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Moyen Orient et Monde

Deux missiles interceptés dans le ciel de Djeddah et Taëf : l’un d’eux visait La Mecque

Arabie saoudite

Les autorités sont restées silencieuses hier et ont choisi de ne pas confirmer les attaques, quelques jours seulement après les attentats contre les stations de pompage d’Aramco.

21/05/2019

Hier matin, l’Arabie saoudite s’est réveillée sous le choc. En plein mois de ramadan, et quelques jours seulement après l’attaque par des drones houthis de deux stations de pompage de pétrole appartenant à Aramco, voilà que l’armée saoudienne interceptait deux missiles lancés par les rebelles yéménites hier à l’aube. Le premier visait, selon sa trajectoire, la ville sainte de La Mecque et a été détruit au-dessus de la ville montagneuse de Taëf. Le second, quelques heures plus tard, aux premières lueurs de l’aube, visait vraisemblablement l’aéroport de Djeddah et a été neutralisé dans l’espace aérien de la ville.

Les informations officielles restaient toutefois absentes. Hier midi, aucune confirmation n’avait encore été donnée par l’agence officielle d’information SPA, ni par le ministère saoudien de la Défense. Aux alentours de 12h, les différents quotidiens saoudiens ont commencé à mettre à jour leurs sites web pour mentionner l’événement en citant pour toute source les réseaux sociaux. Idem pour la chaîne satellitaire saoudienne al-Arabiya, qui a précisé qu’aucun communiqué officiel n’est venu confirmer les tirs de missiles. Il n’en reste pas moins que Twitter a été littéralement pris d’assaut hier à l’aube, avec deux hashtags en langue arabe qui se démarquaient nettement. Le premier : « Les houthis attaquent la Kaaba » totalisait à 12h heure locale plus de 211 000 tweets, pendant que le second, « Le missile de Djeddah » s’approchait des 40 000 tweets, suivi de près par un troisième, « Merci les forces aériennes ».

Le mutisme officiel n’est pas surprenant. En Arabie, les informations sont distillées au compte-gouttes et étroitement surveillées par le régime en place. Lors des récentes attaques essuyées par les stations de pompage d’Aramco, aucun journal ne s’était en effet hasardé à publier la photo des pipelines en train de brûler. Il reste à savoir pourquoi aucune information n’a encore été diffusée par un organe officiel, à l’heure où Twitter explose littéralement sous les tweets et les vidéos (https://youtu.be/LV5-c7iAxfQ) de systèmes Patriot en train d’intercepter les missiles. Selon le site de surveillance aérienne Flight Radar 24, les avions auraient été forcés de détourner leur trajectoire à leur approche de l’aéroport de Djeddah, hier au petit matin. Ce qui serait de nature à confirmer l’alerte donnée par les forces armées saoudiennes pour intercepter les missiles.

Le monde est-il en train de sous-estimer la colère saoudienne et l’impatience américaine vis-à-vis de la posture iranienne dans la région ? Des informations non officielles et non confirmées ont d’ailleurs fait état d’une visite, il y a quelques jours, du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, en compagnie de l’ambassadeur américain à Riyad, John Abi Zeid, à bord d’un des porte-avions qui croisent au large du Golfe.

Existe-t-il déjà un accord entre les États-Unis et l’Arabie portant sur une éventuelle offensive élargie qui dépasserait donc le cadre entendu de la guerre d’usure que mène l’Arabie au Yémen dans l’espoir d’affaiblir Téhéran ? Le 18 mai dernier, des patrouilles de sécurité conjointes renforcées ont été lancées dans les eaux du Golfe. Ces patrouilles sont le fruit d’un accord entre le Conseil de coopération du Golfe et les États-Unis. Le lendemain, Mohammad ben Salmane s’entretenait au téléphone avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

De source informée non autorisée, l’heure est à la mise en place d’une stratégie offensive qui comprendrait plusieurs fronts. Il s’agirait d’attaquer partout où l’Iran entretient des milices à sa solde, et non plus uniquement au Yémen. Les États-Unis seraient en train de réfléchir à la faisabilité d’une telle attaque, mais une chose est sûre, ce sont les pays du Golfe qui se chargeraient de délier les cordons de la bourse pour financer l’opération. À en croire les propos du président américain Donald Trump dimanche dernier, les jeux ne sont pas encore faits. M. Trump a en effet affirmé qu’il ne « désire pas faire la guerre » à l’Iran mais que si celle-ci venait à avoir lieu, « l’Iran disparaîtrait ». Et, côté saoudien, le leitmotiv officiel reste pour le moment le suivant : « Nous ne voulons pas la guerre, mais s’il le faut, nous nous défendrons. » Les deux sommets de la Ligue arabe d’une part, et du Conseil de coopération du Golfe d’autre part, appelés tous deux à se tenir d’urgence le 30 mai prochain sous l’impulsion du roi Salmane d’Arabie, se devaient à cet égard fournir des éléments de réponse quant à la suite que le royaume entend donner aux provocations houthies, mais ils ont été décidés avant le lancement des missiles.

