l'intérieur du tunnel sur la voie publique, avant de le démonter, a été rouverte. Plusieurs jeunes ont ainsi évacué les gravats bloquant la route en vue de la réouverture de cet axe dans les deux sens, sous la supervision des militaires. D'autres personnes nettoyaient les parois du tunnel où des graffitis et des affiches avaient été apposés. Des embouteillages monstres avaient été signalés dans ce secteur, en matinée.


Photo ANI


A Zouk, Ghazir et Jbeil, dans le Kesrouan, l'armée a rouvert l'autoroute à l'aide de pelleteuses et démonté les tentes installées par les protestataires.

Photo ANI


L'autoroute de Khaldé, située au sud de Beyrouth, a elle aussi été rouverte à la circulation. Mais le carrefour où est décédé le "martyr de la révolution" Ala' Abou Fakhr a été bloqué par les manifestants, qui y ont installé de nouvelles tentes.

La route de Choueifate était également bloquée à l'aide de pneus brûlés, de bennes à ordures et de gravats.

Au Liban-Nord, plusieurs routes à Tripoli, "l’icône de la révolution", ont elles aussi été rouvertes par l'armée, sans incidents. De même pour les routes de Dahr el-Aïn et Kfar Hazir dans le Koura, ainsi que l'autoroute Batroun-Chekka. L'autoroute qui relie la Békaa au Liban-Sud a également été rouverte à la circulation.



(Lire aussi : « Ma génération a revu, aujourd’hui à Jal el-Dib, des images de la guerre »)



Mais la route qui relie Bécharré à la Békaa était bloquée. Les écoles, instituts techniques et banques de la région étaient également fermés. Des manifestants ont passé leur nuit dans leurs véhicules, malgré les basses températures nocturnes.

Dans le Sud, le rond-point Elia, haut lieu de la contestation à Saïda, était également bloqué par les manifestants, les banques et les écoles de la ville étant elles aussi fermées. Une manifestation regroupant des protestataires de la ville mais également d'autres venus de Tyr s'est dirigée le matin depuis la place Elia, surnommée place de la révolution du 17 octobre, vers le palais de justice. Ils ont organisé un sit-in devant le bâtiment, aux côtés des proches de la vingtaine de militants de Tyr arrêtés et accusés d'avoir provoqué l'incendie du Rest House, dont le procès a commencé aujourd'hui avant d'être reporté au 19 novembre. A treize heures, des obsèques symboliques ont eu lieu sur la place pour Ala' Abou Fakher.

Parallèlement, des étudiants de Marjeyoun, au Liban-Sud, ont organisé une marche pacifique dans les rues de la ville, en soutien aux manifestants à travers le pays. A Zahlé, dans la Békaa, des étudiants ont bloqué les accès à plusieurs administrations publiques, notamment le centre d'enregistrement des véhicules, les bureaux de la société Ogero, ainsi que le sérail gouvernemental. Mais l'armée a rouvert les routes bloquées dans la région.

En outre, les employés des sociétés de téléphonie mobile Touch et Alfa poursuivaient leur grève ouverte pour s'opposer à une possible réduction de leurs salaires. Ils se sont rassemblés devant les sièges des compagnies à Beyrouth.

Alors que le mouvement de contestation inédit lancé le 17 octobre réclame le départ de l'ensemble de la classe politique, jugée corrompue et inapte, le président de la République, Michel Aoun, a déclaré mardi que ceux qui estiment qu'aucun des dirigeants politiques n'est décent, doivent "émigrer". Ses propos avaient mis le feu aux poudres dans la rue, avant même la fin de son entretien télévisé.


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Au lendemain d'une journée extrêmement tendue, et alors que le Liban marque son 29e jour d'une révolte populaire inédite contre la classe politique qui a déjà fait deux morts, dont Ala' Abou Fakhr, tué mardi soir par balles, l'armée a rouvert la majorité des axes routiers bloqués depuis mardi soir par de nombreux manifestants qui refusaient de lever leurs sit-in....

commentaires (3)

Désormais il faudra agir avec diplomatie et nos responsables devraient peser leurs mots avant de se prononcer en direct avec le peuple .

Antoine Sabbagha

16 h 09, le 14 novembre 2019

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Commentaires (3)

  • Désormais il faudra agir avec diplomatie et nos responsables devraient peser leurs mots avant de se prononcer en direct avec le peuple .

    Antoine Sabbagha

    16 h 09, le 14 novembre 2019

  • A chaque fois que des loosers entrevoyaient une fin pour la révolte en ouvrant les routes. Ils criaient victoire en pensant qu’ils sont essoufflés et finis. Nous sommes des LIBANAIS ne l’oubliez pas. Ce n’est qu’un échauffement. Nous avons connu la dictature des pires assassins. Assad père et fils et nous sommes toujours debout. Alors ON DIT QUOI. Le Liban est notre force et les libanais unis sont indestructibles et c’est tout vu. Même si HB songe aux pires scénarios avec ses chefs iraniens. Nous sommes des Libanais, réclamons nos droits et nous ne craignons rien ni personne. Faites circuler le message aux intéressés.

    Sissi zayyat

    15 h 43, le 14 novembre 2019

  • En attente du jour XXX. LOL. La rêve-illusion est entrain de s'essouffler .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 06, le 14 novembre 2019