X

À La Une

Le temps n'est pas aux négociations mais à la résistance, avertit Rohani

Dans la presse

Le président iranien estime que la situation de "guerre économique" dans laquelle se trouve l'Iran requiert un renforcement des pouvoirs, comme si le pays était véritablement en état de guerre.

OLJ
21/05/2019

Le président iranien, Hassan Rohani, a affirmé dans la nuit de lundi à mardi que l'heure n'était pas aux négociations avec les Etats-Unis, dans le contexte du regain de tensions entre Téhéran et Washington, mais que "la résistance est le seul choix" possible pour l'Iran.  "Je suis en faveur des négociations et de la diplomatie, mais dans les conditions actuelles, je ne les accepte pas", a lancé M. Rohani lors d'une réunion avec des oulémas et figures religieuses, selon des propos rapportés par l'agence de presse iranienne IRNA. "La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui ne convient pas à des négociations et notre seul choix est la résistance", a-t-il affirmé.

Le chef de l’État iranien a indiqué que lors de sa dernière visite aux Nations unies, il a été contacté par "cinq dirigeants étrangers connus afin de négocier avec le président américain et a reçu, à huit reprises, des demandes de négociation du département d'Etat". "Mais aujourd'hui, nous ne nous trouvons pas du tout à un moment propice pour mener des négociations. Il faut faire preuve de résistance et de ténacité", a-t-il lancé.

Hassan Rohani a par ailleurs estimé que la situation de "guerre économique" dans laquelle se trouve l'Iran requiert un renforcement des pouvoirs, comme si le pays était véritablement en état de guerre. Il a rappelé dans ce contexte l'établissement, lors de la guerre avec l'Irak, d'un "Conseil suprême de la guerre" qui prenait ses décisions de manière autonome, sans être soumis aux autres branches du pouvoir. "Même l'Assemblée consultative islamique n'intervenait pas dans les prises de décision de ce Conseil". "Aujourd'hui, nous avons besoin de tels pouvoirs", a-t-il déclaré, sans toutefois entrer dans les détails des prérogatives d'une telle institution. 



(Lire aussi : Premiers battements des tambours de la guerre ?)



Sanctions "de l'ONU et du monde"
Les relations entre la République islamique et les Etats-Unis se sont nettement détériorées depuis que le président américain, Donald Trump, a décidé, en mai 2018, de dénoncer unilatéralement l'accord international sur le nucléaire iranien. En conséquence de ce retrait de Washington de l'accord, l'administration de M. Trump a réimposé des sanctions économiques contre l'Iran. Engagé dans une politique de "pression maximale" vis-à-vis de Téhéran, le président américain entend amener l'Iran à négocier un accord "meilleur" que celui de Vienne.

Les relations entre Washington et Téhéran connaissent un nouvel accès de fièvre depuis une dizaine de jours, après l'annonce d'un renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées "menaces" iraniennes. Elles ont réveillé les craintes d'un affrontement entre l'Iran et les Etats-Unis ou certains des alliés régionaux de Washington comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis. Les invectives ont pris une tournure plus violente au cours du week-end. "Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Plus jamais de menaces à l'encontre des Etats-Unis", a affirmé dimanche le président américain.

Le président iranien a indiqué lundi soir qu'"heureusement, les gens savent que l'Iran n'est pas à l'origine des tensions". "L'ennemi a toujours cherché à ce que ce soit l'Iran qui initie le conflit, mais ça n'a jamais été le cas", a-t-il ajouté. Hassan Rohani a encore estimé que si Téhéran se retirait de l'accord nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 avec les Etats-Unis, l'Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie, "les Nations unies et le monde imposeraient des sanctions" à l'Iran, pas juste Washington. 

Après s'être dit ouvert à des discussions avec Téhéran, Donald Trump a affirmé lundi que son administration n'avait pas cherché à engager un dialogue avec ce pays, ajoutant que Téhéran devrait faire le premier pas s'il souhaitait négocier avec Washington. Lundi, le chef de la diplomatie omanaise, Youssef ben Alawi, dont le pays a à plusieurs reprises servi de médiateur entre l'Iran et les Etats-Unis, a effectué une visite remarquée à Téhéran où il s'est entretenu avec son homologue, Mohammad Javad Zarif.



(Lire aussi : Entre Téhéran et Washington, les enjeux d’un conflit asymétrique)



L'Iran doit "changer de comportement"
Sur le terrain, le regain de tension a été marqué par des actes de sabotage de navires commerciaux au large des Emirats et par plusieurs attaques menées par les rebelles yéménites houthis, soutenus militairement par l'Iran, en Arabie saoudite, notamment à l'aide de drones. La coalition internationale menée par Riyad et luttant contre la rébellion houthie au Yémen a mené, en représailles, des bombardements sur Sanaa. Lundi, deux missiles balistiques tirés en direction de La Mecque en Arabie saoudite par les rebelles pro-iraniens au Yémen voisin ont été interceptés, selon les médias saoudiens.

Prenant le contre-pied des déclarations du président iranien, l'ancien ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a de son côté appelé, lors d'une conférence aux Emirats arabes unis, rapportée notamment dans le quotidien local The National, à ce que les "diplomates exercent leurs talents". "Les Etats-Unis doivent s'engager plus dans le monde au lieu d'intervenir militairement", a déclaré M. Mattis, affirmant que "les actions unilatérales ne permettront pas de faire avancer" la situation avec Téhéran. "Le rôle des militaires est de gagner du temps, le temps que les diplomates exercent leurs talents". Jim Mattis a par ailleurs accusé l'Iran d'être derrière les actes de sabotage des navires dans le Golfe et des attaques houthies conty l'Arabie, affirmant que la République islamique doit "changer de comportement".



Lire aussi
Le Liban à l’abri de l’escalade Iran-USA

John Bolton, le conseiller va-t-en-guerre d'un président qui n'aime pas la guerre

« La guerre est le pire scénario pour les pays du Golfe, comme pour l’Iran »

Iran/USA : ce n’est pas encore la guerrele commentaire d'Anthony Samrani

« La population iranienne dirige sa haine vers les mollahs »

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

HABIBI FRANCAIS

Envoyer un missile sur la mecque...et l Iran se dit republique islamiste?ils sont au meme niveau que DAESH qui semait un peu partout des corans pieges avec une chaussure par dessus afin de tuer de bons musulmans.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

REFUSER LA NEGOCIATION AUJOURD,HUI CE SERA L,ACCEPTER DEMAIN AVEC DES CONDITIONS MOINS PROPICES CAR ON SERA AFFAIBLI ENCORE PLUS ECONOMIQUEMENT ET TOUS NOUS SAVONS QUE L,ECONOMIE DECIDE DE LA POLITIQUE. RESISTER... A QUI ET CONTRE QUI... PAR PRETENDUE DIGNITE EST UNE AVENTUREUSE POLITIQUE QUI RISQUE D,ETRE TRES AMERE.

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants