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Économie

Budget 2019 : Khalil affirme avoir revu les chiffres

Réformes

La Ligue des fonctionnaires appelle à une grève générale ce vendredi.

17/05/2019

Le Conseil des ministres va se réunir aujourd’hui vendredi pour la 14e fois d’affilée en un peu plus de deux semaines pour finaliser l’examen de l’avant-projet de budget pour 2019. Cette nouvelle séance programmée à 13h30 au Grand Sérail à Beyrouth doit notamment permettre au ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, de chiffrer l’impact des mesures adoptées jusqu’ici par les membres du gouvernement, afin que ces derniers puissent compléter le projet de loi de finances.

Hier, le ministre a indiqué sur son compte Twitter que « son équipe » avait finalisé le texte et était en train de procéder à « un dernier examen des chiffres », attendus depuis mardi. Le ministre a en outre déclaré à la LBCI que le document avait été « imprimé » et prévoyait une importante réduction du déficit public, sans donner plus de détails.

Pour autant, il n’est pas encore certain que les membres de l’exécutif parviennent à s’entendre sur une version finale du projet de budget lors de la séance d’aujourd’hui. Le fait que la réunion se passe au Grand Sérail et non au palais présidentiel de Baabda – où le projet de budget devrait en principe être définitivement entériné par l’exécutif – confirme d’ailleurs cette tendance.

Selon la correspondante politique de L’Orient-Le Jour, Hoda Chédid, le Conseil des ministres doit en outre poursuivre l’examen de la liste contenant une quarantaine de propositions soumises au courant de la semaine par le ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Gebran Bassil.


(Lire aussi : Budget 2019 : le gouvernement entretient le suspense)

Peu d’informations

Dans ce document, dont le contenu a été relayé mercredi, M. Bassil suggère notamment de fermer certaines institutions devenues obsolètes – citant le ministère des Déplacés ou encore celui de l’Information –, de retarder l’âge de la retraite des fonctionnaires, d’imposer des frais de résidence aux déplacés syriens ou encore d’augmenter le taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés – déjà relevé en 2017. Il est actuellement difficile de savoir lesquelles de ces propositions ont été déjà passées en revue, voire adoptées, vu la faible quantité d’informations qui ont été distillées par les membres du gouvernement à l’issue de chaque réunion. De manière plus générale, si le gouvernement a bien confirmé l’adoption de certaines dispositions-clés du budget – dont la hausse très contestée par le secteur privé du taux d’imposition sur les intérêts bancaires, qui passerait de 7 % à 10 % moins de deux ans après avoir été augmenté une première fois de deux points –,

il a en revanche été moins prolixe en évoquant le texte dans son ensemble.

Le Liban doit adopter un budget pour l’année 2019 qui commence à mettre en œuvre les engagements pris par ses dirigeants lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE), dont notamment celui de réduire le ratio déficit public/PIB d’un point de pourcentage par an pendant cinq ans. Mais cet objectif est difficile à atteindre sans réformes structurelles pour réussir à diminuer les dépenses publiques alors que le déficit de l’État a explosé en 2018, à environ 6,3 milliards de dollars selon les estimations qui circulent, soit plus de 11 % du PIB – contre 4,8 milliards de dollars annoncés dans le budget prévisionnel adopté en mars de la même année. Un contexte qui a poussé le Premier ministre, Saad Hariri, dès le 17 avril devant le Parlement, à évoquer « un budget d’austérité sans précédent dans l’histoire du pays ».


(Lire aussi : Budget 2019 : Bassil et Hasbani contraignent Khalil à revoir sa copie)


Embauches dans la fonction publique

Cette déclaration a surtout eu pour effet de mobiliser certains corps de fonctionnaires et des personnes se revendiquant de la société civile qui ont battu le pavé ces dernières semaines pour soit défendre leurs acquis, soit protester contre la voie suivie par le gouvernement. Alors que la mobilisation a perdu en intensité au milieu de la semaine, la Ligue des fonctionnaires libanais a appelé à une grève générale aujourd’hui dans toutes les administrations publiques.

Mais le dérapage du déficit en 2018 peut difficilement être dissocié du fait que plusieurs milliers de fonctionnaires ont été recrutés après l’entrée en vigueur de la nouvelle grille des salaires (loi n° 46) en août 2017, un texte qui a pourtant interdit toute nouvelle embauche pendant un certain nombre d’années. La commission parlementaire des Finances et du Budget a récemment annoncé qu’un rapport sur ces irrégularités, élaboré avec l’aide de l’Inspection centrale et du Conseil de la fonction publique, avait été finalisé. Son président, le député Ibrahim Kanaan, s’est réuni lundi avec celui de la Cour des comptes, le juge Ahmad Hamdan, afin d’aborder ce dossier.

L’autorisation accordée début mars par le Parlement pour permettre à l’État de se financer selon une interprétation extensible de la règle du douzième provisoire expire le 31 mai – le budget aurait dû en principe être adopté avant son année d’exécution. Le gouvernement devrait en principe conclure l’examen du projet de budget et le transmettre au Parlement afin qu’il soit voté – après avoir éventuellement été amendé – avant cette échéance.


(Lire aussi : Aoun appelle à mettre fin aux sit-in, aux grèves et aux manifestations)


Report de l’émission d’eurobonds

Enfin, si l’activité économique, morose depuis le début du conflit syrien en 2011, s’est notablement dégradée depuis 2017, la situation financière a été qualifiée à plusieurs reprises de « stable » par certains responsables, dont le ministre des Finances, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, ou plus récemment le président de la commission de contrôle des banques, Samir Hammoud, lors d’une réunion à Baabda avec le président Michel Aoun.

Selon Reuters citant une source anonyme, le ministère des Finances ne serait d’ailleurs « pas pressé » de lancer la nouvelle émission d’eurobonds (titres de dettes en devise) de 2,5 à 3 milliards de dollars prévue le 20 mai et pourrait attendre que le budget soit adopté pour le faire. La source souligne que le vote de la loi de finances devrait avoir un effet positif sur la confiance des investisseurs vis-à-vis de la capacité des dirigeants libanais à tenir leurs engagements, ce qui améliorerait alors les rendements des obligations émises par le pays. Contacté par L’Orient-Le Jour, le service de presse du ministère n’a pas réagi à cette information.


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Il s'agit peut être de 2,5 à 3 milliards? (pas de millions)

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