Repère

L’enquête parlementaire sur le siège de Touch se poursuit

La commission de l’Information et de la Communication a prévu d’auditionner les responsables de Touch, Alfa et Ogero.

Le ministre des Télécoms Mohammad Choucair (à g.) et le président de la commission de l’Information, Hussein Hajj Hassan. Photo tirée du compte Twitter du député Alain Aoun

La commission parlementaire de l’Information et de la Communication, présidée par le député Hussein Hajj Hassan (Hezbollah), a organisé hier une nouvelle réunion consacrée au secteur des Télécoms au Liban, et plus particulièrement à l’acquisition en août dernier du nouveau siège de Touch, l’un des deux opérateurs de téléphonie mobile du pays, avec Alfa.

Ce rendez-vous, auquel le ministre concerné, Mohammad Choucair, était présent, devait initialement se tenir le lundi 7 octobre. Il avait été néanmoins reporté après que M. Choucair, qui faisait partie de la délégation officielle menée par le Premier ministre Saad Hariri aux Émirats arabes unis, la semaine dernière, l’a décliné.

Importante source de revenus pour l’État, le secteur des télécoms est depuis plusieurs mois dans le viseur des commissions parlementaires qui pointent du doigt plusieurs aspects de sa gestion. En début d’année, la commission des Finances et du Budget, présidée par Ibrahim Kanaan, avait commencé par consacrer plusieurs réunions aux recrutements présumés abusifs au sein d’Ogero, l’organisme public. Une accusation dont se défend le directeur général de l’organisme qui gère les réseaux de téléphonie et d’internet fixe, Imad Kreidiyé. La commission de l’Information et de la Communication s’est de son côté attelée en mai à examiner les dépenses des deux opérateurs de téléphonie mobile qui sont gérés par des opérateurs privés : l’égyptien Orascom gère Alfa depuis 2009 et le koweïtien Zain administre Touch depuis 2004. Les contrats de ces deux sociétés sont prolongés par le gouvernement depuis fin 2015, avec l’annulation, par la direction des adjudications, de l’appel d’offres devant remettre ces marchés publics en jeu. Si le gouvernement Hariri III a un temps semblé vouloir remettre ces contrats en jeu, aucune information confirmant avec certitude le lancement d’une nouvelle adjudication n’a pour l’instant été diffusée par les autorités. Après la réunion d’hier, la commission a indiqué qu’elle allait désormais entendre les responsables de Touch, d’Alfa et d’Ogero pour poursuivre son enquête.


(Pour mémoire : La convocation de Choucair, Jarrah et Harb par le parquet financier dégénère en conflit politique)



Procureur financier

L’effervescence autour du dossier des télécoms, en général, et des opérateurs mobiles, en particulier, a atteint un premier pic en août avec la polémique provoquée par l’annonce par le ministère des Télécoms de l’acquisition du nouveau siège de Touch, un luxueux lot de bâtiments situés dans la zone du centre-ville de Beyrouth, que l’opérateur louait depuis 2017 et où il avait relocalisé ses bureaux, situés au départ dans un quartier plus excentré de la capitale.

Peu après la première annonce, M. Choucair avait indiqué que la transaction avait coûté 75 millions de dollars et permettait à l’État d’économiser les frais de location du même bâtiment entre autres arguments invoqués. Un avis que ne partage pas tous les membres de la commission de l’Information, à l’image de son président, qui critiquent aussi bien le fond de l’opération que sa forme.

Hier, le député Jamil Sayyed a estimé que le rachat du bâtiment avait coûté 105 millions de dollars. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source au ministère assure que cette dernière estimation était erronée et qu’elle incluait des investissements engagés par Touch dans un nouveau centre de données, entre autres arguments.


(Pour mémoire : Le président de la commission parlementaire des Télécoms accuse le ministre Choucair de corruption)



Le ministre des Télécoms, qui n’est en poste que depuis février s’est, lui, défendu une nouvelle fois jeudi dernier lors de l’émission télévisée Sar el-Wa’t sur la chaîne locale MTV en pointant lui-même les effets de l’influence du ministère sur la gestion d’Alfa et Touch ces dernières années. Il a notamment recommandé de privatiser les deux opérateurs et de réduire drastiquement leurs effectifs.

Il reste que de plus en plus de clients d’Alfa et Touch reprochent à ces derniers de facturer le prix des forfaits mobiles en dollars à un moment où le marché local à dû composer avec la baisse de la quantité de billet vert circulant sur le marché et d’avoir unilatéralement gonflé les prix des cartes prépayées ces dernières semaines. Le dossier des Télécoms est enfin entré au début du mois dans une nouvelle dimension avec la convocation par le procureur général financier, Ali Ibrahim, de M. Choucair mais également de trois de ses prédécesseurs, Jamal Jarrah, Boutros Harb et Nicolas Sehnaoui, dans le cadre d’une enquête ouverte suite à des accusations de corruption au sein de ce ministère. Pour l’heure, dénonçant une « politisation » de l’enquête, seuls MM. Choucair et Jarrah – tous deux liés au courant du Futur du Premier ministre – n’ont pas encore rencontré le procureur.


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