Hier soir, alors qu’aucun communiqué officiel n’avait encore été publié par les autorités, le roi se réunissait avec les princes des différentes régions du pays. En attendant, un jeu vidéo fait un tabac en Arabie : il simule l’invasion de l’Iran par l’Arabie et ses forces alliées. On y voit également le général iranien Kassem Soleimani se faire capturer par les Saoudiens.




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Chady

Désolé au monde pour les fautes d’orthographe, de conjugaison, de ponctuation et autres, ça doit être une horreur à lire... le fait est que je me sens obligé de réagir à ces articles qui sont de plus en plus agaçant alors que la plupart du temps je n’ai qu’une petite fenêtre de 5 minutes pour lire rapidement ce qui se passe dans ce bas monde

Chady

Certains ici viennent de se mettre d’accord avec l’entree en scene du Hezbollah en Syrie, a la difference près que le Hezbollah n’a jamais bombardé de civils directement, (on peut accuser les syriens, les russes, les americains, les turcs, mais certainement pas le Hezbollah) et que ce dernier a été invité par le gouvernement syrien, non pas par un président démissionnaire.
Et puis si l’arabie saoudite se sent encerclé parce que à côté il y a un peuple qui veut s’emanciper, libre à elle. Qu’on ne nous fasse pas de dramaturgie par contre, comme si elle était victime, c’est elle qui a les avions de chasses et le pétrole et les armes super sophistiquées et qui bombardent tous les jours, pas les houthis.
Ya que regarder ce titre a mourir de rire “l’un deux visait la Mecque”... puis en fait “ah ya pas dpreuve mais c’est ce qui se dit sur facebook”! Franchement ... heureusement que le ridicule ne tue pas ceux qui écrivent ce torchon, et ceux qui y croient naivement

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PRIERE LIRE MALGRE LES DENEGATIONS ETC... MERCI.

Antoine Sabbagha

Une guerre saoudo-iranienne est-elle proche ? Attendonsles jours qui vont venir pour voir la surprise du destin .

Bery tus

Les rebelles yéménites sont supporter militairement par l’Iran qui elle a provoquée la
Crise au Yémen pour affaiblir et encercler l Arabie .... donc intérêt et sécurité national l oblige d aller combatte au Yémen au lieu de le faire plus tard dans son propre pays .... n étais ce pas là même chose que certains ont fait en allant en Syrie ?!?!?

Chady

1) les houthis sont accompagnés des forces armées régulières partisanes de l’ancien president, ce qui fait qu’ils ont la main sur les casernes militaires du pays et les missiles de l'armée régulière qui comporte des missiles scuds, entre autres
2) cela ne veut pas dire que les houthis ne sont pas supportés militairement par les Iraniens, mais on ne peut les sous estimer comme ca et les traiter d’incapables
3) les saoudiens sont venus chercher la guerre accompagnés d'armées de différentes nationalités, il revient de droit aux yéménites de se défendre et de porter le conflit sur le terrain saoudien si nécessaire, la guerre ils ont voulu, la guerre ils ont
4) ça fait un moment qu’on fait face a une série d’allégations sans preuve, parfois directement de la part de l’olj, parfois en relayant d’autres sources qui elles non plus ne présente pas de preuve. Ce jeu de poker que certains prend plus au sérieux qu’ils ne le devraient pourrait nous mener à des conséquences dévastatrices, mais pour qui? Perdu en syrie, perdu en irak, à la ramasse au yemen, perdu depuis longtemps au Liban, certains tournent vite sur le passé et placent leurs espoirs une fois de plus sur un président americain, certe un peu plus déséquilibré que les autres celui la, mais enfin bref, après avoir miser la voiture, puis la maison, les gambleurs sont sur le point de miser leur femme et leurs enfants.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PERSONNE N,EST DUPE POUR CROIRE QUE CE SONT LES HOUTIS QUI ONT LA TECHNOLOGIE ET LES MOYENS DE TELLES ATTAQUES. TOUT POINTE A L,IRAN. L,IRAN DONC JOUE AU FEU DANS LA REGION QUITTE A SE BRULER ET A BRULER LES AUTRES AVEC LUI. MALGRE LES DENEDATIONS LA GUERRE DEVIENT TOUJOURS PLUS PROBABLE AU MOYEN ORIENT.

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